Cyclisme

Paris-Nice – 3e étape : huit petits dixièmes de seconde sur le contre-la-montre…

La troisième étape de Paris-Nice consistait en un court contre-la-montre individuel autour de Gien. L’occasion pour les favoris de creuser les premiers écarts avant une fin de semaine dantesque. Révélation du jour, Stefan Bissegger a soufflé la victoire au spécialiste Rémi Cavagna et récupéré le maillot jaune.

Huit petits dixièmes de secondes… Ce chiffre huit en veut décidément aux cycliste français. 33 ans après la désillusion de Laurent Fignon sur les Champs-Élysées, Rémi Cavagna a subi le même revirement. À une échelle encore plus minime aujourd’hui. Ce ne sont que des dixièmes secondes qui ont coûté la victoire à l’Auvergnat. Cruel.

Ce matin, la troisième étape de Paris-Nice 2021 s’est élancée sous un ciel dégagé et une température fraîche (9°C au départ). Un contre-la-montre individuel était au programme de cette nouvelle journée de la 79e Course au Soleil. Une boucle difficile autour de Gien, “un parcours exigeant” qui ne permettait pas de dépasser les 50 km/h selon le consultant de France Télévisions Laurent Jalabert. Faux plats, virages et petites routes de campagne obligeaient les coureurs à de nombreuses relances.

“Un chrono très difficile avec pas beaucoup de phases de repos” selon Aurélien Paret-Peintre (AG2R-Citroën), 53e à l’arrivée à 50 secondes de la révélation du jour, Stefan Bissegger. 21 ans et deux courses professionnelles au compteur seulement. Et déjà un premier maillot distinctif. Le prodige suisse a soufflé la victoire à Rémi Cavagna pour 83 centièmes. Huit petits dixièmes de secondes…

Un parcours exigeant

À 13h07, Maxime Bouet se présentait le premier sur la rampe de lancement. Il bouclait son parcours en 19 minutes, aussitôt détrôné par ses poursuivants. Une dizaine de minutes après l’arrivée du Français du Team Arkéa-Samsic, Rohan Dennis (Ineos-Grenadiers), grand favori du jour, fixait le premier temps de référence en 17 minutes 47.

Stefan Bissegger fait sensation en reportant l’étape et le maillot jaune. Crédits photo : capture d’écran France Télévisions

Derrière ces premiers coureurs partis sans prétention, les favoris savaient qu’ils devaient performer. Les prétendants au podium final devaient limiter les écarts sur un autre grand favori du jour et du titre à Nice, Primož Roglič. Entre eux, des spécialistes de l’exercice en solitaire voulaient s’illustrer. Pour le Team DSM, Søren Kragh Andersen a occupé pendant un instant le fauteuil du vainqueur. Primož Roglič lui chipait la place avant que Rémi Cavagna n’améliore encore la marque. 

Un dénouement cruel

Parti dans les dernières positions, Stefan Bissegger (EF Education-Nippo) s’imposait finalement en 17 minutes 34 secondes, pour une moyenne de 49,1 km/h, avec une avance minime de huit petits dixièmes de seconde. Le coureur français de la Deceuninck-Quick Step avait vite désigné le fait de course qui avait pu lui faire perdre ces précieux grains de temps.

Juste avant la bosse finale, à 300 mètres de la ligne d’arrivée, “le TGV de Clermont-Ferrand” rattrapait en effet un concurrent. Dans l’incapacité de le doubler en plein virage, il était contraint de couper son effort et de presser les freins, perdant un temps fatal. “Je n’avais pas de super sensations, j’ai tout donné. Je me suis fait plaisir aujourd’hui, c’est satisfaisant. Mais je la vois partout cette seconde, c’est rageant.”

Le grand vainqueur du jour parmi les favoris est sans doute Primož Roglič, 3e à 6 secondes. L’escadron des “Abeilles tueuses” du Team Jumbo-Visma s’offre ainsi le luxe de placer deux compétiteurs sur les premières marches du classement général, avec le bon résultat de Steven Kruijswijk (11e à 20 secondes).

Un favori déjà devant

Du côté des Français, le bilan de la journée est plutôt décevant. Les prétendants au podium ont perdu de nombreuses dizaines de secondes. David Gaudu (Groupama-FDJ), Pierre Latour (Total-Direct Énergie), Warren Barguil (Arkéa-Samsic) et Guillaume Martin (Cofidis) n’ont pas réussi à limiter la casse dans cet exercice qu’ils apprécient peu. Christophe Laporte (Cofidis) termine tout de même à une honorable septième place, à 13 secondes du vainqueur du jour. Et le malheureux Rémi Cavagna, donc, qui échoue en deuxième position pour huit petits dixièmes de seconde… Ça fait mal mais il faut extérioriser la douleur.

Les autres outsiders subissent également du débours par rapport à leur cible slovène. Tao Geoghegan Hart et Dylan Van Baarle (Ineos-Grenadiers), Aleksandr Valsov et Ion Izaguirre (Astana-Premier Tech), Maximilian Schachmann (Bora-Hansgrohe), Dylan Teuns (Bahrain-Victorious), Bob Jungels (AG2R-Citroën) et Rui Costa (UAE Team Emirates) concèdent déjà du terrain avant une deuxième partie de semaine très accidentée et bosselée.

Vainqueur de cette troisième étape de Paris-Nice, Stefan Bissegger fait coup double en récupérant le maillot jaune. Le sprinteur-puncheur Michael Matthews (Bike Exchange) possédait 14 secondes d’avance sur les meilleurs rouleurs du peloton ce matin. Dès le pointage intermédiaire, sa tunique dorée s’est effilochée avant de se déchirer complètement sur la ligne. L’Australien termine 17e à 16 secondes. Le nouveau leader suisse ne paraît pas en mesure de défendre son bien lors des prochaines étapes accidentées et montagneuses.

Crédits photo : Fabien Boukla / ASO

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