Junior Tallo délivre sa vérité ! Entretien exclusif



Junior Tallo sort enfin du silence. Accusé d’être un élément perturbateur au sein de son équipe par son propre club, Junior décide de s’exprimer au sujet de sa mise à l’écart en octobre dernier, jusqu’à son départ évident en janvier 2019. L’attaquant de 26 ans donne sa version des faits après plusieurs semaines de silence. Entretien exclusif avec l’international Ivoirien. 

 

Bonjour Junior, merci d’avoir accepté cette interview. Tu es au cœur d’un « scandale » dans la presse portugaise, accusé d’être un élément perturbateur, violent, qui était toujours en retard aux entraînements. Qu’as tu à répondre à ça ?

 

« Depuis la mi-janvier environ, la presse se mêle beaucoup de cette histoire sans vraiment en connaître les détails. Aujourd’hui je parle pour enfin rétablir la vérité, mon nom est sali injustement. Les gens parlent sans savoir, ils ne savent pas la moitié de ce qu’il se passe à Guimarães. Je n’ai jamais été violent, je n’ai jamais manqué de respect, la seule chose qui est vraie c’est que j’ai loupé un entraînement en janvier après avoir été partiellement payé pendant des mois et des mois. J’en ai eu marre. Le seul vrai souci à mon sujet, c’est un geste obscène lors de ma première année. Lors du derby, je sors du terrain 5 minutes avant la fin du match, un supporter m’insulte ainsi que ma famille, je n’aurais pas dû régir mais sur le coup je lui ai fait un geste d’humeur. On était en direct à la télé, tout le monde l’a vu, la presse s’en est mêlé et mon geste devient public alors qu’il ne concernait qu’une seule personne, qui plus est malhonnête. Ils ont cru que je me moquais des supporters, que je leur manquais de respect, alors que pas du tout. Certes je regrette, mais le club utilise ce faux pas pour me qualifier de joueur indiscipliné. »

 

L’histoire ne s’arrête évidemment pas là.  Nous sommes en 2017, l’international ivoirien Junior Tallo quitte le LOSC pour s’engager au club portugais de Guimarães pour une durée initiale de 2 ans. Un contrat est conclu et les deux parties se mettent d’accord sur un rrevenu de 22 000€. Or, celui-ci ne semble pas être tout à fait « basique » dans le milieu du football. Impôts, cachotteries envers les autres joueurs, problème de papiers, société écran au Luxembourg…

 

« Il y a déjà eu un problème de compréhension dès le départ. On m’a déjà promis une somme, puis ils se sont rétracté en disant que c’était trop pour eux, que le club allait payer trop d’impôts. Je vais être franc avec vous, je n’ai rien à cacher, ils m’ont dit clairement : « On ne peut pas donner plus de 15 000€ par mois à un joueur. Accepte les 20 000 la première année, on passera à 22 000 la deuxième année. » Je venais de casser mon contrat avec le LOSC, je n’avais pas envie de faire des histoires pour ça, j’ai accepté tout de même. Ils m’ont fait un contrat un peu spécial, 10 000 euros payés par le club et 10 000 euros en droits d’image. J’ai signé le contrat officiel des 10 000 envoyé à la FIFA et ils ont fait passer le reste du contrat plus la prime à la signature en droits d’image ! Ce contrat-là a été aussi signé par les dirigeants et moi-même, mais n’a pas été envoyé à la fédération. Ils m’ont dit que l’agent qui avait servi d’intermédiaire avait une société au Luxembourg, que l’argent serait versé par le club sur leur compte et qu’ils devaient me le faire suivre. »

 

C’est à partir du tout premier mois que les soucis commencent. La première prime, prévue pour le mois de septembre 2017 tarde à arriver. Les mois passent, et la prime tombera que fin décembre. Le permis de séjour, lui, ne viendra jamais. 

