Officiellement relégué en Ligue 2, Bordeaux n’a pas fini sa descente aux enfers. Le club avait rendez-vous hier avec la DNCG. Mais à l’issue de cette convocation, le verdict tant redouté est tombé. Le gendarme financier a prononcé la rétrogradation pure et simple de l’équipe bordelaise en National 1. Cette décision a provoqué le courroux des dirigeants et des supporteurs. Voici les raisons qui motivent ce verdict.

Une importante ardoise de 52 millions d’euros

Pour se défendre devant la DNCG, les dirigeants bordelais devaient monter un dossier financier assez convaincant. Pour cela, un accord était nécessaire avec les créanciers américains King Street et Fortress. Ces derniers détiennent la dette du club évaluée à hauteur de 52 millions d’euros. En gros, le président du club Gérard Lopez devait trouver 40 millions d'euros afin d'obtenir le feu vert pour rester en Ligue 2. Ces derniers jours, l'entourage du club affichait quand même une certaine confiance quant au recouvrement de cette dette.

Il se murmurait même qu'un terrain d'entente avait été trouvé. Seulement le président bordelais n’est pas toujours inspiré quand il s’agit de foot. L'homme d’affaires n’est pas toujours en réussite. Il n’est point besoin de rappeler l’épisode de son éviction fin 2020 de la présidence du club lillois. On n’oublie pas la descente en division amateure de Mouscron en Belgique et les difficultés financières du club portugais Boavista dont l'homme d'affaires hispano-luxembourgeois détient des parts d’action. Ce passif non reluisant du président bordelais ternit un tant soit peu son image. Au final, il n’a pu réussir à trouver cette somme pouvant permettre à Bordeaux de pouvoir disputer le championnat de deuxième division qui démarre fin juillet.

Bordeaux renvoyé en National 1

Comme on pouvait s’y attendre, le club bordelais n’a pas rempli les exigences attendues pour disputer la Ligue 2. La décision de rétrogradation de Bordeaux est finalement prononcée. Cependant, plusieurs questions subsistent. Est-ce que le FC Girondins de Bordeaux va évoluer en National 1 ? Ou risque-t-il de glisser encore plus bas dans une ligue inférieure ? De toute façon, un recours est déjà adressé au CNOSF. Le seul problème sera le délai de traitement. Car la Ligue 2 devant reprendre le 31 juillet, s’il doit y avoir maintien de Bordeaux en deuxième division, le décision devra arriver au plus tard le 14.

Mais en cas d'échec des recours, ou même si les délais dépassent cette date, Bordeaux court le risque du dépôt de bilan. Dans ce cas, il pourrait s’en suivre une liquidation judiciaire pure et simple car le club manquerait même de moyens financiers pour assurer son train de vie en troisième division. Mais si les procédures conduisent Bordeaux finalement à une liquidation judiciaire, cela mettrait un terme à la structure professionnelle des Girondins. La conséquence immédiate serait que les Girondins de Bordeaux seraient alors contraints de se relancer sportivement avec l'équipe amateur qui évolue en 5ème division (National 3).

En dehors de ce recours introduit devant le CNOSF, le club bordelais pourrait tenter la saisine du juge des référés du tribunal administratif. L’idée serait d’obtenir une suspension de la décision en attendant un jugement sur une annulation qui serait chronophage. Enfin, en se basant sur une ordonnance favorable du tribunal de commerce, Les Girondins de Bordeaux pourraient également recourir à la justice civile.

Une décision consternante pour le club bordelais

C’est donc avec tristesse que les fans et les dirigeants des Girondins de Bordeaux ont appris hier la décision rendue par la DNCG. Faute de garanties financières, le club est rétrogradé en National 1. À l’issue d’une saison précédente chaotique où Bordeaux avait fini lanterne rouge de Ligue 1, cette nouvelle vient remuer le couteau dans la plaie. Dans un communiqué du club, Gérard Lopez dénonce une décision qualifiée d’injuste, inacceptable et incompréhensible. Cependant, il ne capitule pas pour autant. Il adresse à ses supporters un message d’espoir : “Je le dis très clairement ce soir aux supporters, aux Bordelais, et à tous ceux qui ont le sang marine et blanc: je me battrai jusqu'au bout et c'est la raison pour laquelle nous avons décidé d'exercer un recours contre cette décision inique”.

 

En résumé, les Girondins de Bordeaux ne méritent pas forcément ce qui leur arrive. Mais les lois restent ce qu’elles sont et s’appliquent à tous. En attendant une issue favorable, le club devra s’apprêter à jouer la saison prochaine en National 1 ou peut-être en National 3.