Catch

[INTERVIEW] David Francisco : “Le catch indépendant va bien”

A l’occasion du deuxième show organisé par la Rixe, David Francisco avait un match en main event face à Peter Fischer. Au terme du match, nous avons eu la chance de nous entretenir avec lui. Rencontre.

 

Bonjour David, tout d’abord merci de nous accorder de ton temps pour cette interview. Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Bonjour, je suis David Francisco et je catche depuis maintenant 13 ans. J’ai commencé très jeune, vers mes 14 ans au Portugal. Avant d’être catcheur, j’étais entraîneur et arbitre. Quand l’idée de devenir catcheur professionnel m’est venue à l’esprit, j’ai déménagé à Londres en 2015. Quand je suis arrivé là-bas, j’ai quand-même continué de faire des shows au Portugal. J’ai catché pour PROGRESS, IPW, je suis souvent à la BPW, la IWL et d’autres promotions encore ! Je suis également coach à la Knucklocks (école réputée en Angleterre, ndlr). Je connais donc Kira (qui était présente au show), c’est une personne très investie et qui travaille beaucoup pour atteindre ses objectifs.

Tu as parlé de la PROGRESS, comment as-tu vécu ta première expérience là-bas, quand tu y fais tes débuts en 2015 ?

Je pense que le meilleur mot pour le décrire est partagé. J’étais partagé. D’un côté, j’ai rejoins l’école de la PROGRESS et j’étais capable d’être dans un show avec seulement des élèves. Au début, je ne l’ai pas vu comme une bonne affaire. Avant de débuter dans un Chapitre, j’étais membre du staff. Je savais donc que ce n’était un petit show avec des débutants comme moi. D’un autre côté, j’étais nouveau sur la scène britannique. Je ne savais comme comment ça allait se passer avec tout ce monde. C’était nouveau pour moi, très pédagogique, j’ai pu beaucoup apprendre. C’était génial.

 

Tu es champion à la BPW, tu y catches régulièrement depuis 2 ans, je suppose que c’est une promotion qui te tient à cœur, non ?

Oui, beaucoup. La Battle Pro est en lien avec la Knucklocks, beaucoup de mes amis et élèves ont catché là-bas, certains y sont toujours. C’était une excellente occasion pour moi de montrer de quoi j’étais capable. J’ai beaucoup appris avec eux. J’en suis très reconnaissant, ils m’ont donné ma chance et j’ai pu y développer mon personnage. C’est bizarre parce que je suis le champion baby face alors que j’étais heel pendant plusieurs années.

C’est donc une nouvelle expérience pour moi. Hier (la veille du show, ndlr), j’ai eu mon premier match en tant que face à la BPW avec mon titre et c’était tellement bien, c’est comme un nouveau départ. Je me sens près des fans qui sont toujours présents à la BPW, je suis même ami avec certains, c’est ça qui est génial. Je suis très content et tout ce que je peux faire pour les remercier, c’est faire de mon mieux et être un bon champion.

 

Une question qui peut paraître étonnante, mais pourquoi as-tu décidé de devenir catcheur ?

J’ai commencé à regarder du catch à la télé quand le catch est devenu populaire, où il passait sur les chaines portugaises. Cela devait être aux alentours des années 2005/2006/2007. Je suis tout de suite devenu un très grand fan. Je n’arrive pas à expliquer pourquoi j’étais tant passionné. C’est un mélange de plusieurs choses que j’apprécie comme la performance, le physique, le fait d’être un athlète et l’interaction (sur le ring ou  avec les fans). C’est ça qui me rend heureux. Pendant des années, j’étais dans une situation étrange. Je me disais :”qu’est-ce que je fais ? Je reste au Portugal au risque de faire peu de shows ou je déménage et je veux devenir un vrai catcheur ? ” Sur le coup je ne l’ai pas fait. Mais finalement, j’ai décidé de le faire et c’est ainsi que je me retrouve aujourd’hui, en France (rires).

L’image contient peut-être : 4 personnes, nuit et plein air

Toujours bien accompagné. (Crédits : Darren Fog)

 

Comment réagis-tu quand tu vois que plusieurs promotions indépendantes doivent mettre la clé sous la porte ?

Je pense que les fans ont une mauvaise image et une mauvaise perception de ce qu’il se passe actuellement. Quand les fans viennent, ils ne voient seulement ce qu’ils peuvent voir, c’est-à-dire ce qu’il se passe sur le ring. Mais il y a bien plus de choses qui se passe lorsque ces promotions ferment. Pour la majorité, c’est une bonne chose que ces compagnies ferment, c’est qu’elles ne contribuent pas au bon fonctionnement du catch. Si elles ferment, c’est parce que les audiences et le marché qui contribuent au fonctionnement de la promotion ne sont pas bons.

