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Ligue des Champions : balayer la remontada de 2017 pour le PSG

Mercredi 10 mars, le Paris-Saint-Germain recevra le FC Barcelone en 8e de finale retour de la Ligue des Champions au Parc des Princes. Finaliste la saison passée, la capitale aura à cœur d’oublier ses vieux démons de la remontada en 2017.  

 

C’était il y a tout juste trois semaines. Trois semaines que les Parisiens ont vécu une soirée unique et inoubliable. Trois semaines que Kylian Mbappé s’est enfin révélé dans la saison pour envoyer un triplé dans la cage de Marc-André ter Stegen. Trois semaines qu’on a oublié l’espace d’un petit instant les rencontres médiocres produites sous l’ère Thomas Tuchel. Ce dernier proposait un fond de jeu approximatif, une tactique incohérente et où les simples exploits de l’équipe reposaient sur la star de l’attaque : Neymar.

 

L’arrivée de Pochettino a tout changé

À son arrivée au Camp des Loges le 2 janvier, l’entraîneur argentin a reconstruit petit à petit un château de carte décimé. Il a mis en avant sa diplomatie pour faire passer ses idées. Il n’est pas impulsif comme Jürgen Klopp ou José Mourinho sur son banc de touche. Quand il parle calmement, tout le monde l’écoute. Le capitaine, Marquinhos, l’a approuvé dans son entretien accordé à RTL le 5 mars 2021 : « Il se concentre sur les détails : monter la ligne, le positionnement. Il essaie toujours après le match de corriger ce qui peut l'être. C'est intéressant pour un défenseur. Il aime l'intensité et la concentration. Il est très ouvert et aime discuter avec les joueurs ». Remonter le positionnement des joueurs, ce qui a cruellement manqué au PSG lors de cette fameuse remontada. Avec Thiago Silva en défense centrale, les Parisiens ne faisaient que défendre bas. Le bloc remontait très peu de fois et subissait régulièrement la pression des équipes adverses. Son départ s’est fait ressentir et la paire Marquinhos-Kimpembe, sous les ordres de Mauricio Pochettino, gère à la perfection le pressing à la perte du ballon. Ils impulsent une dynamique forçant même les attaquants à défendre comme Neymar, Kylian Mbappé ou encore, Ángel Di María. Là où on avait critiqué ces trois stars pour leur manque d’implication dans les tâches défensives, avec Mauricio Pochettino, le son de cloche n’est plus du tout le même.

 

Keylor Navas, la muraille infranchissable

Dans les cages, le Costaricain a été la bonne pioche du mercato parisien. Classé indésirable pour son ancien président Florentino Pérez au Real Madrid, le gardien aux trois Ligues des champions a tout de suite relevé le défi des dirigeants qataris. Titulaire indiscutable en championnat et en Coupe d’Europe, dans les buts, il assure depuis son arrivée avec dix-sept clean sheats cette saison. Au fil du temps, il a réussi à installer une sérénité que Paris avait du mal à tenir lors de ses temps faibles. Au micro de Téléfoot le 30 janvier, il n’a pas caché son enthousiasme : « On est ambitieux et on veut gagner des titres, c’est la plus belle chose dans le foot. » Une ambition qu’il a envie d’accomplir en remportant une éventuelle 4e Ligue des champions dans sa carrière et en éliminant au passage un ancien rival lors des classico espagnols.

 

Marquinhos, le leader d'une défense parfois apathique

Juste devant lui, son capitaine : Marquinhos n’hésite plus à recadrer ses coéquipiers. Il passe son temps à crier, encourager. Devant la télé, on le voit en mouvement avec ses bras pour faire remonter le bloc ou repositionner un partenaire qui manquerait à sa tâche. Son replacement à son vrai poste a enfin remis de l’ordre derrière car on avait oublié que Thomas Tuchel voyait en ce joueur une carrière de milieu de terrain. Traumatisé par la remontada de Barcelone en 2017, le natif de São Paulo veut apprendre de ses erreurs du passé comme il l'explique lors de son intervention sur RTL : « Il y a des cicatrices qui restent, c'est une leçon que l'on garde de la vie. À nous d'apprendre de nos erreurs, d'être intelligents. Ce n'est pas qu'on ne voulait pas se battre, ne pas gagner. Parfois, ça ne passe pas, ce n'est pas notre jour, c'est le foot. » Malgré une finale de Ligue des champions accomplie, il espère bannir définitivement le mauvais souvenir d’il y a quatre ans à travers ce match retour.

 

Marco Verratti, toujours important dans la relance

Lui aussi a fait partie de cette défaite historique. Le petit Italien de 1m65, Marco Verratti, a mis du temps à effacer ce souvenir douloureux de sa mémoire dans son interview de 2018 relayée sur le journal 10 Sport : « Il faut dire qu'avec un arbitre “normal”, on aurait aussi perdu le match, mais pas comme ça. On aurait perdu 3-1, 4-2, voire 5-2. Mais pas 6-1 ! Un arbitre ne peut pas aller dans le sens de l'équipe qui semble prendre l'ascendant. Non, il doit toujours respecter les règles. » Souvent absent dans les rendez-vous qui comptent pour cause de blessure, Marco Verratti reste toujours un élément majeur. Arrivant à se sortir d’un pressing de 2-3 joueurs pour relancer des ballons proprement et tranquillement dans les pieds de Neymar, sans lui le Paris Saint-Germain a du mal construire au milieu. Son absence oblige régulièrement son coéquipier brésilien à redescendre très bas voire trop bas pour remonter les ballons. Très utilisé à la construction ou à la récupération, le petit hibou reste sous le coup d’une suspension pour le quart de finale aller. Il devra garder sa patience et son calme pour ne pas encore rater des rendez-vous. Son club a besoin de toutes ses armes pour produire un match très réussi.

 

L’absence de Neymar pèsera encore une fois

Absente au match aller comme au retour, la star brésilienne devra regarder une nouvelle rencontre de Ligue des champions depuis sa maison. Chaque année, les matchs se suivent et on se rend compte que Neymar est toujours indispensable sur tous les fronts du jeu : dans la provocation, l’intelligence des transmissions ainsi que dans les transitions défense-attaque. Souvent critiqué pour son arrogance balle au pied, certains oublieraient que c’est une très grande qualité. Il agace, provoque des fautes et obtient très souvent ce qu’il cherche : le carton jaune ou rouge pour son adversaire. Et puis, son sang brésilien fait rêver. Lorsqu’on est devant notre écran, les sombreros et les roulettes n’échappent aux yeux des fanatiques passionné par ce sport. En 2017, il était dans l’autre camp en Catalogne. Mercredi soir, il ne foulera pas la pelouse du Parc des Princes. Ce match aurait sans doute refermé et enterré définitivement son livre barcelonais.

 

Ces quatre facteurs seront sûrement décisifs pour la rencontre de mercredi. Certains voudront oublier un vieux cauchemar, d’autres continuer à écrire leur histoire. Paris est prêt pour rayer cette étiquette de « la remontada » qui lui colle à la peau depuis maintenant quatre longues années.

 

Crédits image à la une : 10sport.

 

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