Kurt Angle, l’homme qui voulait divertir- Wrestlemania 35

 Ce soir sur « la plus grande scène du monde », Wrestlemania, Kurt Angle l’un des plus illustres champions de la dernière décennie tirera sa révérence. L’occasion de revenir sur sa carrière à la WWE et sur le parcours d’une « Superstar » qui n’était pas destiné à atterrir dans le monde du catch.

 

 

 

Le 11 mars dernier à RAW, il a annoncé la nouvelle sous les « Thank you Kurt » du public de Pittsburgh, sa ville natale. Le match face à Baron Corbin à Wrestlemania sera le dernier d’une longue série débutée en 1998. Parcourir la vie de Kurt Angle c’est se plonger dans un récit singulier. L’histoire d’un homme qui n’était pas prédestiné à une carrière dans le divertissement sportif et qui, au final a su parfaitement s’intégrer dans ce monde qui allie sport et spectacle.

 

De la lutte vers le catch il n y a qu’un pas

 

Car Kurt Angle était tout d’abord un lutteur reconnu, l’un des plus doués des États-Unis. Plusieurs fois champions universitaires, il a atteint les sommets en décrochant la médaille d’or aux Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996 avec un cou brisé : « Heureusement, j’ai trouvé un docteur assez fou et intelligent pour me laisser combattre » confie-t-il vingt ans après. Un exploit d’autant plus retentissant que son entraîneur a été abattu quelques semaines avant l’échéance. Une abnégation et un courage qui l’accompagneront tout au long de son parcours.

 

Kurt Angle médaillé olympique à Atlanta en 1996 (Image: ESPN)

 

Un chemin qui l’amènera en octobre 1998 à signer un contrat avec la WWE (WWF à l’époque) et devenir catcheur. Un job qui lui permet d’allier sport et divertissement : « pour faire ce métier il faut être ouvert d’esprit et l’une des qualités de Kurt c’est rire de lui même » déclare Triple H. Ainsi, celui qu’on surnomme « The Suplex Machine » a marqué les esprits de l’Univers de la WWE à travers des moments amusants. On pourrait citer la fois où  Edge lui a tendu un piège en inscrivant des mots désobligeants au dos de pancartes ou lorsqu’il a arrosé des catcheurs avec du lait. Des instants comiques qui ont aussi fait sa légende.

 

 

Mais c’est surtout ses performances qui font de lui l’un des plus grands catcheurs de l’histoire. Avec sa gimmick de lutteur, ses yeux bleus, son corps musculeux, il a combattu avec les plus grands catcheurs de l’histoire comme Stone Cold, The Rock, The Undertaker ou encore John Cena. Au cours de ses vingts années sur le ring, il a prôné ce qu’il appelle ses trois « I » (Intensity, Integrity and Intelligence).

Le champion olympique aura réussi la transition entre lutte et catch offrant des matchs mémorables au fil des années. Avec ses « Suplex », ses multiples prises de soumissions, parfois même des « Moonsault » (salto arrière de la troisième corde), il est devenu l’un des plus grand performeurs de la WWE et l’un des plus complets : «  c’est un athlète spécial, on en rencontre un comme lui toutes les deux générations ». Avoir Kurt Angle dans le ring était l’assurance d’avoir un match de haute volée.

 

Angle et sa prise de soumission la “Ankle lock” (Image: WWE)

 

Des douleurs qui ont réduit sa carrière

A la WWE, il a tout gagné. Devenu Grand Slam Champions (catcheurs ayant remporté au moins un titre mondial, un titre secondaire et un titre par équipe), il a remporté durant sa carrière pas moins de cinq titres mondiaux. Le revers de la médaille est que durant plus de vingt ans, son corps a été martyrisé. En 2003, il a connu une nouvelle blessure au cou. Un mal qui a causé la retraite de certains catcheurs comme Stone Cold Steve Austin ou Edge. Malgré la douleur, il s’est accroché à son rêve : être à la WWE et divertir. Mais la souffrance est telle que « The American Hero » tombe dans l’addiction. Addict aux anti-douleurs, à la morphine mais aussi à l’alcool. Suite à cela, la WWE le libère en 2006 afin qu’il puisse se soigner.

Après un passage à la TNA (deuxième fédération américaine derrière la WWE), il fait son retour chez la maison mère en 2017. Annoncé comme nouveau membre du Hall of Fame, il est nommé le lendemain de Wrestlemania 33, Général Manager de Raw sous les acclamations du public. Les « You Suck » (« Tu crains » pour rester poli) de l’univers de la WWE ne sont plus des signes de détestation mais de respect et de reconnaissance.

 

 

Lors de ce second run et parallèlement à son poste de dirigeant de RAW, il a disputé certains matchs notamment un match par équipe l’an passé à Wrestlemania durant lequel il a fait équipe avec Ronda Rousey face à Triple H et Stéphanie Mcmahon. Des storylines facilement oubliables aussi comme celle où Jason Jordan a été annoncé comme son fils. En résumé du bon et du moins bon.

 

Kurt Angle et Ronda Rousey victorieux à Wrestlemania 34 (Image: WWE)

 

Mais les nombreuses blessures et l’âge ont commencé à avoir raison de son corps. Le glas d’une carrière qui aurait pu s’étirer encore quelques années. Son match face à Baron Corbin, de quinze ans son cadet et mesuré à plus de deux mètres, sera le dernier. Certains auraient voulu un adversaire de son standing pour ses adieux (même si nous ne sommes pas à l’abri d’une surprise ce soir). Durant ces dernières semaines, il a offert ,une dernière fois, aux fans certains de ses affrontements légendaires avec AJ Styles, Samoa Joe ou encore Rey Mysterio. L’épilogue d’une partie de sa vie et le départ d’un catcheur qui n’aura laissé personne indifférent. « Oh it’s true, it’s damn true ».

 

Poster un commentaire

libero. leo. ultricies felis libero Praesent dolor venenatis,