Judo

Judo – Grand Chelem de Kazan : clap de fin d’une saison à oublier

Inscrit au calendrier en lieu et place du Grand Slam de Paris, ce Grand Chelem de Kazan marque la fin d’une saison compliquée où les confinements successifs et les restrictions sanitaires ont bouleversé des métabolismes et un protocole d’ordinaire bien rôdés. Baptême du feu pour beaucoup, ultime prise de repères ou de points pour d’autres, ce tournoi en Russie aura peut-être manqué de saveur en l’absence de grosses têtes de série et de public. La France avait panaché sa sélection entre novices et vétérans, pour un résultat toujours très hétérogène entre féminines et masculins voire décevant pour ces derniers.

J1 : Receveaux au top niveau

Non retenue dans la sélection olympique, Hélène Receveaux (-57 kg) a démontré cette semaine qu’elle faisait figure de remplaçante haut de gamme en cas de besoin. Impériale toute la journée grâce à son fauchage favori, la Française, 15e mondiale, se présente en finale contre la Russe Mezhetskaia, 17e mondiale. Son jeu de jambe lui permet là encore de prendre l’avantage qu’elle conservera jusqu’au bout du chronomètre pour remporter son deuxième Grand Chelem. Dominant la catégorie, Receveaux peut croire sérieusement à une nouvelle médaille mondiale cet été après celle de 2017, à l’approche des championnats du monde dont on peut douter de l’intensité.

(Crédit : Emanuele Di Feliciantonio)

Autre athlète non retenue pour Tokyo, Astride Gneto (-52 kg) réalise également une belle prestation en Russie en terminant deuxième de sa catégorie derrière l’intouchable Japonaise Abe. À 25 ans, la Française aura très surement à cœur de réaliser sa meilleure olympiade pour aller chercher la place de n°1 d’Amandine Buchard et prendre son ticket pour Paris 2024.

Malgré les cinq autres tricolores en lice, ce sera tout pour les médailles de ce premier jour. Chez les filles encore, Shirine Boukli (-48 kg) est contrainte d’abandonner son dernier combat pour le bronze suite à une blessure en demi-finale. Elle qui est engagée pour les Jeux de cet été a en effet tout intérêt à préserver sa santé.

Mélanie Vieu (-48 kg), Faiza Mokdar (-52 kg), Gaëtanne Debert (-57 kg) ou encore Jolan Florimont et Romaric Bouda (-60 kg) reviennent tous de cette campagne en Russie sans récompense mais avec une certaine expérience. Ces judokas ont aussi pour point commun d’appartenir à la génération 2024 sur laquelle se fonde beaucoup d’espoir, comme le démontre le staff français en les sélectionnant déjà sur un compétition de renom, leur première pour certaines.

J2 : Djalo sous pression

Bien que différents, les objectifs de chacun des Français engagés sur cette deuxième journée étaient limpides.

Rania Drid (-63 kg), à l’instar de ses coéquipières de la veille, s’était vue offrir sa première sélection en Grand Chelem par le staff tricolore. C’est donc dans une optique de prise de repère et d’expérience que la jeune Monégasque se présentait sur le tapis et battait au premier tour la Camerounaise Dombeu. Au tour suivant, la confrontation avec l’Allemande Trajdos, 3e aux « Monde » 2019, tourna à l’avantage de cette dernière et mit en lumière le chemin qu’il restait à parcourir pour rivaliser avec l’élite mondiale.

Côté masculin, Benjamin Axus (-73 kg) devait avoir à cœur de montrer qu’il était un candidat crédible au leadership de la catégorie pour la prochaine olympiade. Mais outre la médaille qui lui échappe encore (la dernière remonte à Février 2019), c’est sur blessure qu’il quitte la compétition dès le premier combat face au Mexicain Cardoso. Reste à savoir combien de temps celle-ci va l’immobiliser, en espérant qu’il puisse remettre le judogi dès la reprise officielle en septembre.

Restaient donc les deux combattants du groupe olympique, Guillaume Chaine (-73 kg) et Alpha Djallo (-81 kg), venus en Russie pour chercher des points précieux à la « ranking » et maximiser les chances de qualification sans avoir recours au quota continental. Mais tout ne se passa pas pour le mieux, et la compétition s’arrêta pour chacun avant le stade des quarts de finale. À ce jour, c’est Guillaume Chaine qui serait repêché pour être de la partie à Tokyo, obligeant Djalo à rester à Paris.

Il ne reste donc à ce dernier que l’hypothèse d’une médaille aux championnats du Monde début Juin pour espérer remonter dans le classement, une mission loin d’être facile mais pas impossible.

J3 : Dicko sur sa lancée

Extraordinaire, inarrêtable, injouable… nombreux pourraient être les qualificatifs pour Romane Dicko (+78 kg) ces derniers temps, nouvelle bête noire du circuit international. La jeune sociétaire du PSG Judo, 21 ans rappelons le, semble n’avoir peur de rien ni personne et rentre de ce Grand Chelem de Kazan avec sa sixième médaille d’or consécutive depuis Janvier 2020 et son retour de blessure. Championne d’Europe 2020, tombeuse de la championne panaméricaine 2021, il ne lui reste plus qu’à montrer sa supériorité sur le continent asiatique et quoi de mieux que les Jeux au Japon pour ce faire ?

Autre engagée dans la même catégorie, la jeune Laura Fuseau sera stoppée dès le premier tour par la Russe Vladimirova malgré un premier avantage en sa faveur. Même sort pour Alexis Mathieu (-90 kg), décidemment malchanceux au tirage au sort, qui s’incline devant l’Israélien Kochman, futur 5e.

Toujours chez les -90 kg, Axel Clerget faisait son retour à la compétition après sa grosse commotion subie en janvier. Un parcours correct pour le Français, qui arrive sans encombre jusqu’en quarts. Il s’inclinera alors face à l’Allemand Tripplel beaucoup plus en rythme, qui ne chutera pour sa part qu’en finale.

Dans son ultime combat pour le bronze, nouvelle blessure pour le Français, cette fois à l’abducteur, l’obligeant à combattre sur une jambe et fatalement déposer les armes devant son adversaire géorgien. À 34 ans, le Haut-Marnais sait où sont ses objectifs et fera tout pour aller chercher la médaille olympique, la seule manquante à son palmarès.

La France termine donc ce Grand Slam à la troisième place du classement des nations, derrière le Japon venu prendre quatre médailles – dont trois en or – avec autant d’engagés. La Russie finit loin devant, forte de ses quinze médailles pour quatre titres grâce à ses cinquante-cinq combattants (privilège du pays hôte).

Place maintenant aux championnats du Monde qui nous réserve probablement de nombreuses surprises, entre absence de favoris et peur de la blessure. Ensuite viendront les Jeux, la retraite pour certains et l’éclosion pour d’autres, avec déjà en ligne de mire Paris 2024.

Crédit image en Une : Sabau Gabriela

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