Interview de B. Combeau, responsable de l’Armada Clermont

Dans le cadre de notre enquête sur la place qu’a le club du Clermont Foot dans sa ville de Clermont-Ferrand, WeSportFR est allé à la rencontre de Benjamin Combeau, meneur de l’Armada Clermont, association de supporter du Clermont Foot.

 

 

Bonjour, Benjamin, tout d’abord très honoré de pouvoir vous rencontrer, vous êtes un des visages importants des supporters de Clermont, pouvez-vous vous présenter ?

BC : Je m’appelle, Benjamin Combeau j’ai 22 ans, je suis président de l’Armada Clermont, une association de supporters qui s’est montée en 2017. C’est tout frais. On se trouve dans la tribune Limagne.

Logo de l’Armada Clermont.

 

D’où vous vient cette passion pour le Clermont Foot ?

BC : Depuis que je suis tout gamin, mon père m’emmenait au stade, je ne savais même pas encore marcher donc dès mon plus jeune âge. Cela m’a donné envie de continuer de supporter cette équipe jusqu’à aujourd’hui.

 

Combien d’adhérents votre groupe a-t-il?

BC : On a une quarantaine d’adhérents. On attend que du monde nous rejoigne, on est une bonne équipe, vous pouvez nous retrouver sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter).

 

Vos plus beaux souvenirs en tant que supporter du Clermont Foot?

BC : Il y en a plusieurs mais les plus forts sont d’abord le match de Coupe de France contre l’OL à Montpied où on les élimine aux penaltys et un autre très bon souvenir il y a deux ans, c’était un déplacement à Brest on gagne 2-1 ou 2-0 et on accroche la 3 ème place à la trêve.

 

Est-ce facile de mettre de l’ambiance au stade Montpied (Stade de Clermont Foot) ?

BC : Non clairement pas facile. Il nous manque des moyens humains. De vrais supporters. On sent que le public est coincé, il y a de rares chants englobants tout le stade par exemple. Ça nous freine. La configuration du stade n’est d’ailleurs pas vraiment propice aux supporters (une grande tribune, pour 3 petites). Un stade fermé est plus attrayant pour un supporter.

 

Que pensez-vous des résultats de l’équipe cette saison ? Ainsi que ces dernières saisons ?

BC : Ces dernières saisons les résultats de l’équipe sont en dents de scie, il y a eu Corinne Diacre, pour moi qui était plus un effet de mode ou de publicité pour le Clermont Foot étant donné que ce fut la première femme entraîneuse professionnelle. C’était un réel choix du club étant donné que de base ce devait être Helena Costa, mais suite à des problèmes en interne, l’alliance entre les deux partis prenants n’avait pu s’opérer, et que le club a voulu confirmer son choix de laisser une chance à une femme pour ce poste. Ce choix n’a pas été mauvais, elle a maintenu l’équipe en milieu de tableau. Après l’année où nous finissons 7ème, je pense que l’on avait l’équipe pour pouvoir monter grâce à des joueurs comme Hunou, Boulaya, Diedhiou.

L’ère Der Zakarian nous laisse de très bons souvenirs, on manque la montée de peu à Arles Avignon.

Après, à mon avis, l’ancien entraîneur de Quevilly, Régis Brouard est arrivé et a annulé tout le travail fait par Der Zakarian les années précédentes… D’ailleurs l’arrivée de cette homme, on peut se demander si c’est pas pour faire là aussi de la publicité pour le club étant donné son parcours en Coupe de France avec Quevilly dont entre autres la finale contre Lyon.

On peut aussi voir que ces dernières années le Clermont Foot a été un tremplin pour de nombreux joueurs.

 

Que pensez-vous du niveau de l’équipe à l’heure actuelle?

BC : Le niveau est pas mal, on a de belles performances individuelles c’est certain comme Gavory, Perez ou Dugimont. Je pense que le soucis vient du fait que l’équipe n’a pas de vrais attaquants comme on a pu en avoir avec Diedhiou, Privat ou Saadi.

 

Que pensez-vous du nouveau coach Pascal Gastien cette saison?

BC : On le connaît pas trop encore, mais il a l’air de faire les choses avec les moyens qu’il a et pour le moment il réussi pas mal.

 

Que pensez-vous du président Claude Michy?

BC : C’est un très bon gestionnaire, on peut être sûr que le Clermont Foot est pas en déficit comme peuvent l’être d’autres clubs de Ligue 2. Mais clairement il manque d’ambition, du fait peut être d’être trop gestionnaire.

