Mercredi, le président de la Ligue Brésilienne, Rogério Caboclo, a surpris le petit monde du football féminin en annonçant une égalité des primes et des indemnités entre les hommes et les femmes dans son pays. Quelles sont les réactions ? Cette décision est-elle unique ? Quel sens historique ? C'est à quoi nous allons essayer de répondre.

Annonce historique

Hier après-midi, la sélectionneuse brésilienne Pia Sundhage annonce sa liste de joueuses convoquées pour les prochains matchs internationaux. Lors de cette même conférence de presse, le président de la ligue de football brésilienne, Rogério Caboclo, profite de l'occasion pour annoncer plusieurs informations. Tout d'abord, il nomme Duda Luizelli et Aline Pellegrino aux postes de coordinatrices des compétitions et de l'équipe féminine brésilienne. Ensuite, il annonce l'égalité des primes entre les hommes et les femmes pour sa sélection. Cette décision fait suite à de nombreuses mains tendues à l'équipe notamment après la coupe du monde 2019 où les joueuses avait eu des primes records.

Les réactions

Premièrement, il y a ceux qui sont pour. La fédération anglaise a par exemple communiqué dans la journée pour signifier que cette égalité est déjà présente dans leur pays depuis le début de l'année 2020. Les ligues australiennes, norvégiennes et néo-zélandaises ont également comblé les écarts de salaires entre leur sélections. Au niveau des clubs, on a aussi vu des décisions fortes comme Jean-Michel Aulas qui a annoncé avoir donné la même prime pour les équipes masculines et féminines après leur parcours en ligue des Champions (victoire pour les femmes, demi-finale perdue 3-0 contre le Bayern Munich pour les hommes).

Et il y a celles qui sont contre comme la fédération des États-Unis. Menée par Megan Rapinoe, les joueuses de l'équipe des USA avaient demandés une égalité des primes entre les hommes et les femmes à leur retour victorieux de la Coupe du Monde 2019. Décision du tribunal : refus catégorique ! Décision qui passe mal car le football féminin est très développé aux USA contrairement aux équipes masculines qui peine à briller.

La française Eugénie Le Sommer avait également émis des réserves sur cette demande. Pour elle, il est trop tôt pour demander une égalité salariale tant les sphères économiques sont différentes entre les deux sexes. Elle déclare sur RMC Sport “Avant de parler d'égalité des salaires, commençons par faire en sorte que notre championnat soit entièrement professionnel. Ensuite, les salaires augmenteront naturellement. Il faut rester lucide, parler d'égalité est prématuré. Le foot masculin a des dizaines d'années derrière lui et son système économique est énorme par rapport au nôtre.”.

Une décision dans le sens de l'histoire

Avec des événements de plus en plus mis en avant par les médias comme la Coupe du Monde organisé en France en 2019, le football féminin connait un véritable essor. Cet élan devrait permettre de voir un afflux de décisions en faveur des féminines. Cette envolée médiatique se confirme dans les chiffres avec des droits TV qui ont été multipliés par douze entre les deux derniers Mondiaux.

En outre, la Fédération Française de Football se réjouit de l'engouement. Le nombre de pratiquantes, de licenciées et de clubs a explosé ! Les clubs se développent de plus en plus rapidement avec une professionnalisation des joueuses et des infrastructures appropriés. L'Olympique Lyonnais et maintenant le Paris SG qui mènent la danse au niveau européen permettent d'avoir un gros coup de projecteur sur le reste du championnat ce qui aide logiquement à son développement.

La médiatisation exponentielle du football féminin depuis plusieurs années permet aux clubs et aux sélections d'avoir une marge de manœuvre financière plus importante. La décision de la Ligue de Football Brésilienne va clairement dans ce sens et parait en adéquation avec les temps que nous vivons.