Présent au Critérium d’après Tour de France de Camors, Guillaume Martin est revenu sur ses performances cette saison. Après une victoire de prestige à l’Etna, le coureur de la Wanty – Gobert est passé proche de lever les bras pour la première fois en World Tour.
Ce n’est pas le coureur le plus connu sur les terres bretonnes. Pourtant, Guillaume Martin a donné ses premiers coups de pédale dans le Nord Ouest. D’abord en Normandie, à Saint-Hilaire-du-Harcouët, avant de passer deux saisons chez Sojasun espoir-ACNC, basée en Ille-et-Vilaine. Mais depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Seul coureur de la Wanty présent à Camors, le Parisien, qui a grandi en Normandie, est discret au milieu de la foule des coureurs, bien que des fans viennent quémander quelques photos. Depuis 2016, ce sont les Belges qui ont adopté le Français. Force montante, à seulement 26 ans, le grimpeur a sans doute franchi un cap cette saison, en termes de régularité et de performance.
Jusqu’à ce Tour de France achevé à la 12e place du général. « Je fais du vélo pour avoir le frisson de la victoire. Là je n'ai pas été en position pour. C'est quand même bien compensé par ce bon classement général. » Quelques regrets expliqués aussi par des « objectifs très ambitieux ». Présent dans de nombreuses échappées, Guillaume Martin a souvent été frustré par des adversaires de renom, ou un peloton qui n’avait pas décidé de laisser de champ : « quand ces leaders là se relèvent dix jours et sont beaucoup plus frais, ça devient très compliqué. A noter quand même, que dans les Pyrénées, je finis premier des échappés au Tourmalet, et 3e au Prat d'Albis, donc j'étais quand même dans le top de l'échappée. » Un bon Tour néanmoins au cumulé.
Bientôt une victoire World Tour ?
Les compteurs sont au vert pour le Parisien cette année. Après avoir dompté l’Etna sur le Tour de Sicile (vidéo ci-dessous), l’enchaînement en World Tour est une réussite. Une 8e place en Catalogne dans le paquet des favoris, des places d’honneur en Romandie… mais surtout une victoire au Dauphiné qui lui échappe pour une demi-roue, au profit de Dylan Teuns. Un sort défavorable aux Championnats de France également, où Guillaume Martin voit le groupe de costauds revenir dans sa roue dans les derniers mètres : « je sens que j’ai les capacités pour remporter une très, très belle victoire. C’était proche cette année. J’ai le niveau, il me manque la réussite pour concrétiser ». Et ce malgré ses six succès professionnels en carrière.
Une réussite qui l’a donc fui également sur les routes du Tour. La suite de sa saison s’annonce un peu plus calme au niveau World Tour. Mais dès l’année prochaine, on devrait retrouver le Parisien au plus haut niveau… avec un nouveau maillot ? Annoncé très proche de Cofidis, Guillaume Martin ne dément pas, mais préfère rester prudent : « le transfert devrait se finaliser assez vite, mais pour l’instant, je préfère ne pas trop en dire ». Avec l’ouverture du mercato depuis le 1er aout, le départ du coureur de la Wanty pour l’équipe de Cédric Vasseur pourrait vite figurer parmi les premiers coups de l’été. De quoi côtoyer le plus haut niveau si l’on en croit les ambitions de Cofidis d'accéder à l’élite en 2020.
Crédit photo : Roberto Bettini/BettiniPhoto2018.