 

Quelle est pour vous la meilleure révélation de l’équipe cette année ?

BC : Le jeune latéral Gavory qui nous vient de Béziers, et qui est d’ailleurs pisté par l’Olympique de Marseille. Il fait un très bon début de saison, on est fiers de lui.

 

En terme de recrutement du club êtes-vous satisfait ?

BC : Honnêtement oui et non. Le club prend des joueurs plutôt talentueux dans l’ensemble qu’ils vont chercher en National ou CFA qui deviennent de jeunes prometteurs à Clermont, plusieurs exemples comme Benatia indésiré à Marseille, qui explose au club mais aussi Alessandrini venant de Gueugnon et même Boulaya qui venait de Istres.

Mais le problème c’est que dans l’histoire du club, il n’y a eu seulement un joueur réellement acheté par le club (Diedhiou). Donc on voit réellement un manque d’investissement de la part du club sur des joueurs venant avec une assurance de qualités. On a pas de joueurs de grosses expériences à Clermont… Un joueur ayant fait quelques matchs en ligue 1 par exemple comme Lemoine, Pedretti ou Maoulida qui peuvent être des leaders pour un équipe comme la nôtre…

 

Comment jugez-vous l’attitude du club concernant ces aspirations ? Et concernant ses supporters ?

BC : Déjà parlons de l’ambition. Quand l’objectif du président est toujours le même au fil des saisons de finir dans les 10 premiers, clairement c’est un manque réel d’ambition vu la qualité des joueurs et du jeu qu’on a pu avoir.

Sinon envers les supporters le club est très ouvert. Le dialogue est très facile.

 

Que pensez-vous du statut du club à Clermont ?

BC : L’image est du club n’est pas ultra bonne à Clermont. Du fait d’abord de la position du stade qui ne donne pas envie d’y aller (rien que pour les supporters adverses ce n’est pas avenant, l’accueil des supporters est un des plus médiocre de Ligue 2 en ce qui concerne les installations selon moi). Ensuite le manque d’ambition freine aussi les clermontois parce que le public ne peut ne pas ressentir cette envie du haut niveau que le club pourrait afficher, et donc ne pas ressentir de motivation à se déplacer du fait que les objectifs du club restent facile. Et les joueurs peuvent le ressentir aussi d’ailleurs.

 

Comment jugez-vous de l’ambiance au stade Montpied ?

BC : Morose est un mot trop fort mais l’ambiance est faible. Par rapport à l’année où Clermont avait finit 1er de National, l’ambiance était dingue !

 

Que pensez vous de la zone géographique, qui peut paraître arriérée , du Montpied ?

BC : La zone géographique est un frein pour le club. A la sortie du stade, il n’y pas une baraque à frites ou un snack, c’est désert, c’est quand même ultra rare de voir ça même en Ligue 2. Le stade n’est pas attrayant, rien n’est fait pour le confort du supporter ou du spectateur à la sortie, c’est froid. On se trouve à l’opposé du centre ville (40 minutes en Tram proche du terminus) pour une petite ville comme Clermont c’est pas bénéfique.

 

Que pensez-vous du stade en général?

BC : Disons qu’étant donnée l’affluence, la capacité est idéale. Après c’est un stade très ouvert, il y a eu des discussions pour un projet d’agrandissement, à voir. Il est pas tout jeune mais convenable disons.

 

Stade Gabriel Montpied.

 

On a parlé fut un temps d’un projet de grand stade ou d’un projet d’agrandissement ?

BC : Je ne sais pas, cela dépend sûrement des événements futurs. Je pense que le stade du Clermont Foot restera à cet emplacement. On voit que petit à petit une zone commerciale se monte aux alentours comme le nouveau cinéma et quelques commerces.

Un agrandissement du stade étant donné l’affluence actuelle, semble pas être une des priorités, cependant si il y a agrandissement du stade, cela voudra peut être dire que le club montre plus d’ambition et alors le public viendra plus nombreux. Cela pourrait même causé du tort à l’ASM , comme on ressent une baisse d’ambiance et de supporters au stade Marcel Michelin ces dernières années.

Je dérive un peu mais l’ASM c’est juste devenu l’endroit où aller quand on va à Clermont. Les spectateurs ont remplacé les supporters, on dirait un théâtre à ciel ouvert. Ça me fait penser au Parc des Princes (stade du PSG).

 

Projet du grand stade de Clermont.

 

Est-ce que Clermont est une ville de foot ?