 

“Mais ce qui est vraiment grave dans tout ça, c’est que j’ai joué sans permis de séjour”

 

« Je ne réclamais pas l’argent, j’avais le restant de mon dû avec le LOSC. Je venais de casser mon contrat avec eux je suis reparti avec une somme. La prime est tombée fin décembre. Prime que mon agent a dû m’avancer par ses propres moyens avant de se faire rembourser par le club. J’ai vraiment galéré pour avoir cet argent, la saison d’après même scénario. Mais ce qui est vraiment grave dans tout ça, c’est que j’ai joué sans permis de séjour. Je suis Ivorien, je devais avoir un permis de séjour pour pouvoir évoluer au Portugal, il n’est jamais arrivé ! L’été dernier j’ai voulu résoudre cette situation, je suis parti en vacances en Côte d’Ivoire, je n’avais plus de nouvelles de mon club. Ils m’ont laissé me débrouiller pour avoir ce papier, le récépissé ne valait absolument rien. L’ambassade du Portugal se situe au Sénégal, j’ai dû m’y rendre par mes propres moyens : hôtels, avions, j’ai dépensé quasiment 10 000 € de ma poche, je voulais aider le club, ne pas faire d’histoire, être compréhensif et complaisant avec eux et au final je n’ai jamais eu ces fameux droits d’image. On m’a dit que les papiers mettraient du temps à arriver mais j’ai eu beaucoup de chance ! Quand j’étais eu Sénégal j’étais dans le même hôtel que Maxwell Cornet, c’était pendant la coupe du monde, on a été invité à faire un plateau télé. Le consulat m’a reconnu, m’a convoqué à la suite de la diffusion et c’est à ce moment-là que la situation s’est dénouée. J’ai eu un permis de travail mais je n’ai jamais eu mon permis de séjour.. “

 

Junior, comment s’est déroulée la préparation physique lors de l’intersaison ? Comment expliques-tu cette mise à l’écart ? 

 

« Je suis rentré au Portugal pour la reprise, et là ça n’a plus été pareil. On m’a dit : “Junior va te reposer”. Ils ne voulaient plus que je m’entraîne avec eux. J’ai appelé mon agent qui a résolu la situation car j’ai pu retrouver le groupe dès le lendemain ou surlendemain. Le staff m’a dit que je pouvais m’entraîner mais que le coach ne me voulait plus dans le groupe ! Si on m’avait dit ça pendant les vacances j’aurais trouvé une autre voie pour moi ! A la fin de la semaine, on devait partir en prépa physique en montagne, on m’annonce dans un premier temps que je ne viendrai pas avec eux, puis suite à la blessure d’un de mes coéquipiers je fais tout de même parti du groupe mais on me signale que je ne ferai pas les matchs amicaux. J’ai littéralement pété un plomb, je ne comprenais pas ce qu’il se passait ! On était 35 joueurs, 34 jouaient lors des matchs sauf moi, à l’entraînement j’étais joker, le dernier appelé. Ils essayaient de me pousser à bout, de me faire péter un câble. »

« On a terminé la préparation, on m’a proposé de faire un match amical à ce moment-là pour faire tourner l’effectif et faire souffler les autres gars. Malheureusement pour eux je fais un bon match et je marque ! Les supporters se demandaient pourquoi je ne jouais plus, pourquoi je venais de faire ce match là et pas les autres. Le coach avait la pression, il ne savait plus quoi faire ! J’ai fait un second match, j’ai encore marqué et là le discours du coach a totalement changé. Il m’a avoué m’avoir écarté du groupe à cause des paroles des dirigeants, disant que j’étais en gros, un mauvais gars alors que j’ai toujours été droit.. »

 


 

Vient le début de saison, que se passe-t-il à ce moment-là ?

 

