Dans ce match décisif pour l’accession en huitièmes de finale de Ligue des Champions, l’Atlético Madrid et le RB Salzburg se sont lancés dans une lutte acharnée. L’équipe de Diego Simeone, habituée de ce genre de situation couperet, a fait la différence par son expérience, l'emportant 2 à 0. Le Red Bull Salzburg n’a pas démérité, mais devra se contenter de la Ligue Europa. Élimination cruelle pour le club entrainé par l'Américain Marsch, qui a proposé un jeu séduisant tout au long de la partie. Le Bayern Münich termine quant à lui premier du groupe A.

Salzburg méritait mieux

Déjà malchanceux à l'aller, défaits 3-2 après avoir mené au score, Salzburg pourra une nouvelle fois nourrir des regrets. Les Autrichiens auront poussé tout le match sur les cages de Jan Oblak, sans faire de différence. Comme souvent, l'Atlético a su défendre avec une extrême rigueur, n'encaissant de surcroît pas le moindre but. Ce style de jeu si fidèle à Diego Siemone aura une nouvelle fois fonctionné, assurant la qualification à son équipe. Par deux fois pourtant, les locaux ont trouvé les montants. Berisha, très actif en début de match, voyait son tir échouer sur le montant droit du slovène dès la 2e minute. À la 77e, c'est cette fois Mwepu qui ne pouvait convertir son occasion. Oblak n'aura pas été étranger à ce résultat, multipliant les bonnes sorties, les lectures de balle parfaites, les arrêts réflexes. Comme souvent, ses adversaires sont tombés sur un mur.

De l'autre côté du terrain, Stankovic a lui aussi été mis à contribution. Nombreuses sont les attaques à s'être heurtées au portier autrichien. Llorente, Félix, Koke, Saul ou encore Suarez n'ont pu franchir le dernier rempart. Ces deux derniers, sortis à l'heure de jeu, n'ont d'ailleurs pas caché leur frustration. Longtemps, il a permis à son équipe de rester dans le coup, même après le premier but encaissé. Devant, cela n'a pas suivi. Des occasions, les hommes de Marsch en ont eu, beaucoup. 18 tirs, seulement 2 cadrés, le problème est bien là. Pas assez réalistes, les Autrichiens ont reçu une leçon de réalisme de l'équipe la plus réaliste d'Europe. En face, l'Atlético tirait 6 fois, pour 4 tirs cadrés et 2 buts.

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Szoboszlai, malheureux vaincu

Le Hongrois, que toute l'Europe s'arrache déjà, aura vécu un match compliqué. Pourtant très inspiré, il a souvent pêché dans le dernier geste. Auteur de passes splendides, cassant les lignes, très remuant sur son côté gauche, il a peut-être manqué de lucidité en seconde période. Son face à face manqué à la 49e minute en est l'illustration parfaite. Pourtant, tout comme son équipe, il s'est créé de nombreuses occasions. Avec Daka puis Okafor et Koita, il aura eu tout le loisir de permuter en attaque. Berisha, actif en première mi-temps, s'est lui peu à peu éteint. Le Hongrois aura en tout cas été à l'origine des actions les plus chaudes de son équipe, sans jamais la pousser au fond. Pas de doute, Szoboszlai sera à nouveau en Ligue des Champions l'année prochaine. Mais avec quelle équipe ?

 

L'Atlético au forceps

Longtemps, l'équipe de Diego Simeone a courbé l'échine. Pas fâché avec l'idée de laisser le ballon à l'adversaire, tout en l'utilisant à bon escient lorsqu'il est en sa faveur, la tactique mise en place par El Cholo aura une nouvelle fois bien marché. Avec une défense composée de Felipe et Savic en charnière centrale, l'Atlético a pourtant eu des sueurs froides. Trippier, bien plus actif en début de match que son compère Hermoso, a souffert de la comparaison avec ce dernier par la suite. Discret en première mi-temps, son match a basculé à la 39e minute. Sur une faute anodine de Junuzovic, Carrasco (voir par ailleurs) déposait un ballon sur la tête du défenseur espagnol, libre du marquage de Berisha. Avec seulement 2 tirs dont 1 cadré en première mi-temps, les Colchoneros viraient en tête juste avant le retour aux vestiaires.

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En seconde mi-temps, concentrés sur leurs tâches défensives, bien plus que portés sur l'attaque (au grand dam de Suarez et Félix), les Madrilènes ont su gérer leur avance, contenant les assauts répétés des Autrichiens. Au final, l'Atlético s'impose 2 buts à rien et file en huitièmes de finale de Ligue des Champions. Manque d'ambition, manque de réalisme, manque de chance aussi pour le RB Salzburg, qui devra se contenter de la Ligue Europa, contrairement à leur homologue de Leipzig. Dans le même temps, le Bayern s'est imposé contre le Lokomotiv, qui en cas de victoire aurait privé Salzburg d'un quelconque parcours européen en 2021.

 

Carrasco, étoile filante

De tous les joueurs de l'Atlético en lumière ce soir, c'était bien lui le plus brillant. Passeur décisif sur le but d'Hermoso en première mi-temps, il s'est mué en buteur en seconde période. Après un beau travail de Trippier côté droit, Correa centrait pour Carrasco, qui reprenait d'une belle volée la passe de son coéquipier. À 2-0 à la 86e, le match était définitivement plié. À force d'attaquer, Salzburg s'est évidemment découvert, laissant libre cours à l'homme du match de planter. Auparavant, il a toujours été actif sur son flan gauche, multipliant les bonnes passes et les bons débordements. Bien aidé par un Koke en jambes, il a su tirer pleinement parti de ce match pour flamber. Il compense les prestations plutôt neutres voire passables de ses deux attaquants.

 

Match haletant et qui aurait pu désigner vainqueur un camp comme l'autre. Salzburg, comme à l'aller, aura finalement manqué de réalisme et d'un brin de chance. Défaits au Wanda Metropolitano 3-2, le scénario s'est quelque peu répété à domicile, de manière encore plus cruelle. Les hommes de Marsch peuvent toutefois être fiers de leur parcours, dans un groupe A vraiment pas évident. Le chemin en Ligue Europa sera long, mais les Autrichiens peuvent se donner les moyens d'aller loin. Pour l'Atlético, un gros poisson les attend sûrement en huitièmes de finale.

Crédits photo Une : Getty Images