Ce week-end marquait l’ouverture des playoffs NFL avec l’ensemble du Wild Card Round. Six matchs étalés sur deux jours avec plus de la moitié des vainqueurs de division qui ont déjà dit adieu à leurs espoirs de titre. Retour sur les rencontres qui composaient ce double tripleheader.

Conférence Américaine

Indianapolis Colts (#7) @ Buffalo Bills (#2) : 24-27

Ils se sont fait peur mais les Bills iront bien au Divisional Round. Derrière un excellent Josh Allen (26/35, 324 yds, 2 TD) et un Stefon Diggs (6 rec, 128 yds, 1 TD) encore une fois très précieux, Buffalo a respecté son statut de favori en résistant à des Colts accrocheurs. Pourtant, les hommes de Frank Reich furent directement gênants pour le deuxième de l’AFC. Après un field goal de Rodrigo Blankenship, Indianapolis installe son jeu au sol grâce à Jonathan Taylor (21 courses, 78 yds, 1 TD) et avance grâce à un jeu de passes dans les zones courtes et intermédiaires. À ce petit jeu là Philip Rivers (27/46, 309 yds, 2 TD) emmène les siens jusque devant la endzone et Jonathan Taylor y rentre sur une course plein centre.

Toutefois, malgré ces bonnes intentions, les Colts courent déjà après le score. Dès le premier quart-temps, Josh Allen se montre à son avantage et inscrit son premier touchdown du match à l’issue d’une improvisation vers Dawson Knox. Buffalo repassa ensuite derrière au tableau d’affichage et aurait pu être largement mené si Indianapolis avait converti une quatrième tentative aux portes de l’en-but, mais les choses seront tout autre. Avec encore quelques minutes à jouer avant la mi-temps et après ce risque non-payant pris par les Colts, Buffalo remonte tout le terrain grâce au bon travail de Gabriel Davis avant que Josh Allen ne conclut lui-même le drive. 14-10 Bills à la pause, mais l’écart va continuer d’augmenter. Au retour des vestiaires, Tyler Bass ajoute trois points au pied puis Stefon Diggs donne deux possessions d’avance aux locaux en début de quatrième quart-temps. Il reste une dizaine de minutes à jouer et Buffalo s’est mis à l’abri (10-24).

Pas en réussite sur un field goal qui frappe le poteau dans le troisième quart-temps, Indianapolis doit vite réagir. Cette réponse, elle va venir du jeu au sol. Grâce à Nyheim Hines et Jonathan Taylor, les Colts progressent bien et Zach Pascal inscrit à la réception le touchdown de l’espoir. Buffalo répond avec un field goal, mais Indianapolis est en mission et remonte très rapidement le terrain. Jack Doyle permet alors aux Colts de revenir à une possession et le match est totalement relancé (24-27). Buffalo doit tuer le match, mais bute sur une défense bien en place qui s’offre une balle d’égalisation en toute fin de rencontre. Malheureusement, Indianapolis manque cette occasion d’arracher la prolongation et s’incline au bout du suspens offrant aux Bills leur première victoire en playoffs depuis 1995.

Baltimore Ravens (#5) @ Tennessee Titans (#4) : 20-13

Après s’être inclinés en playoffs contre les Titans l’an passé, Baltimore a pris sa revanche face à cette même franchise au terme d’un match aboutie. Les Ravens ont totalement éteint Derrick Henry (18 courses, 40 yds) au sol, tandis que Lamar Jackson (17/24, 179 yds, 1 INT + 16 courses, 136 yds, 1 TD) a fait parler la poudre pour sa première victoire en postseason. Pourtant c’est bien Tennessee qui démarre le mieux sa rencontre. Grâce à un jeu de passe efficace, AJ Brown ouvre le compteur des siens après un drive où il a été omniprésent (0-7). Lamar Jackson a lui beaucoup plus de mal et envoie même une interception qui permet aux Titans de prendre dix points d’avance (0-10). Toutefois, le momentum va changer de camp. Prenant peu à peu son rythme, Jackson fait parler son bras pour placer les Ravens en position de field goal puis ses jambes sur une course exceptionnelle qui remet les deux équipes à égalité. 10-10, le score n’évoluera plus jusqu’à la pause.

Complètement bloqués en attaque depuis le field goal de Stephen Gostkowski, les Titans ne profitent pas de la mi-temps pour se remettre en ordre de bataille. Pire, ils vont voir les Ravens leur passer devant. Grâce à du jeu court et un bon travail au sol, les joueurs de John Harbaugh prennent la main sur une course de J.K Dobbins (17-10). Un avantage qu’ils ne lâcheront plus. Si Tennessee réagira finalement avec un coup de pied (17-13), les Titans ne sont définitivement plus dedans.

