Ils ont été Ballon d’Or : Lev Yashin #1

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Ligue 1

Voici votre nouveau format quotidien sur WeSportFR : chaque jour à 18h et ce, toute la semaine, sept anciens lauréats du Ballon d’Or vous seront présentés. A un peu plus d’un mois de la remise du précieux trophée, petit coup d’oeil sur certains gagnants de la récompense individuelle la plus convoitée. Pour ouvrir le bal, présentation de Lev Yashin, unique gardien à avoir remporté le Ballon d’Or.


Une enfance difficile

Il y a très exactement 89 ans jour pour jour, le petit Lev Ivanovitch Yashin voyait le jour à Moscou dans l’ex-URSS. Encore sous le régime de Staline, la famille Yashin ressemble à la famille soviétique type : ses parents sont ouvriers et pauvres obligeant Lev à travailler dès l’âge de 13 ans, dans l’usine où ses parents sont employés. Pour fuir le rude quotidien de l’époque, le petit Yashin se réfugie dans le football et joue … milieu de terrain. Très bon techniquement avec une vision du jeu supérieur à la moyenne, Lev s’amuse sur le terrain. Malheureusement la Seconde Guerre Mondiale éclate, Lev et sa famille sont obligés de travailler dans les usines d’armement tout en quittant Moscou. 1945, la guerre est terminée, les Yashin retournent à Moscou. Lev rejoint son équipe du quartier de Touchino, quitte l’usine et rejoint l’Armée Rouge. Il devient enfin gardien et son incroyable ascension peut débuter.

Gardien de hockey

Repéré par Arkady Chernyshev, entraîneur du Dynamo Moscou, grâce à ses prestations dans son régiment, Lev ne montre pas tout son potentiel et semble même assez faible. Sa première avec les professionnels sera même un désastre et Yashin ne remettra les pieds sur un terrain de football pro qu’en 1953. Pendant cette période, c’est avec la réserve du Dynamo ainsi qu’avec le club de hockey sur glace du Dinamo Moscou que Yashin prend son mal en patience et continue de progresser en tant que gardien. Alors qu’il fût sélectionné avec l’équipe nationale soviétique pour une compétition internationale de hockey, Lev choisit finalement de retourner sur le rectangle vert et prit enfin son destin en main.

Le gardien titulaire Alexei Komich parti au Spartak Minsk, Lev Yashin se voit donc propulser dans les cages de l’équipe première du Dynamo Moscou. Il gagnera le championnat d’URSS dès sa première saison dans les buts, en 1953, le premier de ses cinq titres de champion national. Convoqué en sélection l’année suivante, c’est bien sur la scène internationale que Yashin se fera remarquer. Il gagnera l’Or Olympique lors des JO de Melbourne en 1956 en encaissant seulement deux buts en cinq matchs et étant exceptionnel du début à la fin. Après une Coupe du Monde 1958 décevante, c’est bien à l’Euro 1960 en France que Yashin connaîtra son dernier sommet avec l’URSS. Il remportera le tournoi face à la Yougoslavie en finale avec notamment un arrêt mythique sur un coup-france de Kostic. Yashin est sur le toit de l’Europe mais ne parviendra pas à se hisser le toit du monde en 1962 avec une Coupe du Monde complètement ratée. Le quotidien l’Equipe le jugera même fini pour le haut niveau.

Lev Yashin et son Ballon d’Or / Crédit photo : miamir.ru

La légende de l’Araignée Noire

C’est l’année suivante que l’Araignée Noire, surnom qui lui fût donné car ce dernier jouait toujours en noir et possédait une agilité hors norme pour un gardien de sa taille (1m89), gagnera le Ballon d’Or. Il reste le seul gardien à ce jour à avoir gagné cette récompense. Cette victoire individuelle lui fera jouir du nouvelle image dans le monde. Yashin sera invité à des événements comme le match du siècle à Wembley en 1963 avec des légendes comme Bobby Charlton ou Eusebio. Malgré ses 34 ans, Yashin continue de prospérer dans les buts soviétiques et emmènera les siens en finale de l’Euro 1964 face à l’Espagne et sera nommée une nouvelle fois meilleur gardien du tournoi malgré la défaite. Un trophée qu’il gagnera encore deux ans plus tard durant le Mondial 1966 en Angleterre malgré l’élimination de l’URSS en demi-finale.

L’héritage

C’est donc en 1971 que Lev Yashin mettra fin à sa carrière, à l’âge de 42 ans. Son jubilé restera gravé dans les mémoires avec plus de 103 000 spectateurs qui garniront les tribunes du Stade Central de Lénine. Un hommage à la hauteur de l’immense carrière du gardien au 270 matchs sans encaisser de but en 813 matchs. La légende raconte qu’il aurait arrêté plus de 150 penaltys en carrière. Au-delà de ça, Lev Yashin a révolutionné le jeu : ce fut le premier gardien a repoussé les frappes au lieu d’essayer de les capter, à jouer au pied pour relancer les ballons, sortir de ces cages pour anticiper les contres quand lui essaye de relancer vite pour permettre à son équipe de jouer les contre-attaques.

Un gardien qui a inspiré la crainte et l’admiration de ses contemporains comme Gordon Banks ou Eusebio, mais aussi des gardiens plus jeunes comme Fabien Barthez qui portera toute sa carrière des tenues noires pour rendre hommage à la légende. Lev Yashin sera nommé gardien du XXème siècle par l’IFFHS et le trophée de meilleur gardien de la Coupe du Monde porte désormais son nom.

Décédé des suites d’un cancer en 1990, Yashin restera à jamais comme la principale icône du football soviétique mais aussi comme l’inspiration d’une nation. Une aura qui dépassera les terrains et qui reflétera parfaitement les valeurs de la culture de l’URSS. Bref, les superlatifs manquent pour décrire la carrière et l’influence de Lev Yashin, un gardien qui restera à jamais comme le meilleur de l’Histoire.



Crédit photo / RT.com

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