L’analyse tactique de OM – ASSE

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Crédits photo : AFP
Ligue 1

Maudite depuis plus de 40 ans au Vélodrome en Ligue 1, l’ASSE a battu l’OM 2-0 lors du match en retard de la 1ère journée. Analyse tactique d’une solide victoire stéphanoise.

 

Saint-Étienne continue sur sa lancée. Après deux victoires face à Lorient puis Strasbourg, les Verts se sont à nouveau imposés 2-0. Pour forger ce troisième succès consécutif, Claude Puel dispose ses hommes dans un schéma proche du 4-2-4 au coup d’envoi, Denis Bouanga et Adil Aouchiche étant un cran plus haut qu’Yvan Neyou et Mahdi Camara. Titulaire et capitaine, Mathieu Debuchy cède rapidement sa place à Aimen Moueffek.

 

André Villas-Boas aligne quant à lui son classique 4-3-3. Comme lors de la victoire à Paris, Maxime Lopez est à la pointe de l’attaque. Leandro Balerdi occupe toutefois le couloir gauche de la défense marseillaise.

 

Un système vert flexible

L’animation du schéma stéphanois laisse rapidement entrevoir des variations en possession du ballon. Saint-Étienne évolue avec trois joueurs à la relance, notamment en début de match, Mahdi Camara ou Yvan Neyou quittant le double pivot pour venir s’insérer aux côtés des deux défenseurs centraux.

 

Cela permet aux latéraux d’évoluer plus haut, et notamment à Yvann Maçon (cercle blanc) d’animer le couloir gauche. Son association efficace avec Adil Aouchiche (cercle rouge), qui apprécie rentrer avec le ballon de l’aile vers le demi-espace, est à l’origine du premier but.

 

De l’autre côté du terrain, Denis Bouanga (cercle blanc) et Romain Hamouma (cercle rouge) échangent régulièrement de position. Cela permet à l’ancien Nîmois de faire valoir ses qualités techniques dans le demi-espace, tandis que son coéquipier réalise des appels de l’axe du terrain vers l’aile pour utiliser ses qualités de débordement.

 

Sans le ballon, Denis Bouanga retrouve toutefois l’aile droite. Polyvalent et disposant d’un gros volume de jeu, il apporte du soutien à Aimen Moueffek et l’ASSE forme alors un véritable 4-4-2 à plat.

 

Marseille, des faiblesses évidentes…

Son rôle est d’ailleurs l’une des clés de l’animation offensive stéphanoise. Lorsqu’il n’hérite pas du ballon dans le demi-espace lors des phases de possession, Denis Bouanga (cercle blanc) est régulièrement cherché en profondeur.

 

Cela permet à Saint-Étienne d’exploiter l’une des principales failles marseillaises : le couloir occupé par Leandro Balerdi (cercle bleu). Droitier et défenseur central de formation, l’Argentin n’est pas habitué à occuper ce poste et exprime des difficultés à défendre sur son pied faible lorsqu’il se positionne entre le ballon et son but. Les Verts ciblent ainsi rapidement cette zone du terrain.

 

Tant et si bien qu’André Villas-Boas replace Hiroki Sakai (cercle noir) dans le couloir gauche après moins d’une demi-heure de jeu, Leandro Balerdi (cercle bleu) basculant sur le côté droit.

 

En phase défensive, Marseille présente une volonté de supériorité numérique dans des espaces restreints. En témoigne le placement rapproché de Morgan Sanson (cercle noir) et Valentin Rongier (cercle bleu) afin de limiter les circuits de passes courts. Mais cette initiative offre des zones libres si Saint-Étienne parvient à sortir de ces petits périmètres.

 

Plus haut sur le terrain, l’absence d’un attaquant de pointe de métier est préjudiciable pour l’OM. Outre une éventuelle solution pour du jeu long, les Phocéens manquent d’un point de fixation à l’aise dos au but pour négocier les phases de transition. Florian Thauvin (cercle bleu) présente ainsi des difficultés à s’orienter et à faire le bon choix depuis une position axiale. Avec un surnombre et deux solutions de passe, le champion du monde perd ici un précieux ballon.

 

L’absence d’une référence positionnelle à la pointe de l’attaque brouille également les mouvements sans ballon. Ici, Dimitri Payet et Valentin Rongier réalisent le même appel alors que Maxime Lopez décroche pour prendre le ballon, symbole d’un manque de repères.

 

Malgré son dynamisme, Maxime Lopez manque parfois de justesse dans son positionnement. Alors qu’un espace se présente entre les lignes sur cette séquence, il ne l’exploite pas et reste statique à la pointe de l’attaque.

 

Dans la zone de vérité, le joueur formé à l’OM (cercle bleu) est également en difficulté. Sur ce centre de Dimitri Payet, son mouvement est trop tardif pour rejoindre le premier poteau et passer devant son vis-à-vis.

 

…mais une tentative de réaction

L’OM tente de remédier à ces problèmes avec les entrées de Bouna Sarr et Marley Aké, quittant ainsi le 4-3-3 pour un 4-2-3-1.

 

Ce dispositif vise les décalages entre les lignes, avec des mouvements de Morgan Sanson entre la défense et le milieu de terrain de Saint-Étienne. Sur le côté gauche, Hiroki Sakai (cercle bleu) propose régulièrement une solution dans le demi-espace, laissant Dimitri Payet (cercle noir) sur l’aile.

 

La présence d’un attaquant fixe, au contraire d’un Maxime Lopez très mobile, permet au Réunionnais (cercle bleu) ainsi qu’à Florian Thauvin (cercle noir) de rester sur les côtés et de recevoir le ballon face au jeu en réalisant des mouvements de l’extérieur vers l’intérieur. Cette offensive aboutit à une frappe de Marley Aké sur la barre transversale, l’une des plus grosses occasions marseillaises dans cette rencontre.

 

Face à ce renouveau phocéen, Saint-Étienne propose un bloc en 5-4-1 et cherche à exploiter les espaces laissés dans le dos de l’OM par du jeu de transition rapide. C’est ainsi qu’Arnaud Nordin, laissé seul à la retombée des dégagements, est à l’origine du second but.

 

Appliqués et affichant de réelles idées de jeu, les Stéphanois consolident leur statut de sérieux prétendant à l’Europe. L’OM devra pour sa part rebondir dès la semaine prochaine face à Lille.

 

Crédits images de jeu : ASSE.tv

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