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NFL : Tyreek Hill et Davante Adams, symboles de l’explosion du marché des receveurs

Tyreek Hill Davante Adams

Récemment échangés et prolongés à prix d’or, Tyreek Hill et Davante Adams sont le symbole d’une position de plus en plus importante en NFL. À l’heure d’une ligue toujours plus tournée vers la passe, zoom sur les échanges de ces deux joueurs, étendards d’un poste toujours plus prisé.

Si le marché des receveurs est un marché très important depuis maintenant plusieurs années, les compensations offertes pour Davante Adams et Tyreek Hill suivis des contrats qui leur ont été offerts marquent parfaitement le virage pris par la ligue ces dernières années. Le jeu a évolué, la position a pris de l’importance et ses stars prétendent désormais à des contrats avoisinant les sommes touchées par des quarterbacks.

Adams, envies d’ailleurs

Joueur le plus attendu parmi ceux en fin de contrat, Davante Adams a été celui qui a dynamité le marché. Référence sur sa position, peut-être le meilleur sur l’exercice écoulé (123 réceptions, 1553 yards, 11 TD), il pouvait prétendre à un contrat record. Tagué par les Packers, par peur de le perdre, ces derniers étaient prêts à lui offrir ce contrat, mais Adams avait tout simplement envie d’ailleurs. Voulant quitter le Wisconsin, il fut finalement envoyé à Las Vegas pour retrouver son ancien coéquipier à Fresno State en NCAA, donnant une nouvelle dimension à cette attaque.

Ce qui marque dans cet échange, outre le tournant qu’Adams fait prendre à l’escouade offensive des Raiders, c’est surtout les à-côtés, à savoir les compensations et le contrat donné au joueur. Pour s’offrir ses services, Las Vegas a envoyé son premier et son deuxième tour de la Draft 2022 : un capital lourd, mais similaire à ce que les Seahawks avaient, par exemple, donné aux Jets pour s’offrir Jamal Adams. Pour un joueur de ce calibre, la compensation est loin d’être mirobolante, mais reste importante au regard de la situation du joueur.

Pour le contrat, en revanche, c’est du jamais vu. Afin de sécuriser l’avenir du joueur dans le Nevada, la franchise lui a offert un contrat de cinq ans et 141,25 millions de dollars. Un contrat qui faisait donc de lui – au moment de l’échange – le receveur le mieux payé de la ligue avec une moyenne hallucinante de 28,25 millions de dollars par an. En comparaison, seul Deandre Hopkins et ses 27,25 millions de dollars par an s’approchent de cette moyenne, très loin devant Keenan Allen et ses 20 millions de dollars annuels. De cas isolé, Hopkins trouvait un compagnon, rentrant presque dans la norme.

Hill, les sous avant tout

Si Davante Adams a dynamité le marché, c’est principalement à cause de ce nouveau contrat signé avec Las Vegas. Touchant une somme record sur la position, il a, bien évidemment, influencé tous ses collègues en quête, comme lui, d’un nouveau contrat. À commencer par Tyreek Hill.

Pièce maîtresse de l’attaque de Kansas City et go-to-guy de Patrick Mahomes, celui que l’on surnomme Cheetah a vu une porte s’entrouvrir, et n’a pas hésité pour s’y engouffrer. Désireux d’obtenir un chèque similaire, il fut contraint par les Chiefs de chercher une nouvelle franchise, et son salut vint de Miami qui n’hésita pas à lâcher plusieurs assets pour s’offrir ses services. En effet, pour convaincre K.C. de laisser filer son joyau, les Dolphins ont payé le prix fort, à savoir cinq tours de draft dont un premier et un second de 2022. Plus que pour Davante Adams donc, à l’image de la prolongation qu’il parapha dans la foulée.

En effet, si l’ancienne cible préférée d’Aaron Rodgers a eu droit à plus de 28 millions de dollars par an, Tyreek Hill émargera pour sa part à 30 millions la saison, grâce à un contrat de 120 millions de dollars sur quatre ans. En comparaison, sur l’intersaison 2022, seul les nouveaux contrats de Deshaun Watson, Matthew Stafford et Aaron Rodgers sont plus importantes, tandis que Von Miller gagnera autant mais sur six saisons. Du jamais vu donc, et une nouvelle attestation que le poste de receveur gagne en valeur au fil des années.

