Catch

On va pas se mentir #1 : l’ère Attitude

Le catch, c’est avant tout une affaire de goût.

Le catch, c’est avant tout une affaire de goût. On peut apprécier ou non un catcheur, apprécier ou non une storyline, apprécier ou non un PPV, tout est une affaire de subjectivité. Les préférences de chacun ne doivent pas être imposées aux autres et les émotions ressenties seront uniques. Néanmoins, certains catcheurs, certains moments ou certaines périodes peuvent parfois mettre tout le monde d’accord, positivement ou négativement. L’ère « Attitude » fait partie de cette catégorie, les fans demandant souvent le retour d’un produit proche de ce que la WWE proposait durant cette ère, certains la glorifiant parfois comme la meilleure période de l’histoire de la compagnie de Stamford. A tort ou à raison ? Retour il y a 20 ans, à une époque où le produit était tout sauf destiné aux enfants.

Le début d’un nouveau jour à la WWE.

Alors en pleine Monday Night Wars avec la WCW et à la peine dans les audiences, la WWE doit impérativement se renouveler. Le milieu des années 90 aura vu l’émergence de nombreux jeunes catcheurs avec en tête d’affiche, Shawn Michaels et Bret « The Hitman Hart ». Mais cela ne suffit pas face à un produit WCW se reposant en majorité sur les anciennes gloires de la WWE, comme Hogan ou Ric Flair, qui ont abandonné Vince McMahon pour voir si l’herbe était plus verte ailleurs. Vince McMahon décida alors de prendre un grand virage dans le produit qu’il proposa aux fans, en faisant entrer la WWE dans « l’Attitude Era ».

Si certains estiment que l’ère Attitude a commencé lors de Wrestlemania 13 et la confrontation entre Bret Hart et Steve Austin, d’autres considèrent que c’est ce même Austin qui lança cette nouvelle ère au King of the Ring 1996 avec sa fameuse promo « Austin 3 :16 ». D’autres considèrent plutôt que l’Attitude Era a commencé plus tard, lors du Montreal Screwjob des Survivor Series 1997 … affaire de perception, encore une fois. La WWE a officiellement tranché et date le début de cette ère lors du … Raw du 15 Décembre 1997.

Toujours est-il que la WWE oriente dès 1996 son produit vers une cible résolument plus adulte. Des personnages hyper sexualisés arrivent alors comme Goldust, Sable ou Sunny. Les matchs se font plus violents, les promos plus dures et quasiment aucun catcheur n’a de personnage encré dans le « comedy wrestling ». Cette période voit par l’occasion l’émergence de nouvelles superstars.

Un roster qui explose aux yeux du monde entier

Le premier d’entre eux est Stone Cold Steve Austin. Le pionner de cette nouvelle ère représente tout ce que la WWE désire à cette époque. Un Texan pur jus, rebelle contre l’autorité, grossier, souvent à la limite entre heel et face et ne se préoccupant guère des règles mises en place. Le public adopte immédiatement le personnage et propulse Austin comme tête d’affiche de la compagnie….

… place qui peut se discuter avec son principal rival, The Rock. Dwayne Johnson, alors loin d’être la mégastar hollywoodienne qu’il est aujourd’hui, débute à la WWE en 1996 comme face … rejeté par le public. Des chants très violent comme « Die Rocky, die » se font entendre à chacune de ses apparitions. Mais un changement de personnage et surtout le charisme incroyable du bonhomme le rende très vite indispensable à la WWE. Ses joutes verbales au micro sont de véritables pépites et le public est fou à chaque fois que le Rock commence à prononcer ses premiers mots.

Dans le reste du roster, un clan se fait très rapidement une place dans le coeur des fans : la D-Generation X. Triple H et Shawn Michaels, rejoints plus tard par les New Ages Outlaws (Road Dogg & Billy Gunn) puis par X-Pac gagnent les faveurs du publics grâce à leur acting de folie, leur contenu parfois très, très osé et leur humour.

Enfin, nous pouvons aussi citer pèle mêle des catcheurs comme Kurt Angle, Kane, l’Undertaker, Chris Jericho, Big Show, Mick Foley et ses multiples personnages ou même plus bas dans la carte, The Godfather, Edge & Christian ou les Hardy Boyz.

Un roster que l’on peut qualifier d’ultra complet et charismatique, mais ce n’est peut-être que l’une des seules bonnes choses de cette période ….

Un patron monopolisant toute l’attention

La grande force de l’Attitude Era est aussi sa plus grande faiblesse. Alors a la tête de l’empire WWE, Vince McMahon décide de se mettre au premier plan et de faire tourner tout le Main-Event autour de lui. Vainqueur du Royal Rumble 1999, champion de la WWE … Vince se met en avant constamment, dans un personnage de patron heel ultra dominant et sans aucune morale (sûrement pas si éloigné de la réalité …)

Tant est si bien que les storylines tournent vite en rond. Austin contre McMahon, la Corporation, Shane McMahon vs Vince McMahon, Triple H trahit la DX pour rejoindre la Corporation … Tout tourne constamment autour du patron.

Et avec tout ça, on oublie de booker le reste de la carte. Les catcheurs qui n’ont pas la chance d’être dans le Main-Event se retrouve souvent sans programme consistant, à enchainer des matchs sans vraiment d’intérêt et d’ailleurs, quasiment aucun champion secondaire ne restera dans les mémoires à cette époque. Même la division par équipes, principalement centré autour d’Edge & Christian, les Hardyz et les Dudleyz, ne fait que proposer des matchs entre ces 3 équipes à tour de rôle (matchs souvent excellents néanmoins).

La WWE est alors dans une période où le catch est relégué au second plan, tout ce qui compte est de briller au micro pour soulever les foules. D’ailleurs, Steve Austin ou le Rock n’ont jamais été de grands techniciens capables de livrer des matchs 5 étoiles. Ce qui comptait était de raconter une histoire. Si des matchs sont rester dans les mémoires à cette période, c’est avant tout parce qu’ils représentaient un tournant dans une storyline et non parce que les prestations techniques des catcheurs étaient à retenir.

Une ère qui sauva la WWE

Malgré tout, cette ère colle parfaitement à la société de la fin des années 1990. Que ce soit dans l’ambiance, les promos ou même jusque dans les themes songs des catcheurs, tout est parfaitement ancré dans cette culture Américaine pré-années 2000. Au milieu du rock bien adolescent des Smash Mouth, des chanteuses à la Britney Spears où le physique importe plus que le talent, ou des films comme American Pie, le produit WWE y trouve parfaitement sa place.

Et le booking désastreux de la WCW mena tout doucement à sa perte. Chute des audiences, désamour des fans, décisions stupides … En 2001, la WWE rachète la WCW et après une ultime bataille lors de l’angle de l’Invasion (angle très peu qualitatif lui aussi), la compagnie reine du catch sort peu à peu de son ère Attitude pour entrer dans une nouvelle ère : la Ruthless Agression.

Finalement, l’ère Attitude portait bien son nom. La personnalité des catcheurs était au centre des attentions et l’Amérique de cette époque a parfaitement accepté le produit. Si on peut dire que cette période a sauvé la WWE, il faut bien dire que la WCW l’a bien aidé en se tuant elle-même a petit feu. Parce qu’au final, niveau storylines et qualité des matchs, l’Attitude Era on va pas se mentir … c’était pas si bien.



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