Oumar Sissoko, actuel gardien du Racing Besançon, vient de lancer sa propre gamme de gants appelée BGK. Il nous fait le plaisir de répondre à nos questions sur cette initiative.

 

We Sport : Pourquoi avez-vous décidé de créer votre propre marque de gants ? Dans quel but ?

Oumar Sissoko : Le but de la marque est de pouvoir donner la possibilité à des gardiens, qui n’ont pas forcément les moyens d’investir dans des paires de gants haut de gamme, d’avoir des gants de qualité à un prix très raisonnable. Par rapport à ceux d’à peu près le même prix, il y a une qualité de paume nettement supérieure et on voit directement la différence sur les prises de balles, sur les sensations d’entraînement comme en match. Plus tu es à l’aise dans tes gants et plus tu es performant.

 

WS : C’est parce que plus jeune vous n’avez pas eu accès à des gants de qualité ?

OS : Non pas du tout, je suis rentré à l’INF Clairefontaine à 12 ans donc tout ce qui était dotation, gants, etc. nous étaient fournis. En plus, à l’époque, Clairefontaine était avec Adidas donc on avait des gants de qualité. J’ai été sponsorisé assez jeune par des marques de gants et j’ai pu remarquer qu’on reçoit à peu près entre 30 et 40 paires de gants à l’année. Ça fait un coût important pour un gardien qui n’a pas la possibilité d’être sponsorisé.

 

WS : Combien de paires de gants utilise un gardien par an ?

OS : En amateur, étant donné qu’ils sont amenés à s’entraîner sur des terrains synthétiques, la gomme s’use beaucoup plus vite qu’avec un terrain en herbe. Sur une gamme classique, il y en a besoin d’une voire une et demi par mois. Et encore, ça c’est en voulant vraiment user la paire. J’ai vu des gardiens avec des gants troués et usés d’une façon terrible.

 

WS : Comment avez vous eu cette idée ? Cela fait un moment que vous y pensez ?

OS : Ça fait à peu près trois, quatre ans que j’y pensais. Étant donné qu’en fin de saison mon contrat se terminait avec Reusch, je me suis dit pourquoi ne pas essayer de lancer quelque chose mais au début c’était plus à titre personnel que commercial. D’abord, je me suis dis que j’allais partir sur une petite quantité avec 20 paires. Dès les premières séances que j’ai pu faire avec, j’ai été agréablement surpris par le grip et c’est à partir de là que je me suis dit pourquoi pas me lancer dans ma propre marque et essayer de commercialiser quelques paires. 

 

WS : Quel est le prix ? Et pourquoi ce prix là ?

OS : Je les ai commercialisés à 44,90 €. Je voulais sortir des gants abordables et accessibles à la clientèle. J’ai travaillé avec Rush, Adidas, Nike donc en terme de qualité de gant, je m’y connais quand même un minimum. Le but ce n’est pas de m’enrichir, je préfère mettre un prix accessible où je peux toucher le maximum de personnes parce que si, demain, je mets le gant à 100-120€, il y aura des acheteurs mais, par rapport à ce que je recherche, je ne serais pas dans la bonne clientèle. 

 

WS : Pourquoi la marque s’appelle BGK ?

OS : Le B c’est pour Bachou, qui est mon surnom, et GK pour Goal Keeper ce qui veut dire gardien de but. Comme c’est ma marque personnelle, j’ai voulu m’identifier à travers ça. Aujourd’hui dans le monde du sport, on me connait beaucoup sous le surnom de Bachou donc j’ai voulu le mettre en avant.

 

WS : Comment vous y prenez-vous pour faire connaître votre marque ?

OS : J’ai contacté d’anciens entraîneurs que j’ai pu avoir en pro pour qu’ils puissent essayer les gants et me donner leur avis. J’ai sollicité Jérémie Janot, Franck Raviot, Jean-Claude Nadon, Christophe Marichez pour avoir un retour professionnel. Suite aux retours, je pourrais ensuite les perfectionner. S’ils adhèrent au projet, ils vont en parler autour d’eux. Comme ils ont le produit, qu’ils l’ont testé, ils savent de quoi ils parlent. Si ces personnes valident le concept, derrière, j’aurai plus de crédibilité et de facilité à vendre le produit. C’est un gros plus pour ma marque. 

 

WS : Il y a beaucoup de stock ? Qu’est-ce que vous envisagez pour la suite ?

OS : Pour l’instant, j’ai sorti 130 modèles. C’est un essai, histoire de faire connaître la marque dans un premier temps, fournir des personnes que je connais et des clubs dans lesquels je suis passé. En fonction des retours que j’aurais, j’essaierai d’améliorer les gants tout en continuant à proposer un produit de qualité à un prix très accessible. Je suis en train de voir pour peut-être développer ensuite une ligne de vêtement associée aux gardiens de but pour pouvoir vendre des accessoires avec les gants.

 

WS : Comment peut-on s’en procurer ? 

OS : J’ai créé un compte Instagram qui s’appelle @bach_goal_keeper. C’est une page que je suis en train d’alimenter. J'ai fait quelques shootings photos et vidéos pour montrer les gants en action, sur des prises de balles, sur l’adhérence… Il y a déjà des personnes qui m’ont contacté en privé pour passer des commandes. Après j’envisage de créer un site internet et en fonction de comment les choses se déroulent, on fera en sorte d’être à la hauteur au niveau communication et tout ce qui s’ensuit.

 

WS : C’est surtout pour les autres que vous vous êtes lancé dans ce projet ?

OS : Je suis surtout dans l’optique de vouloir aider, de tendre la main comme on a pu me le faire quand j’étais plus jeune. Je prends aussi du plaisir à faire ça. Si demain je suis amené à sponsoriser un club de mon quartier dans lequel j’ai grandi et commencé le football, ce sera une fierté de voir que j’apporte quelque chose à mon prochain, d'être reconnaissant envers des personnes qui ont pu m’aider, qui ont su me tendre la main quand j’en avais besoin. La plupart des gens que j’ai contactés, j’ai gardé de bons rapports avec eux depuis toutes ces années, parce qu’ils ont été de bons conseils, parce que notre relationnel s’est toujours bien passé. Ce sont des choses qui leur font plaisir le fait que je veuille à mon tour les aider.

Crédit photo une : ©Facebook Oumar Sissoko