Sans jeu au sol, ils ne parviennent pas à capitaliser sur un raté au pied de Justin Tucker et restent à une possession derrière. Le kicker de Baltimore corrigera le tir quelques minutes plus tard (20-13) et le score n’évoluera pas. Marcus Peters parachèvera même ce succès avec une interception sur Ryan Tannehill en toute fin de rencontre, soignant cette magnifique prestation défensive. Baltimore était meilleur et les Titans ont montré leurs limites lorsque Derrick Henry n’arrive pas à peser sur le jeu au sol. Direction les Divisionals et les Bills pour Baltimore, direction les vacances pour les hommes de Mike Vrabel.

Cleveland Browns (#6) @ Pittsburgh Steelers (#3) : 48-37

Déjà vainqueurs contre les Steelers la semaine dernière, les Browns ont remis le couvert cette semaine en faisant tomber Pittsburgh pour leur retour en playoffs. Une victoire avec la manière qui permet à Cleveland de s’adjuger sa première victoire en postseason depuis 1994. Cette victoire s’est dessinée très tôt, avec un début de match tonitruant des hommes de Kevin Stefanski (absent, positif à la Covid-19). Dès le premier jeu du match, le snap passe au-dessus de Ben Roethlisberger (47/68, 501 yds, 4 TD, 4 INT) et la défense en profite pour recouvrir le ballon dans l’en-but. Le début d’un long calvaire pour les Steelers. Sur le drive suivant, Roethlisberger se fait intercepter et Jarvis Landry le punit quelques actions plus tard (14-0). Le calvaire continue jusqu’à la fin du premier quart-temps avec une nouvelle interception de Big Ben et deux touchdowns au sol de Kareem Hunt. 28-0 après quinze minutes de jeu, le suspens s’est déjà envolé.

Cleveland est largement devant, mais va (enfin) voir Pittsburgh se réveiller. Malgré une nouvelle interception lancée par Ben Roethlisberger, l’attaque retrouve de l’allant et va inscrire vingt-trois points entre le deuxième et le troisième quart-temps. Cleveland est à l’arrêt mais conserve toujours son avance grâce notamment à une passe de Baker Mayfield (21/34, 263 yds, 3 TD) vers Austin Hooper. Il reste un quart-temps à jouer et, au regard de l’inversion du momentum au retour des vestiaires, Pittsburgh peut encore croire à l’exploit (35-23).

Oui, sauf que les Browns vont se réveiller au meilleur des moments. Grâce à un gros travail de Nick Chubb après réception, Cleveland montre que le match ne leur filera pas entre les doigts. Néanmoins Pittsburgh y croit et se rapproche et répond avec un touchdown de Chase Claypool (29-42). Un motif d’espoir ? Pas pour longtemps car Ben Roethlisberger concède sa quatrième interception du jour quelques instants plus tard. Cody Parkey, déjà auteur d’un field goal quelques minutes plus tôt, met définitivement les siens à l’abri et Cleveland valide son succès. Le doublé de Chase Claypool sera anecdotique et Pittsburgh quitte les playoffs par la petite porte. Les Browns poursuivent ainsi leur saison de la rédemption, tandis que les Steelers ont peut-être vécu l’une de leurs dernières rencontres avec Ben Roethlisberger sous le centre.

Conférence Nationale

Los Angeles Rams (#6) @ Seattle Seahawks (#3) : 30-20

Si les défenses gagnent des championnats, Los Angeles va devoir être sérieusement considéré cette année. Outsiders dans cette rencontre, les Rams ont renversé leur rival de division du Washington en verrouillant totalement les offensives adverses. Pourtant, tout était loin d’être rose pour les visiteurs en début de rencontre. Avec leur backup John Wolford titulaire pour cette rencontre, les Rams vont démarrer par un punt avant de connaître un premier coup dur. Sur un plaquage de Jamal Adams, Wolford se blesse et doit laisser sa place à l’habituel titulaire Jared Goff 9/19, 155 yds, 1 INT). Un changement qui va toutefois permettre aux Rams de se lancer dans la rencontre en ouvrant leur compteur (3-0).

Dans un début de match où les attaques ont du mal à trouver leur rythme, c’est la défense des Rams qui va définitivement lancer la partie. Après un field goal de part et d’autre (6-3), Darious Williams lit parfaitement une passe de Russell Wilson (11/27, 174 yds, 2 TD, 1 INT) et transforme cette erreur en Pick-6. Frustré par cette faute et jusqu’ici gêné par les pressions d’Aaron Donald, Wilson réagit dans la foulée en envoyant une bombe vers D.K Metcalf qui se transforme en touchdown de 51 yds. Toutefois, ce sont bien les Rams qui sont le plus en rythme et Cam Akers (28 courses, 131 yds, 1 TD), étincelant dans ce match, redonne dix points d’avance à Los Angeles juste avant la pause (20-10). Seattle n’y arrive pas offensivement, et les choses ne vont pas s’arranger.

