Pourquoi le BVB a tout à perdre à la Luz ?

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Ligue 1

Premier round des 8èmes de finale de Ligue des Champions ce mardi soir, avec un alléchant Benfica-Dortmund plein de promesses. Si les Allemands, sur le papier, sont favoris, ce déplacement du côté de la Cité blanche a tout du piège.

Parce que l’héritage historique européen de Benfica est immense.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le BVB ne se déplace pas chez n’importe qui ; en effet, le Benfica est un habitué des joutes européennes, ayant participé à toutes les épreuves depuis 2004. S’il est vrai que le bilan n’est pas aussi brillant que le rival portista, les Aigles ont souvent donné beaucoup de fil à retordre aux gros poissons, en témoigne l’électrique aller-retour l’année précédente face au Bayern de Pep Guardiola. De plus, si les Lisboètes ne se sont pas réellement illustrés sur la grande scène de la coupe aux grandes oreilles, ils ont cependant profité de l’Europa Ligue, antichambre de la Champion’s, pour briller et démontrer s’il le fallait que le club de la capitale est un monstre sacré du foot européen, comme l’illustre les finales perdues en 2013 et 2014 (malédiction Guttmann?) suite à des parcours exemplaires où des cadors comme la Juventus ou Tottenham sont tombés sous le feu Lisboète.

Cependant, il manque désormais aux pensionnaires de la Luz de marquer les esprits dans la cour des grands, en point d’orgue d’une période historique faste du club, Benfica étant jusqu’alors et depuis 3 ans irrésistible sur le plan national, puisque les Rouges sont tricampeao en titre.

Parce que l’expérience est côté Benfica.

Alors que du côté de Dortmund on a assisté à une mini-révolution cet été avec les départs des historiques Hummels, Gundogan, Kuba et Mkhitaryan, puis de Subotic cet hiver, remplacés en majeure partie par des jeunes pleins de talents, Benfica a vu son effectif délesté de la pépite Renato Sanches et de l’historique Nico Gaitan, tous deux remplacés soit par des joueurs déjà présents au club ou en Liga Nos, comme Pizzi ou Horta pour Renato, ou bien par des jeunes espoirs, dans le cas de l’argentin Franco Cervi qui est une des alternatives avec Rafa au poste d’ailier gauche. C’est donc un pari de stabilité que la direction liboète a choisi de faire, en faisant confiance aux mêmes soldats qui comme le bon vin se bonifient avec le temps, à l’image de Mitroglou, Lindelof, Pizzi ou encore de l’excellent Ljubomir Fejsa, pierre angulaire du milieu de terrain de Rui Vitoria, sans oublier les vétérans Luisao et Eliseu.

Clairement, le passif de ces joueurs laisse entrevoir un collectif rôdé aux matchs importants, capital sur lequel les Dembélé et consorts ne pourront pas forcément compter dans cette confrontation aller-retour.

Parce que Rui Vitoria n’a rien à envier à Thomas Tuchel.

Rui Vitoria. S’il ne fait pas partie des noms ronflants de la (grande) vague des coachs à succès portugais, dont les chefs de file sont Zé Mourinho et Léo Jardim, et qui déferle sur l’Europe du football, le discret technicien de 46 ans a déjà prouvé ces dernières années qu’il n’était pas assis sur le banc d’un grand club européen par hasard.

C’est bien simple, depuis son arrivée dans l’élite du football portugais en 2010-2011 sur le banc de Paços, ponctuée d’une belle 7e place pour un club de cette envergure, Rui Vitoria a connu une exponentielle montée ascendante, qui connaîtra des heures de gloire comme la victoire en coupe du Portugal avec Guimaraes en 2013 face..au Benfica, ponctuant le traumatisme du club de la capitale avec ce troisième rendez-vous décisif perdu après la défaite en finale d’Europa Ligue face à Chelsea et la perte du titre lors de l’avant-dernière journée sur la pelouse de l’ennemi portista suite à une réalisation de Kelvin lors de la fameuse « minuto 92 ». Cette trajectoire linéaire va l’amener jusqu’au banc du Benfica, en remplacement de Jorge Jesus, parti avec fracas de l’autre côté de l’autoroute rejoindre le Sporting après six ans de coopération.

Si son arrivée a été accueillie avec scepticisme, le technicien au foulard rouge a su rapidement inverser la tendance, en ramenant de nouveau le titre dans les vitrines de la Luz, ainsi que la coupe de la Ligue et la Supercoupe, et en réaffirmant Benfica comme un club qui compte dans le cercle footballistique européen.

De plus, Rui Vitoria a parfaitement négocié le virage sportif entamé par le président Viera, avec notamment une habitude constante quand à l’utilisation de jeunes du Seixal, le centre de formation du Benfica, à l’image de Renato Sanches, de Gonçalo Guedes, partis récemment renflouer les caisses du club, ou encore de l’excellent Nelson Semedo, incontournable au poste de latéral droit et déjà courtisé par les grands clubs européens.

Enfin, ses compétences en termes tactiques ont elles aussi marqué les esprits, notamment lors de la confrontation aller-retour face au Bayern Munich la saison dernière, où les deux équipes se sont livrées à une bataille monstrueuse d’intensité grâce à un pressing tout-terrain et à un blocage des espaces interlignes savamment orchestré et appliqué par la paire Sanches -Fejsa. Gageons donc que Tuchel aura bien du fil à retordre pour driver à sa guise ce Benfica là.

Parce que la paire Mitroglou-Jonas va être reconstituée, et que ça risque de faire (très) mal.

Blessé depuis le début de saison, le goléador brésilien est dans le groupe pour la réception du BVB ce soir et il est peu dire que cela ne représente pas une bonne nouvelle pour les hommes de Tuchel, bardés de problèmes défensifs depuis quelques temps. En effet, Jonas présente, depuis son arrivée sur les bords du Tage, des statistiques hallucinantes avec 57 réalisations en à peine 70 matchs en Liga Nos, et son association avec Konstantinos Mitroglou, le solide avant-centre grec, terrifie les pelouses portugaises depuis 1 an et demi maintenant. Le duo est en effet l’atout maître du Benfica, et représente la principale voie pourvoyeuse de buts. Corrélée à l’instabilité défensive des Schwartzgelben, il n’est pas impossible que les buts de Bürki tremblent plus d’une fois ce soir…

Les compositions probables :

BENFICA : Ederson – Semedo, Luisao, Lindelöf, Eliseu – Salvio, Fejsa, Pizzi, Cervi – Mitroglou, Jonas.

DORTMUND :  Bürki – Piszczek, Sokratis, Bartra, Schmelzer – Castro, Weigl, Guerreiro – Dembélé, Aubameyang, Reus.

L’homme à suivre : Jonas (BENFICA)

Maxence DURAND

Maxence DURAND

 

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