Ligue 1

OM, les prémices d’un échec

C'en est déjà terminé de l'aventure Européenne pour l'OM. Après sa défaite contre Tottenham hier au bout du temps additionnel, Marseille ne verra donc pas le printemps Européen. Que ce soit en Ligue des Champions, comme en Europa League. Qualifiés pour la C3 avec le point du nul, les Olympiens ont tout de même tenté le tout pour le tout, à tort ou à raison cela sera à eux d'en juger, pour arracher la victoire. Malheureusement, un ballon perdu par Guendouzi et exploité par Kane Et Hojberg a sonné le glas de leurs derniers espoirs. 

Si sur l'ensemble du match, les hommes d'Igor Tudor méritaient sans doute mieux, on sentait cette défaite arriver. Car en deuxième mi-temps, les locaux n'ont pas mis les ingrédients nécessaires pour consolider leur avance. Et surtout, parce que cela fait des semaines que les signaux sont au rouge, à tous les étages.

Une (très) mauvaise passe 

Car l'OM ne gagne plus, tout simplement. Quatre matchs de suite sans gagner en Ligue 1, des défaites à Paris, contre Lens et Ajaccio, un nul concédé à Strasbourg à l'ultime minute de jeu. Et le constat n'est guère plus reluisant en Ligue des Champions. Hormis la défaite d'hier, il y eut également celle à Francfort face à des Allemands pourtant loin d'être redoutables. Il faut donc remonter au double affrontement contre le Sporting (qui a en plus eut le loisir de se saborder tout seul à l'aller comme au retour) pour trouver trace d'un succès de l'OM. Bien trop peu au moment de disputer un match couperet en Ligue des Champions, face au 3ème de Premier League, rodé à ces joutes Européennes, et finaliste de la compétition en 2019.

Une maîtrise aléatoire 

Surtout, à l'heure de faire les comptes, Marseille n'a finalement pas fait tellement mieux que lors de la dernière campagne de LDC, il y a deux ans. Avec six points au compteur, ils n'en n'ont récolté que trois de plus. Pour finalement finir à la même place, c'est à dire la dernière. Comme lors des deux précédentes éditions auxquelles ils ont participé. Surtout, ces deux succès ont été bien aidés par le fait que le Sporting se soit lui-même tiré une, et même plusieurs, balles dans le pied. Jamais, au cours de cette campagne de Champion's League, on n'a senti l'OM maîtriser son sujet. Hormis peut-être la première mi-temps à Tottenham, lors de la première journée, où les Olympiens avaient fait forte impression. Les deux rencontres contre Francfort ont été affligeantes et indigne de rencontres Européennes, et hier, après avoir ouvert le score, Marseille n'a jamais semblé en mesure de continuer sur sa lancée.

En championnat, le constat est le même depuis un mois. Face à Lens par exemple, la domination outrageuse n'a pas été récompensée. Tudor a beau pester que son équipe méritait mieux (“Je vais de nouveau me répéter : aujourd'hui il n'y a qu'une seule équipe qui méritait de l'emporter : l'Olympique de Marseille. C'était fantastique, je suis si fier”), le résultat est là : l'OM s'est incliné dans une rencontre qu'il aurait dû gagner haut la main. Idem contre Ajaccio, pourtant au fond du trou et qui est venu s'imposer au Vélodrome.

Des carences à tous les étages 

Ce manque de maîtrise, les Phocéens le payent par manque de stabilité et de liant dans le jeu. Si le début de saison avait réussi en tout point à Tudor, on sent désormais que sa méthode et ses discours deviennent sans doute trop rébarbatif. Et la hype autour de certains commence à avoir ses limites. Les pistons par exemple, la grande forme de l'été sur la Cannebière, ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Jonathan Clauss montre ses lacunes offensivement, et Nuno Tavares, après un début de saison en fanfare, rentre dans le rang.

