Football

Pourquoi t’aimes le foot – Et O Fenomeno fit lever Old Trafford

Enfin, la trêve internationale est de retour ! Après un mois d’attente, nos sélections nationales vont revenir sur le devant de la scène. Ça t’embête plus qu’autre chose ? Ne t’en fais pas, on va bien s’occuper de toi pendant ces quinze jours! On profite de ce petit moment de répit (ou d’ennui) pour te montrer ce qui nous a fait aimer le football, avec une liste non exhaustive de matchs de légende du XXIème siècle. L’objectivité est loin d’être le maître mot mais force est de constater que les amoureux du football se souviennent forcément de ces soirées endiablées, pour leurs scénarios, leurs ambiances, leurs contextes, leurs émotions dégagées.

Manchester United – Real Madrid, Ligue des Champions 2002-2003, quart de finale

  • Le contexte :

Victorieux 3-1 au match aller, le Real Madrid, tenant du titre, est en position de force avant de se rendre à Old Trafford. Mais si le moral est au beau fixe en Ligue des Champions, la contre-performance à Anoeta contre la Sociedad quelques jours plus tôt a assombri l’avenir en championnat. Alors que du coté des Red Devils, la course poursuite contre Arsenal bat son plein. Et Manchester arrive avec un homme plus que jamais en forme: Ruud Van Nistelrooy auteur de 38 buts toutes compétitions confondues cette saison-là et qui restait sur 9 buts sur les 6 derniers matchs disputés dans son théâtre des rêves. Le rêve, c’est d’ailleurs ce qui anime les fans du club du nord de l’Angleterre, qui ont encore en mémoire la remontée fantastique de 1999. Pour se faire, il faudra battre le Réal par au moins deux buts d’écart, rien que cela.

  • Les compos :

  • Le match :

Quelques changements de part et d’autre pour ce match retour, puisque Gary Neville et Paul Scholes sont suspendus coté Red Devils, alors que Raul est blessé, opéré de l’appendicite. De plus, Sir Alex Ferguson a décidé de se passer de David Beckham au coup d’envoi, le Spice Boy ayant laissé entendre qu’il était prêt à rejoindre la capitale Espagnole, lui dont Florentino Perez lui fait les yeux doux. Pas le meilleur moyen de préparer un match couperet. Pourtant, ce match se révélera être un véritable feu d’artifice. Une ambiance de dingue, un Old Trafford chauffé à blanc, à guichets fermés, laisse entendre que tout est possible. Les deux équipes y mettront les ingrédients nécessaires à la réussite d’un match qui reste dans les mémoires : intensité, envie, spectacle, duels engagés, pressing incessant, occasions. Bref, le match démarre on ne peut mieux.

Dès la 3ème minute, Ruud Van Nistelrooy s’offre une première situation, à droite de la surface, le long de la ligne, le néerlandais mystifie Helguera et frappe fort dans un angle fermé, mais Casillas veille au grain. Ce n’est que le début d’une longue série, puisque l’attaquant de United va tout simplement être infernal durant 90 minutes.

crédit photo : manchesterunited

Pourtant après un petit quart d’heure, c’est bien le Real qui va frapper le premier. Suite à un centre de O’Shea, Zidane récupère le ballon à l’entrée de sa surface, combine avec McManaman et Figo et créer un décalage suite à une passe latérale, plein axe dans le rond central pour Guti. Ce dernier lance Ronaldo en première intention qui frappe fort au premier poteau sans se poser de question. Les galactiques mettent à mal le plan de Sir Alex. Surtout que les madrilènes semblent avoir une maîtrise technique supérieure aux Red Devils, bien que ces derniers compensent ce manque de justesse par une agressivité et une intensité incroyable dans chaque duel, chaque déplacement. 10 minutes plus tard, le Réal est même tout proche de doubler la mise sur une remise de Zidane, mais Figo manque sa frappe, qui faillit tout de même lober Fabien Barthez.

Petit à petit, Man U va refaire surface. Au point d’infliger une véritable déferlante sur le but d’Iker Casillas. Avec comme chef de file, Van Nistelrooy. C’est tout d’abord Giggs, plein axe à l’entrée de la surface, qui après avoir feinté une frappe du gauche pour emmener toute la défense dans son crochet, frappe pied droit, au ras du poteau. On joue alors la 35ème minute. A peine 5 minutes plus tard, au tour de Solskjaer de s’essayer, mais sa frappe n’est pas assez croisée pour tromper le portier Ibérique. Dans la minute suivante, le Norvégien remet ça, mais son tir trop mou n’est pas plus inquiétant. Enfin, à la 43ème minute, suite à un long ballon de Sylvestre, Roberto Carlos relance plein centre sur Giggs, véritable maître à jouer de cette équipe, qui décale Solskjaer coté droit. Ce dernier s’arrache pour éviter la sortie de Casillas et centrer sur Van Nistelrooy qui n’a plus qu’a pousser le ballon au fond des filets. Sur l’engagement les Anglais sont même tout proche de doubler la mise, puisque sur un décalage d’O’Shea coté gauche sur Solskjaer, l’actuel entraîneur de Manchester United adresse une frappe mal repoussée par Casillas, et sur le cafouillage le ballon revient sur VanNistelrooy. La frappe croisée dans le soupirail ne trompera malheureusement pas la vigilance du porter espagnol. Un partout à la pause, au terme d’un premier acte de grande facture. Mais ce n’est rien comparé à ce qui va suivre.

crédit photo: manchesterunited

La seconde période reprit comme la première s’était achevée : un feu incessant dans la surface des merengues. La défense du Real, et notamment son capitaine Hierro, plie, mais ne rompt pas, pour le moment.