« A la surprise générale, je suis dans le groupe pour le tout premier match de Coupe. Je n’y comprenais pas grand-chose, les autres non plus. En 4 jours de temps je passe d’indésirable à remplaçant en coupe. Je suis rentré, j’ai fait un bon match ! Le week-end d’après est venu le tout premier match de championnat, c’était contre le Benfica, j’étais titulaire, on perd 3-2 mais je suis élu homme du match. Après ça, j’ai toujours été dans le groupe jusqu’au jour où j’ai réclamé l’intégralité de mon salaire. De ce jour-là, je n’ai plus joué jusqu’en décembre. Sans aucune raison valable, d’octobre à décembre je suis resté hors du groupe, quand je demandais des explications aux dirigeants on me disait que le coach ne voulait plus de moi et quand je demandais au coach il me disait un jour que c’était un ordre des dirigeants, un autre que c’était ses choix. De ce jour j’ai arrêté d’être compatissant, j’ai insisté pour qu’on me respecte et qu’on me donne mon argent, j’avoue j’ai insisté lourdement. Le directeur me fuyait, ne répondait plus au téléphone, je l’ai prévenu qu’à un moment donné j’allais partir, je ne tenais plus. Le jour j est arrivé, le 15 décembre j’ai pris mes affaires je suis rentré à Paris ! La seule erreur que j’ai faite c’est que je suis parti sans leur dire. Pour parler franchement j’ai pété un câble, je suis rentré. Lors de mon dernier entrainement, j’ai rassemblé mes affaires le directeur sportif a paniqué il m’a dit que j’aurai mon salaire. J’ai entendu ce discours des dizaines de fois, je suis parti. Une fois dans l’avion je reçois un message de leur part me disant que le virement avait été fait. Je leur avais même dit qu’une moitié de mon dû serait suffisant. Dès que j’ai atterri, j’ai appelé pour savoir si le virement avait bien été fait, surprise, ils m’ont menti. J’ai la preuve encore de tout ça ! »

 

Comment s’est passé ta rupture de contrat ?

 

« Il restait un match à jouer avant les vacances quand je suis parti, celui juste avant Noël. Ils m’ont appelé le samedi puis le dimanche, j’étais avec mon fils je n’avais plus envie d’y retourner. Le lundi on m’a suspendu, interdiction de venir aux entraînements. J’ai rappelé le mardi, pour une mise au clair avec eux, ils m’ont demandé de rentrer, j’ai refusé. Ils m’ont fait passer en mesure disciplinaire, vendu l’info à la presse. J’ai demandé une rupture de contrat, il me restait à ce moment 6 mois de contrat. Je leur ai dit laissez tomber l’argent, libérez-moi on n’en parle plus. Ils ont forcément accepté. Ils m’ont promis de faire rejouer, d’arranger la situation financière, je n’avais plus confiance en eux, la rupture était la solution.»

 

Le club porterait plainte contre toi pour diffamation !

 

« J’ai dit sur les réseaux sociaux que j’avais quitté le club pour raisons financières et non disciplinaires comme ils ont pu le communiquer. Ça n’a pas plu, mais j’avais besoin de rétablir la vérité. Quand vous tapez mon nom sur google vous voyez « Junior Tallo viré de Guimarães pour raisons disciplinaires », je donne quelle image pour mon avenir ? Il fallait arrêter cette mascarade, je n’avais rien dit jusque-là pour éviter les problèmes. Je n’ai pas été chassé, j’ai résilié parce que je n’étais pas payé, voilà la vérité. Je ne voulais pas qu’on sache que j’ai joué sans papier, je ne voulais pas ébruiter ça, au final je me rends compte que tout ça est très grave. Je me fais insulter par les supporters, le club fait des communiqués à mon sujet complètement erronés où ils font parler un homme qui se fait passer pour mon agent. Je suis rentré en contact avec lui, il ne veut pas me parler et me fuit. L’opinion public s’est fixée sur leurs paroles, ils pensent tous que je suis un monstre. J’ai besoin de leur dire que le club n’est pas réglo avec les supporters en ne disant pas la vérité. C’est chose faite de mon côté, je ne vais pas risquer de prendre la parole publiquement pour dire des bêtises, je joue gros. Je suis un gars réglo, ni violent ni perturbateur comme certains m’ont décrit, mes coéquipiers peuvent en témoigner. Je n’ai rien à cacher aux supporters, je suis honnête, pas un monstre. »

 

À ce jour, Junior Tallo est libre de tout contrat et espère retrouver au plus vite un challenge sportif afin d’enfin mettre derrière lui cette période compliquée…

 



Image une : record.

A propos de l'auteur

Amoureuse du ballon rond depuis mon plus jeune âge, j'essaye d'exploiter mes talents sur les terrains depuis quelques années, même si mon profil ressemble à celui de Gregory Vignal. Le sport est ma religion, l'humour mon passe-temps.

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