Défensivement aussi, l'OM est devenu bien trop fébrile, et la raison est vite trouvée : l'absence d'Éric Bailly. Le coup de poker tenté hier par le coach Croate n'a pas eu l'effet escompté et l'Ivoirien est sorti après moins de dix minutes de jeu. Ce système à trois derrière peut rapidement mettre l'OM en difficulté quand le bloc est haut. Kolasinac, Gigot et surtout Balerdi se retrouvent trop facilement en difficulté à la perte du ballon et leur relative lenteur fait que sans un grand Pau Lopez depuis quelques semaines, le constat aurait sans doute été encore plus alarmant.

En parlant de système, inutile de dire que certaines choses peuvent paraître étranges dans celui de Tudor. Si, en tant que coach, s'entêter dans un système de prédilection peut paraître normal, certains choix restent suspects. Le positionnement de Mattéo Guendouzi en premier lieu. L'international Français est bien meilleur lorsqu'il a le jeu face à lui et sa position de meneur de jeu sur le côté l'oblige à venir chercher les ballons bien plus bas pour se retrouver dans sa zone de prédilection. Alexis Sanchez est bien trop esseulé à la pointe de l'attaque Marseillaise, et ce, depuis des semaines maintenant. Lui aussi a besoin de beaucoup toucher le ballon et n'hésite donc pas à décrocher, ce qui laisse dépeuplée la zone de finition. Luis Suarez n'a certes pas le rendement attendu mais pourquoi ne pas tenter de l'associer avec el Nino Maravilla? Le Colombien n'est jamais meilleur que lorsqu'il peut combiner avec un attaquant proche de lui, et c'est aussi le cas pour Sanchez, qui n'est pas un 9 de métier.

L'idée n'est pas de tout rejeter dans ce qu'a construit Tudor depuis le début de saison. Mais force est de constater que certains choix, questionnables, pourraient valoir une reconsidération. Car s'il est vrai que l'on ne change pas une équipe qui gagne, l'adage et bien différent quand cette dernière enchaîne les revers.

Des joueurs au bout du rouleau

Quand on dit que Tudor s'entête dans ses choix, c'est vrai à tous les étages. Et notamment au niveau des choix de ses hommes. Hormis le match contre Strasbourg où le technicien a procédé à une large revue d'effectif en vue du match décisif face aux Spurs, il ne change jamais rien depuis plus d'un mois maintenant. Son 11 de départ semble figé. Au grand dam des Payet, Gerson, Suarez et autres Gueye qui ont totalement disparu de la rotation. Mais ce choix à double tranchant n'a clairement pas eu l'effet escompté. La cassure est de plus en plus importante et certains, à l'image de Gerson, ne semblent même plus concernés. Idem pour Payet, capitaine du groupe et qui, bien qu'il ne fasse pas de vague contrairement au Brésilien, va finir par se déconnecter.

De plus, le fait d'utiliser tous les trois jours les mêmes joueurs, impose un rythme d'enfer aux titulaires. Jonathan Clauss semble complètement cramé et cela pourrait lui porter préjudice pour la Coupe du Monde. Alexis Sanchez, habitué aux bouts de matchs à l'Inter depuis deux ans, enchaîne 90 minutes deux à trois fois dans la semaine, et à bientôt 34, pas certains qu'il puisse tenir toute la saison. Idem pour Rongier, qui a force de colmater les brèches à droite à gauche, finit par être partout mais surtout nul part à la fois. Et pour la première fois hier, Guendouzi semble aussi avoir quelque peu avaler la trompette.

La méthode Tudor, faite sur un pressing de tous les instants, requière beaucoup d'efforts. Et l'enchaînement des matchs fait que la fatigue intervient beaucoup plus rapidement. S'il ne change pas sa méthode, le coach Olympien pourrait rapidement creuser le fossé encore plus important qu'il ne l'est à l'heure actuelle.

Crédit photo : Le Parisien


Valentin Martin

Le cœur meurtri par la fin de carrière de Rodgeur, je m'en remets aux stepback de The Beard. Rien de tel qu'un Vélodrome incandescent pour me faire chavirer de bonheur

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