Au retour des vestiaires, les Seahawks sont toujours autant en difficulté. Malgré un retour de kickoff de 58 yds, l’attaque doit se contenter d’un field goal qui les ramène à une possession (20-13). Le rythme retombe alors subitement, et les deux franchises s’échangent alors plusieurs punts ; une séquence qui sera toutefois fatale à Aaron Donald qui devra quitter ses partenaires après une blessure aux côtes. Los Angeles rajoute trois points au début de la dernière reprise, puis les équipes spéciales vont définitivement mettre les Rams à l’abri. Sur un retour de punt, Seattle perd le contrôle du ballon et offre aux visiteurs une opportunité de tuer le match. Robert Woods trouve alors le chemin de la endzone et le match est plié. Le dernier touchdown de DK Metcalf est anecdotique, Seattle est éliminé des playoffs.

Tampa Bay Buccaneers (#5) @ Washington Football Team (#4) : 31-23

Grandissimes favoris face à la franchise la plus faible parmi celles qualifiées en playoffs, les Buccaneers n’ont pas tremblé. Une victoire méritée pour les coéquipiers de Tom Brady (22/40, 381 yds, 2 TD) malgré un étonnant Taylor Heinicke du côté de Washington (26/44, 306 yds, 1 TD, 1 INT + 1 TD au sol). Dès le début de la rencontre, Tampa Bay se montre à son avantage. Après un field goal de Ryan Succop, l’attaque creuse une première fois l’écart avec un touchdown dans les airs pour Antonio Brown (9-0). En face, la Football Team a du mal à se mettre en rythme, à l’image de son quarterback qui concède une interception, mais recolle grâce à une course de J.D McKissic (9-7). Un rapproché de courte durée car Chris Godwin puis Ryan Succop ajoutent des points pour se mettre à l’abri avant la pause (18-7).

Washington est mené, mais Washington n’a pas abdiqué. Grâce à un coup de pied de Dustin Hopkins et un Taylor Heinicke évasif qui finit par se jeter dans la endzone, la Football Team s’offre une nouvelle opportunité de rêver en revenant à deux points (18-16). Malheureusement pour eux, Tom Brady fera parler son expérience en distillant de bons ballons qui mettront Leonard Fournette en excellente position pour la course du break. Avec un field goal de Ryan Succop un peu plus tôt, Tampa Bay est définitivement à l’abri. Le premier touchdown à la passe de Taylor Heinicke en playoffs n’y changera rien, les Buccaneers se qualifient pour le tour suivant en arrachant leur première victoire en playoffs depuis le Super Bowl XXXVII en 2003. Washington était de son côté trop court, mais a peut-être trouvé un backup de qualité en la personne de Taylor Heinicke.

Chicago Bears (#7) @ New Orleans Saints (#2) : 9-21

Inoffensifs en attaque, les Bears n’ont pas fait le poids contre des Saints qui ont mis du temps avant de tuer le suspens. Dans une rencontre où les défenses ont largement dominé les attaques, aucune franchise n’arrive véritablement à trouver son rythme en première période. Si Drew Brees (28/39, 265 yds, 2 TD) débloque bien la situation e trouvant Michael Thomas, de retour de blessure, New Orleans est perturbé et reste à portée de fusil pour Chicago. La franchise de l’Illinois ne fait pas mieux offensivement mais place un field goal avant la pause pour revenir à moins d’un touchdown. 7-3 à la pause, rien n’est encore jouée avec trente minutes à jouer.

Au retour des vestiaires, les Saints appuient enfin sur l’accélérateur. Pas aidés par un field goal manqué et un fumble de Taysom Hill en première mi-temps, ils s’en remettent à leur jeu au sol pour débloquer la situation. Grâce à Latavius Murray puis Alvin Kamara, la franchise de Louisiane réussit à prendre une avance considérable qui les mettra sur le chemin de la victoire. En face les Bears n’y arrivent toujours pas en attaque et laissent les Saints filer vers un succès mérité. L’ancien idole du Mercedes-Benz Superdome Jimmy Graham réduira l’écart pour Chicago en toute fin de match, mais ces points ne seront qu’anecdotiques.

Qualification logique pour les Saints qui retrouveront les Buccaneers pour le troisième duel entre Drew Brees et Tom Brady cette saison. Un duel qui pourrait bien être le dernier de l’histoire, la rumeur d’une retraite du quarterback des Saints enflant au fur et à mesure des semaines. Pour Chicago les rêves s’arrêtent ici et il va rapidement falloir prendre une décision quant au futur de Mitchell Trubisky, relativement transparent dans cette rencontre.

Le NFL Wild Card Round terminé, il est déjà l’heure de se tourner vers les Divisionals. Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite des playoffs où les leaders de chaque conférence (Chiefs et Packers) feront leur entrée en lice.

Crédits Image en Une : Don Wright | AP