Merci Ichiro !

Ce Jeudi 21 Mars restera gravé à jamais dans la mémoire de tous les japonais suivant le baseball. En effet, aujourd’hui, une page d’histoire se tourne. Considéré comme un dieu dans son pays natal, Mr Ichiro Suzuki a annoncé sa retraite à l’issue de la série entre ses Mariners et les Athletics, à domicile, au Japon. Retour en 6 dates clés sur la carrière sur ce monument de la MLB.

22 Octobre 1973 :

C’est en ce jour d’automne qu’Ichiro Suzuki vit le jour à Kasugai, ville japonaise de la région de Nagoya. Il grandit à Toyoyama, là encore en périphérie de Nagoya. Il rejoint sa première équipe de baseball à l’âge de 7 ans et commence à s’entraîner en parallèle avec son père, Nobuyuki Suzuki. Au lycée, il rejoint la Nagoya’s Aikodai Meiden High School, pour laquelle il joue d’abord lanceur, grâce à sa déjà excellente puissance de bras. Il sera par la suite repositionné en champ extérieur, position qu’il occupera durant la suite de sa carrière.

11 Juillet 1992 :

Drafté à sa sortie du lycée par les Orix BlueWave de Kobe, il joue en ce jour d’été son premier match en Pacific League, une des deux ligues de la NPB, la ligue japonaise de baseball. Il ne jouera que très peu durant les deux années suivantes, sa façon de frapper déplaisant à son manager (elle était très loin d’être conventionnel).

Deux après, l’équipe change de manager, et Ichiro explose au yeux de tous. En 9 saisons au Japon, il fait taire toutes les critiques sur sa façon de frapper et s’impose comme le meilleur joueur au Japon. Il empile par ailleurs les récompenses et record. 3x MVP de la Pacific League, 7x All Star, 7x Gant d’Or et 7x meilleure moyenne au bâton, le tout ponctué par un titre en 1996. En carrière, c’est .373 au bâton, .943 d’OPS et 1278 Hits. La suite, c’est de l’autre côté du Pacifique que ça se passe.

2 Avril 2001 :

Pour son premier match en MLB avec les Seattle Mariners (il avait passé deux semaines avec l’équipe en 1999 grâce à un programme d’échange USA-Japon), il affronte les Athletics d’Oakland. La suite est juste ahurissante. Pour sa première saison, il va presque tout rafler individuellement ; Rookie de l’année en American League (AL), mais aussi All Star, Gold Glove (meilleur défenseur) et Silver Slugger (meilleur joueur offensif), et, cerise sur le gâteau, MVP d’AL. Le tout, on le rappelle, pour sa première saison en MLB.

Il possède aussi la meilleure moyenne au bâton (.350 AVG) et le plus grand nombre de bases volées (56 SB), une performance jamais réalisée depuis un certain Jackie Robinson en 1949. Il conduira même son équipe à un total de 116 victoires, un record MLB à égalité avec les Chicago Cubs de 1906. La suite, c’est All Star et Gold Glove tous les ans sans interruption jusqu’à 2010.

23 Juillet 2012 :

La fin d’une époque. Alors que son niveau décline, Ichiro commence à se sentir coupable d’occuper une place dans l’effectif des Mariners qui pourrait être occupé par un jeune. Il ira lui même demander son transfert aux dirigeants de son équipe. Le 23 Juillet 2012, c’est officiel : Ichiro Suzuki est transféré, direction les New York Yankees, sa destination favorite, contre des lanceurs de ligues mineures.

Derrière lui, le nippon laisse une des plus belles pages de l’histoire des Mariners rien que par sa présence. On peut aujourd’hui le considérer comme l’un si ce n’est le (avec Ken Griffey Jr) meilleur joueur de leur histoire. Mr Ichiro Suzuki est une légende.

Seule ombre au tableau, il n’a jamais remporté les World Series. Il essayera d’aller chercher cette bague avec les Yankees, sans succès. Il ira bien en playoffs en 2012 pour la deuxième fois de sa carrière (première en 2001), mais n’ira pas plus loin que la finale de la ligue américaine. Au bout de deux saisons et demi, il file direction la Floride et les Marlins de Miami.

7 Août 2016 :

Celle là est très symbolique. Alors que son équipe affronte les Colorado Rockies, Ichiro va, au cours de la septième manche, frapper son 3000e Hit en carrière. Il rejoint ainsi un club très fermé, récompensant toute sa carrière. Parlons en, de sa carrière. Au Hits, il a été d’une régularité impressionnante. Entre 2001 et 2010, il n’a jamais frappé moins de 200 Hits, se classant au pire deuxième en American League dans cette catégorie statistique.

Si on ajoute ses Hits lors de son long passage au Japon, il dépasse même la barre des 4000 Hits en carrière, avec 4367, supérieur au record MLB de Pete Rose avec ses 4256 Hits. Par ailleurs, il a aussi accumulé plus de 500 bases volées en MLB, une moyenne au bâton de .311 et plus tard 5000 retraits.

https://twitter.com/MLB/status/1108923619185434624?s=19

21 Mars 2019 :

Le couronnement. Alors qu’il était revenu au Mariners en 2018, le front office de Seattle avait décidé de lui offrir un poste d’assistant spécial dans la franchise. Pourtant le nippon niait toute idée de retraite. Présent au Spring Training cette année, il est intégré au roster élargi de 28 joueurs pour aller jouer la série d’ouverture de la saison contre Oakland à Tokyo, dans son Japon natal.

Mais à l’issue du premier match, des rumeurs de retraite commence à circuler. Par la suite, les rumeurs s’intensifient : le numéro 51 prendrait sa retraite à l’issue du deuxième match de la série. Une sortie royale, chez lui, dans son pays, où il est littéralement considéré comme un Dieu.

Dans le bas de la 8e manche, il est rappelé sur le banc par son coach. C’est la célébration. Applaudissements du Tokyo Dome et de tout le Japon, qui peut célébrer son héros. Après le match c’est confirmé, Ichiro Suzuki tire sa révérence après 27 ans de baseball partagés entre le Japon et les États-Unis. Respect.

Il aura eu une sortie à l’image de sa carrière : grandiose. Finir là où tout avait commencé des années auparavant. La boucle est bouclée. Véritable icône au Japon, il sera, sans véritables hésitations, intronisé au Hall of Fame lorsqu’il sera éligible. Il serait le premier japonais à y entrer. Alors pour toutes ces années passées sur les terrains, que ce soit de la NPB ou de la MLB, une seule chose à dire : Merci Ichiro !

A propos de l'auteur

Victime du ''Minnesota Miracle'' et du ''No-Call''. Merci aux Knicks de réhausser le niveau (oups). Je considère Drew Brees comme un dieu, Alvin Kamara et Mitchell Robinson comme des prophètes et le Sport US comme ma religion.

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