Avant la reprise de la Formule 1, nous avons eu la chance de nous entretenir avec Théo Pourchaire, jeune Français de 16 ans qui s'est récemment engagé avec ART GP où il concourra en Formule 3. Rencontre.
Bonjour Théo ! Merci de prendre de ton temps pour nous répondre. Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?
Bonjour. Je m'appelle Théo Pourchaire, j'ai 16 ans. L'année dernière, j'ai été champion de Formule 4 allemande. J'ai aussi fait partie du Sauber Junior Team et cette année, je vais participer au championnat du monde de Formule 3. Cela se déroule juste avant les courses de F1, sur les mêmes week-ends. J'ai également fait pas mal de karting, où j'ai été 3e au championnat du monde et trois fois champion de France.
Quelle a été ta réaction lorsque tu appris que tu allais être champion de F4 allemande la saison passée ?
J'étais très fier car cela s'est joué à la dernière course du championnat, dans le dernier tour, au dernier moment. Le championnat d'Allemagne est le plus relevé de F4. Je me suis battu avec beaucoup de très bons pilotes, c'était une bonne chose pour progresser. Donc oui, j'étais très heureux et très fier. J'ai ressenti beaucoup d'émotions lorsque j'ai franchi la ligne d'arrivée. Toute l'équipe est contente, moi j'étais très heureux d'avoir réussi mon objectif.
Et s'est ensuivie l'annonce de ta signature chez ART GP. Un moment inoubliable je suppose ?
Oui, c'est clair ! Pour moi, c'est à la fois un énorme challenge et je me dis aussi que j'ai beaucoup de chance. Je vais pouvoir rouler sur les mêmes circuits que la Formule 1 mais en Formule 3. En plus, c'est un championnat du monde, c'est génial. Je vais rouler avec un superbe team, ART Grand Prix, une équipe française en plus. Je suis fier de les représenter, de pouvoir représenter mon pays, je vais tout donner dans cette catégorie.
Quels sont tes objectifs l'année prochaine, pour ta première saison de F3 à seulement 16 ans ?
Pour moi, je vais d'abord prendre du plaisir, c'est la première chose. La voiture est superbe, il y a beaucoup de puissance, ça passe vite dans les virages, c'est génial. En plus, je vais être sur les plus beaux circuits européens, et même mondiaux. Mes objectifs sont toujours clairs. Je me prépare beaucoup, je travaille beaucoup pour gagner. Je sais aussi que je vais être le plus jeune de la catégorie et que j'ai le temps de bien faire les choses. Mais je n'y vais pas pour faire autre chose que jouer la gagne. J'y vais pour gagner. Dans tous les cas, je vais donner le meilleur de moi-même, l'équipe va en faire de même et on verra ce qu'on peut faire.
Est-ce que la F2, voire la F1 trotte dans ta tête, est-ce que tu te dis “si je réussis, je peux encore aller plus haut” ?
Oui bien sûr ! C'est ce qui m'attend si je travaille bien, si je donne tout, si je suis irréprochable. Je sais que la prochaine étape est la Formule 2, et qu'il y a la Formule 1 après. Cependant, je ne me voile pas la face, je ne me dis pas “je vais forcément aller en Formule 2 ou en Formule 1”. Ça reste mon rêve et je ferai tout pour l'atteindre.
Dès tes jeunes années en karting, tu étais déjà surclassé. Pensais-tu en arriver là en 2020, à seulement 16 ans ?
C'est clair ! J'ai vu pas mal de pilotes passer en Formule 3 quand j'étais en karting plus jeune. C'est vrai que maintenant, ça fait bizarre d'être à leur place et de se dire “maintenant c'est à toi de tout donner pour être comme eux”, puis atteindre mon rêve, mon objectif qu'est la F1.

Tu as parlé de la Sauber Junior Team, dont tu étais membre l'année passée; y a-t-il des contacts entre toi et eux pour un éventuel suivi dans les saisons à venir ?