La raison majeure qui explique les fermetures est la mauvaise rentrée d’argent. C’est probablement parce que les personnes qui s’en occupent ne font pas les bons choix. Il y a tant d’histoires que je ne peux pas raconter en public, mais pour répondre à la question, il serait bien que les fans, quand ils lisent des news sachent qu’ils ne connaissent pas l’histoire dans son entièreté. Et fait moi confiance, le catch indépendant va bien, vraiment. Les promotions ferment mais il y a tant d’autres compagnies que j’ai vues en 4 ans. Elles ouvrent, elles fleurissent et vivent des rentées d’argent. Et si ça reste dans ce même chemin, c’est une très bonne chose.

 

Quel est ton meilleur souvenir dans ta carrière de catcheur ?

Un moment ? Oh mon dieu ! Il y en a plusieurs mais si je dois en choisir que un, je pense que c’est mon entrée à Wembley (Chapitre 76 de la PROGRESS Wrestling), quand j’ai participé au Rumble en pre-show. Je n’ai jamais lutté devant autant de personnes. C’était un match pour nous remercier d’être présent, c’est le moment où on pouvait être sur le ring pendant ce show. J’étais la deuxième personne à être éliminé.

J’ai profité du moment autant que j’ai pu. Je pense qu’on peut le remarquer si on regarde le match. Je reste debout dans le coin et je regarde aux alentours. C’est le plus grand show dont j’ai fait parti. C’était très cool de l’avoir fait. Si je peux donner des mentions honorables, il y a mon match en pre-show de l’Unboxing Live de 2018, le moment où je remporte le titre de la BPW et une promo que j’ai pu faire en portugais.

 

Comme tu l’as dit, tu viens du Portugal. Est-ce que le catch est bien vu au Portugal ?

Je ne pense pas que cela soit très connu. Le public se rappelle de l’ancien temps et sont nostalgiques. Le public se dit “ok, allons voir nos amis lutter et faire ce qu’ils aiment.” Il y a un petit groupe de fans de catch au Portugal. J’aimerais qu’il y en ait plus, ce n’est pas aussi gros que ce je voudrais. Pourtant, il y a des écoles et des académies, le chemin pris est le bon. Il y a trois académies qui proposent des entraînements et qui font des shows quand bon leur semble, et quand les catcheurs sont disponibles.

 

Est-ce que la WWE, ou une autre promotion majeure est dans un coin de ta tête ?

Je compte vivre du catch. Bien évidemment, je suis ouvert à toute proposition. Je sais que plein de personnes sont déterminées pour aller à la WWE et je n’ai rien contre ça mais je veux d’abord lutter avec ceux qui veulent de moi. Si c’est la WWE, c’est bien, si c’est la NJPW c’est bien aussi. Je veux découvrir le monde, faire de mon mieux. Et qu’importe où sont les opportunités, je me prépare dur pour y être prêt. Il faut être prêt pour aller n’importe où.

 

Tu as affronté Tristan Archer au premier show, Peter Fischer ce soir, tu dois être content d’avoir affronté ces deux noms du catch français, non ?

Oui, très content. Je connaissais Tristan avant, notamment avec le CWC. Je le suivais et c’était un vrai plaisir de l’affronter. Peter, je l’ai découvert quand j’ai appris que j’allais avoir un match contre lui. J’ai regardé certains de ses matchs pour me renseigner. Et pour te dire, je pense qu’ils sont les catcheurs les plus attractifs lors de leurs présences sur les shows. Il y a tant de bons talents ici, et c’est compliqué car pour comparer avec l’Angleterre, l’accès est bien plus accessible qu’en France. Ces deux personnes peuvent être vos représentants à l’étranger tant ils sont talentueux. Vous avez de très bonnes personnes, vraiment. Il y a du bon catch et un public exceptionnel.

L’image contient peut-être : 1 personne, sourit, debout, nuit et gros plan

David Francisco a toujours le sourire. (Crédits : Darren Fog)

 

On te laisse le mot de la fin, si tu veux ajouter quelque chose.

Faites tout ce que vous pouvez pour aider le catch français. Je suis venu deux fois à la Rixe et les fans sont incroyables. Continuez à venir si vous en avez la possibilité. Et suivez moi sur Twitter et Instagram ! (rires)

 

C’est ainsi que se conclut cette interview de David Francisco. Nous lui remercions de nous avoir accordé de son temps et nous lui souhaitons le meilleur pour la suite.

Crédits image de Une : Darren Fog.

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