Quarterbacks, chutes et surprises, voici ce qu’il faut retenir de la soirée du premier tour lors de la NFL Draft 2021.

Un trio de quarterbacks sur le podium

On s’y attendait et il n’y a pas vraiment eu de surprises dans le top 3 de la draft de cette année, composé exclusivement de quarterbacks. Trevor Lawrence, Zach Wilson et Trey Lance, voici donc le tiercé gagnant de la cuvée 2021, qui prennent respectivement la direction de Jacksonville, New York et San Francisco. S’il n’y avait presque aucun doute quant à la sélection des deux premiers, Lance a lui obtenu les faveurs des 49ers qui hésitaient avec Mac Jones, annoncé avec insistance dans la Baie jusqu’au dernier moment.

Les receveurs ont toujours la cote

Si les quarterbacks ont trusté les premières places, les cibles ont rapidement suivi avec trois receveurs/tight ends pour compléter le top 6. Véritable phénomène, Kyle Pitts a ainsi été choisi par Atlanta en quatrième position, faisant de lui le tight end drafté le plus haut depuis Vernon Davis (choisi en sixième position en 2006) et tout simplement le premier joueur de l’histoire à se glisser dans le top 4 sur cette position.

Derrière, Ja’Marr Chase et Jaylen Waddle ont respectivement atterri à Cincinnati et Miami. Hasard du destin ou réunion forcée, ils retrouveront chacun le quarterback avec lequel ils évoluaient en NCAA l’an dernier : Joe Burrow (LSU) pour le premier, Tua Tagovailoa (Alabama) pour le second.

Avec six skills players aux six premières positions, la Draft 2021 est devenue la deuxième cérémonie depuis 1967 (avec celle de 1999) à prendre un tel départ. À noter que trois autres receveurs ont été choisi au premier tour (Devonta Smith en n°10 par les Eagles, Kadarius Toney en n°20 par les Giants et Rashod Bateman en n°27 par les Ravens), égalant ainsi le score de l’an dernier et prouvant que cette position est toujours aussi valuable.

Justin Fields, sauveur de Matt Nagy

Si le top 10 a été relativement calme en terme d’échange, les choses se sont activées dès la sortie de ces dix premières places. Si Philadelphie est monté de deux rangs pour clôturer ledit top 10 (grâce à un étonnant échange avec Dallas, pourtant rival de division historique), on retiendra surtout le trade up des Bears en onzième position pour jeter leur dévolu sur Justin Fields. Longtemps considéré comme le deuxième meilleur quarterback de la draft, le prospect d’Ohio State tombe donc finalement dans l’escarcelle de Matt Nagy qui tentera de sauver sa peau avec ce jeune lanceur talentueux.

Mac Jones a bel et bien chuté

Longtemps espéré en troisième position à San Francisco, Mac Jones n’a pas vécu l’heureuse soirée à laquelle on le destinait. Présent dans le green room, il a dû attendre le quinzième choix pour entendre Roger Goodell prononcer son nom et faire son entrée sur le podium. Si l’ancien quarterback d’Alabama peut enrager d’être descendu de douze places par rapport aux attentes, il ne peut que se réjouir d’atterrir chez les Patriots où les comparaisons fusent déjà avec un certain Tom Brady. À noter que Jones est le premier QB sélectionné au premier tour de l’ère Bill Belichick et qu’il aura donc une certaine pression sur les épaules lorsqu’il récupérera le poste de Cam Newton, pour l’instant toujours présenté comme le titulaire pour 2021.

La défense joue les retardataires

Annoncée comme une cuvée plutôt offensive par les observateurs, le cru 2021 n’a pas livré de surprises de ce côté là. Cinq quarterbacks, trois receveurs, un tight-end et trois joueurs de ligne offensive, la première moitié du premier tour a été prise d’assaut par les joueurs des escouades offensives. Si Jaycee Horn (Panthers) et Patrick Surtain Jr. (Broncos) se sont invités dans le top 10 et que le duo Micah Parsons (Cowboys)/Zaven Collins (Cardinals) a basculé in extremis dans le top 16, force est de constater que les défenseurs ont plutôt été appelés en fin de soirée.

Neuf défenseurs sur les seize derniers choix (dont six edge rushers ou defensive ends) mais aucun joueur de ligne défensive intérieure ou de safety, il faudra sûrement attendre cette nuit pour voir les franchises NFL s’occuper des postes à besoin du côté défensif. Ce manque de défenseurs est toutefois à nuancer, car le nombre de sélectionnés au premier tour est presque équivalent à l’an dernier (13 en 2021, 14 en 2020) même si cinq avaient été choisis dans le top 10. Presque autant donc, mais plus tard.

Alabama, fournisseur officiel de la NFL

Ce n’est un secret pour personne, Alabama est l’un des principaux pourvoyeurs de talent pour le monde professionnel et cela s’est encore vérifié cette année. En effet, six joueurs du Crimson Tide (Waddle, Surtain Jr., Smith, Jones, Leatherwood, Harris) ont été sélectionnés au premier tour, égalant un record précédemment détenu par l’Université de Miami. Encore une preuve, s’il en fallait d’autres, que Nick Saban sait comment faire pour envoyer ses joueurs en NFL.

La draft est imprévisible

Si quelques choix sont indiscutables, la situation de certains joueurs pose toujours question à l’issue du premier tour. Chutes étonnantes et joueurs qui se sont invités au premier tour à la surprise générale, 2021 n’a pas échappé à la logique. Parmi les joueurs ayant glissé bien plus bas que là où ils étaient attendus, le plus surprenant reste Christian Darrisaw. Considéré comme le troisième meilleur tackle de cette cuvée – derrière Penei Sewell et Rashawn Slater – il a dû attendre le vingt-troisième choix et un appel des Vikings pour trouver son point de chute. Situation d’autant plus surprenante qu’Alex Leatherwood, attendu hors du premier tour, s’est invité en dix-septième position en atterrissant chez les Raiders. Étonnant mais dans le style du GM Mike Mayock depuis son arrivée à Las Vegas, avec une réflexion semblable à celle menée l’an dernier lors du choix de Damon Arnette.

Même son de cloche en fin de premier tour avec des choix risquées des Saints et des Packers. Alors que Jeremiah Owusu-Koramoah (LB, Notre Dame) ou encore Azeez Ojulari (Edge, Georgia) n’en finissaient plus de chuter, La Nouvelle-Orléans a parié sur l’intriguant defensive end Payton Turner, tandis que Green Bay a misé sur Erik Stokes au poste de cornerback ; un joli pied de nez à Aaron Rodgers, en froid avec la franchise et qui aurait sûrement préféré un choix offensif. S’il est trop tôt pour parler de mauvais choix, le terme reach peut en revanche sembler assez approprié.

Outre cela, la logique des Big Boards a encore été déjouée. Jaycee Horn (Panthers) choisi juste avant Patrick Surtain Jr. (Broncos), Jamin Davis (Football Team) au premier tour et pas Jeremiah Owusu-Koramoah, Jayson Oweh (Ravens) et Joe Tryon (Buccaneers) en fin de premier tour ou encore Kadarius Toney (Giants) dans le top 20, rien n’était écrit à l’avance. Si certaines prévisions semblent plus que certaines avant l’évènement, la réalité de la cérémonie est souvent toute autre.

Rendez-vous cette nuit à partir de 1h00 du matin pour la suite de la NFL Draft 2021, avec les deuxième puis troisième tours qui seront au programme.

Crédit image en une : Crimson Tide Photos / UA Athletics