BC : Oui je pense, de toute façon Clermont est une ville ultra sportive, avec l’ASM, le volley à Chamalières, la JAV etc… mais oui aussi de foot, comme on a pu le voir lorsqu’il y a des gros matchs aux Montpied comme l’année de la remontée en Ligue 2, ou même des matchs de Coupe de France comme l’année dernière Clermont-OM et même des matchs comme OM-Benfica il y a 2-3 ans, on voit que le stade est plein à craquer, c’est là qu’on voit qu’il y a une culture foot à Clermont.

 

Clermont est reconnu en particulier pour son club de rugby l’ASM. On sait que les deux clubs ont récemment mis en commun leur centre de formation, une alliance avec les jaunes et bleus est-elle plausible concernant d’autres secteurs ?

BC : Un projet où les 2 clubs se rassemblent, partageant par exemple le même nom je ne pense pas. L’ASM malgré ses sections omnisports s’apparente énormément au rugby et le foot resterait à mon avis dans l’ombre. Étant donné aussi du grand manque d’ambition de la part du Clermont Foot vis à vis de l’ASM qui se veut ambitieuse et qui a raison de l’être, cela ne serait pas compatible je pense. Après, l’alliance concernant le centre de formation semble bénéfique aux deux équipes.

 

Quel œil portez-vous sur l’ASM ?

BC : Je ne suis pas supporter, c’est un mot trop fort, mais je les suis. Il n’y pas de rivalité rugby-football.

 

Pourquoi peut-on remarquer plus d’engouement pour l’ASM?

BC : Principalement le niveau et l’ambition des deux équipes. Le Clermont Foot stagne en Ligue 2 pendant que l’ASM est champion de France et joue des finales de Coupe d’Europe.

 

Est-ce que la ville de Clermont et le club du Clermont Foot veulent monter en Ligue 1?

BC : Non. Je pense qu’il y a un frein venant d’où exactement, je ne sais pas. Pas des joueurs ni du coach mais plutôt de ceux qui gèrent en haut lieu car une montée ça coûte cher pour le club et pour la ville en terme d’investissement.

 

Le club est-il assez moderne ?

BC : Le club semble assez moderne, du moins dans l’ère du temps. Ils sont régulièrement sur les réseaux sociaux.

Après en terme de communication auprès du grand public clermontois, par exemple de l’absence de boutique en centre ville (il y en avait une, mais elle a fermé) éloigne un peu plus la population du club.

Il y aussi très peu de diversité de produits à l’effigie du club…

Je suis allé à Châteauroux récemment, on peut y trouver une boutique relativement grande avec là par contre un grand choix de produits. C’est une stratégie que le Clermont Foot n’a semble-t-il pas.

 

Le soutient de la ville pour le Clermont Foot est-il assez important ?

BC : L’ASM prend énormément de place dans le paysage sportif clermontois. Le Clermont Foot passe dans la majorité du temps en second plan autant en terme de communication dans la ville que les reportages sur France 3 Auvergne par exemple.

L’ASM n’est pas à la même échelle que le Clermont Foot c’est vrai et pour autant l’image du club en pâtit de cette ombre qu’elle subit.

 

La ligue 1 semble-t-elle possible si oui, cette année ?

BC : Cette année je ne pense pas, j’aimerai bien, c’est un rêve de gosse mais ça paraît compliqué.

Cette année le jeu est en dents de scie, on peut être capable de réaliser des performances qui pour moi valent des matchs d’équipe venant de deuxième partie de Ligue 1, comme on peut faire des matchs d’un ennui conséquent où l’équipe semble spectatrice de son adversaire. Il y a une différence de niveau de jeu entre chaque match, sans ça on pourrait sûrement accrocher une 3 ème place synonyme de barrage.

 

Comment améliorer l’image du Clermont Foot?

BC : Peut-être plus de communion entre les joueurs et les supporters. Comme par exemple, le fait de délocaliser des entraînements dans des écoles de foot amateurs, familiariser les joueurs avec leur ville. Après c’est toujours très agréable que les joueurs en particulier à l’extérieur viennent nous saluer en fin de match parce que se déplacer un lundi soir à Lens, prendre des jours de congés pour supporter un club sans réelles ambitions faut l’aimer le club croyez-moi.

 

Tous nos remerciements à Benjamin Combeau de l’Armada Clermont de nous avoir accorder un peu de son temps libre pour répondre à nos questions.

 

Robin GARNIER.

A propos de l'auteur

Rédacteur rubrique football & Community Manager

Commentaires

  • Avatar
    PRUGNARD
    25 janvier 2018

    Belle analyse Ben!!Très fier de toi!!

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