L’explosion d’un marché

Cas pour l’instant semi-isolés, Davante Adams et Tyreek Hill ont tout pour être ceux qui ouvrent une voie déjà partiellement tracée par Deandre Hopkins. Avec l’importance du poste qui grandit, des attaques toujours plus tournées vers la passe et un salary cap à nouveau à la hausse, payer un receveur sera, dans les années à venir, sûrement presque aussi onéreux que de payer un quarterback titulaire.

La passe à outrance

Pour expliquer la montée des prix chez les receveurs, il suffit de regarder l’importance croissante du jeu aérien dans le football américain moderne. Depuis 2010, la moyenne de yards à la passe par match par équipe est toujours supérieure à 220 yards/match, un total qui n’avait jamais été atteint auparavant. Plus frappant encore, depuis 2013 seule deux années (2017 et 2021) possèdent une moyenne inférieure à 235 yards/match. Si cela peut s’expliquer par l’augmentation du nombre de passes tentées et, encore plus, par celui de passes complétées, cela témoigne assurément d’une importance grandissante de ce secteur de jeu.

Ainsi, l’importance – déjà primordiale – du poste de quarterback a augmenté, tout comme celle du poste de receveur. Pièce maîtresse de l’attaque, le quarterback reste le joueur le plus valuable et, par conséquent, souvent l’homme le mieux payé d’une franchise, mais les receveurs les talonnent désormais. Dans une NFL toujours plus tournée vers l’attaque, attraper le cuir est, actuellement, presque aussi important que de le lancer. À titre d’exemple, Larry Fitzgerald avait signé en 2011 une prolongation de huit ans à hauteur 120 millions de dollars, un record pour l’époque ; soit exactement ce que touchera Tyreek Hill en deux fois moins de saisons. Une donnée qui explique la flambée des salaires, tout comme la dévaluation d’autres positions qui profite également aux receveurs.

La dévaluation des coureurs, dommage collatéral

Si le salary cap augmente de manière progressive depuis plusieurs saisons, cela n’explique que partiellement l’augmentation des salaires chez les receveurs. En effet, gérer le budget d’une franchise consiste en grande partie à faire des choix en fonction des différentes positions, et payer un receveur plus cher implique forcément de donner moins d’argent à d’autres personnes. La position la plus touchée par une dévaluation est assurément celle de running back. Très important au siècle dernier, le jeu au sol ne cesse de perdre de l’importance au fil des saisons, comme en atteste la baisse du nombre de yards à la course par équipe et la désormais réticence à choisir un coureur au premier tour de la draft. Dans les salaires, cela se ressent également, car le gap entre receveurs et coureurs est désormais énorme.

Chez les running backs, seuls trois joueurs, Christian McCaffrey (Panthers), Alvin Kamara (Saints) et Ezekiel Elliott (Cowboys), émargent à plus de 15 millions de dollars par saison. En comparaison, ils sont dix-neuf chez les receveurs. Plus frappant encore, McCaffrey, qui touche environ 16 millions de dollars par an, ne serait pas dans le top 15 s’il était receveur. Autre preuve de la prise de valeur de la position : parmi les huit receveurs qui toucheront au moins 20 millions de dollars par saison à partir de 2022, six l’ont signé cette année. La valeur de ces joueurs est donc en pleine augmentation, et leur fer de lance, Tyreek Hill, jouxte dans des catégories jamais atteintes. En effet, le néo-Dolphin et ses 30 millions annuels sont au-dessus de T.J. Watt (28,5 M $/an), défenseur le mieux payé, et matchent avec le salaire de Matt Ryan, dixième quarterback le mieux payé. Saisissant pour une position qui n’en finit plus de gagner en importance.

Signataires des contrats les plus onéreux de l’histoire sur leur position, Davante Adams et Tyreek Hill symbolisent l’explosion du marché des receveurs, où chacun prend peu à peu sa part du gâteau. Dans une ligue de plus en plus tournée vers la passe, le cap des 30 millions de dollars annuels, passé par le joueur des Dolphins, ne semble être qu’une étape.

Crédit image en une : David Eulitt/Getty Images


Louis Rousseau

Les mots "Minnesota Miracle" et "No-Call" sont rayés de mon vocabulaire. Mon cœur pleure la retraite de Drew Brees et la solitude de RJ Barrett au Madison Square Garden.

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