Pour le moment, tout est en discussion avec Sauber. Ils m'ont suivi pour l'année 2019. Maintenant, pour l'année 2020, on est en train de voir avec eux, on est en train de discuter. Il y a aussi d'autres options. Rien n'est officiel pour le moment. Je n'ai pas de Junior Team mais ce qui est sûr, c'est que je roulerai avec ART Grand Prix. Cela devrait se faire dans pas très longtemps pour le Junior Team.
Peux-tu nous rappeler rapidement ton palmarès ?
J'ai fait pas mal de karting, où j'ai été trois fois champion de France en minimes, cadets et juniors. J'ai également remporté la Coupe de France. Après, j'ai terminé à la 3e place au championnat du monde CIK en catégorie internationale junior. Ensuite, je suis passé en F4 française en 2018 où j'ai terminé à la troisième place du championnat. J'étais champion de France junior. L'année dernière, j'ai remporté le championnat de Formule 4 allemande.
Pourquoi être passé de la F4 française à la F4 allemande ?
Pour moi, la Formule 4 française et la Formule 4 allemande, ça n'a rien à voir. La F4 allemande est comme une autre catégorie. La voiture va beaucoup plus vite, en moyenne 9 secondes par tour. En F4 française, il n'y a pas d'écurie (hormis la FFSA Academy, qui gère toutes les voitures). En Allemagne, il y a des écuries réputées, comme des teams de F3, F2. Je prends exemple de Prema Power Team. Il y a aussi pas mal de pilotes qui sont en junior team, comme Red Bull Junior Team, Ferrari Driver Academy et Mercedes Driver Academy. Cela prouve que les écuries de F1 croient de plus en plus en ce championnat de F4 allemande et y mettent leurs jeunes pilotes car le niveau est plus relevé.
Était-ce frustrant d'avoir eu des blocages à cause de ton âge ces dernières années ?
Oui, mais je me dis que je ne suis pas pressé. J'ai le temps de faire des exploits plus tard. Je me concentre à donner le meilleur de moi-même. Si j'arrive à faire des exploits, tant mieux, je passe à l'étape suivante et je continue à travailler tout en donnant le meilleur de moi-même. Les exploits et la réussite, c'est naturel, ça vient avec le travail.
Comment ont réagi tes professeurs et tes amis d'école lorsqu'ils ont appris que tu allais signer en Formule 3 ?
Pour eux, la Formule 3, ça passe à la télé et c'est avant la Formule 1, c'est énorme. Je faisais déjà un sport très professionnel dès mes débuts en karting mais tout le monde ne voyait pas mes performances. Maintenant, tout le monde me voit, c'est télévisé et c'est très sérieux. Ils prennent conscience de ça. Il faut noter que je suis actuellement à l'école de la Fédération Française au Mans, à la FFSA Academy où il n'y a que des pilotes de différentes catégories. Cela permet de leur montrer qu'ils doivent y croire et qu'on peut atteindre le plus haut niveau.
Avec tous les déplacements prévus en 2020 en Formule 3, cela ne va pas être difficile pour toi de mêler l'école et le sport auto ?
Si, cela va être compliqué, mais l'avantage de la Fédération française, c'est qu'on a les cours aménagés. Mais cela reste très compliqué, surtout que cette année j'ai les épreuves anticipées du Bac. C'est quasiment impossible mais je suis bien encadré, je vais passer le Bac mais c'est compliqué quand on voyage partout dans le monde. On n'a pas le temps de gérer l'école, je pense à ma carrière en premier. Je commence à travailler à la salle de sport, à travailler mentalement. Mon entourage m'aide mais ça reste difficile de suivre les cours, je ferai mon maximum !
Avec le tragique décès de Anthoine Hubert l'année dernière, est-ce que tu as plus peur ou tu sais très bien que cela restera un sport dangereux ?
C'est très triste surtout que je regardai la course en direct. Ça n'a pas tellement changé pour moi, ce sport était bien plus dangereux mais cela a bien évolué. Le fait de voir quelqu'un décéder est un peu choquant mais on sait tous que c'est un sport dangereux, ça n'a pas changé mes objectifs. Cela reste un sport dangereux, mais ça, je le savais déjà.
Nous remercions Théo Pourchaire d'avoir pris de son temps pour nous répondre. Vous pourrez le suivre sur Canal + les week-ends de course au volant de sa Formule 3.