Mieux encore, quelques instants plus tard, Figo est tout proche d’inscrire le même but qu’au match aller, à savoir un centre plongeant pour lober « Fabulous Fab », mais le cuir vient seulement lécher la barre transversale. Dans la continuité, Roberto Carlos récupère et s’appuie sur Zidane, une deux à contre temps pour retrouver le brésilien, seul dans la surface qui peut servir Ronaldo à hauteur qui n’a plus qu’à conclure. Action d’école qui vient, pense-t-on à cet instant, éteindre les derniers espoirs Mancuniens. Mais les joueurs de Ferguson ne baissent pas les bras pour autant et repartent à l’abordage, dans une ambiance des grands soirs. Il aura en effet fallu à peine 2 minutes aux locaux pour égaliser, avec RVN encore lui au départ, Giggs dos au jeu en relais, et Veron, l’argentin, qui centre fort à ras de terre à l’angle des 6m, obligeant Helguera à marquer contre son camp entre les jambes de Casillas. Le match est relancé ! Et Manchester va pousser, encore et encore. 56ème minute, Giggs trouve Solskjaer entre Hierro et Helguera mais le Norvégien bute sur San Iker. Dans la minute qui suit, OGS se mue en passeur suite au centre de Butt, et c’est au tour de Veron d’être mis en échec par le portier visiteur. Il y a la place!

Mais une poignée de secondes plus tard, nouveau coup de tonnerre dans le ciel de Manchester. Makélélé gratte un énième ballon et trouve Figo, plein axe qui décale Ronaldo. Dans le sens de la marche, le Brésilien va profiter de l’appel du Portugais qui emmène deux défenseurs et lui ouvre l’axe. O Fenomeno ne se fait pas prier pour tromper Barthez de 25m et s’offrir un Hat-Trick d’anthologie. Ce coup-là, mission impossible, Manchester doit marquer 4 fois. Le Real reprend peu à peu la maîtrise technique.

crédit photo : UEFA

Et puis, l’instant de la soirée arrive à la 67ème minute de jeu. Sous une ovation du public rival, très fair-play, Ronaldo est remplacé par Solari. Public de connaisseurs.

Dans une plus grande discrétion, David Beckham a remplacé Veron et apporte de la dynamique, ainsi que de la justesse technique. Man United va alors repartir de l’avant ! Van Nistelrooy touche le poteau, puis Solskjaer passe devant Casillas sur un centre de Beck venu de la droite, mais sa tête passe à coté. Et lorsque Zizou souffre dans le jeu, c’est tout le Real qui vacille. Sur un récupération à 20m du but adverse, Van Nistelrooy obtient un bon coup-franc, à peine excentré sur la droite. Beckham s’en charge et envoie un amour de ballon dont il a le secret sous la barre. 3-3. A un quart d’heure du terme, le Real a de nouveau la balle de match, avec la fraîcheur de ses entrants devant. Solari décale Figo, qui talonne pour Zidane, décalage en une touche pour Portillo qui tire à coté, à 10m du but.

crédit photo: FranceFootball

Finalement, c’est Manchester qui marquera le but de la gagne par Beckham, encore lui, à la suite d’un contre éclair mené par Giggs, puis Van Nistelrooy qui après avoir enrhumé Helguera bute sur Casillas. Le ballon rebondit malencontreusement sur Hierro au 6m, et c’est le Spice Boy, qui avait peut-être des choses à prouver ce soir-là, qui l’a pousse au fond.

Man U jette ses dernières forces dans la bataille mais trop tard, le mal est fait. Malgré 22 tirs dont 15 cadrés (!), contre 10 pour 5 cadrés aux madrilènes, les Red Devils sont éliminés. Non sans difficulté, le Real Madrid se qualifie pour les demies-finale au terme d’une rencontre qui restera dans les mémoires.

Par son intensité plus que sa qualité tactique voire technique, son scénario, la générosité des 22 acteurs et son atmosphère, ce match s’apparente à un chef-d’œuvre du football. La folie amenée par les nombreuses transitions exploitées à merveille par les deux équipes a permis un match débridé et haletant. Jouer sans arrière pensées, se livrer, tout donner, voilà qui donne une image plus que positive du football. A noter également le très bon arbitre de Pierre Luigi Collina, qui a beaucoup laissé jouer, dans l’esprit du jeu, favorisant l’intensité observée lors de cette rencontre. Et bien entendu, coup de chapeau comme à l’accoutumée à la doublette Roland-Larqué, indémodable, mais surtout inégalable dans ce genre de moment.

crédit photo: pinterest

  • Le jeu : 

Compliqué de savoir quelles étaient les consignes de Sir Alex Ferguson avant le match mais une chose est sûre, c’était tout pour l’attaque ! Les Mancuniens se sont jetés à l’abordage sans véritablement appliquer un plan de jeu particulier, multipliant les longs ballons sur Van Nistelrooy et utilisant à merveille les couloirs, avec des latéraux offensifs. Il faut dire que le repli défensif n’est pas la qualité première de Zidane et Figo. McManaman étant obligé de resserrer l’axe pour apporter de la densité, Brown, et O’Shea encore plus, en ont profité à merveille. Giggs a alors pu se muer en maître à jouer tandis que Solskjaer s’est retrouvé proche de RVN, mettant à mal la défense centrale du Real. En l’absence de Scholes, c’est Nicky Butt qui a joué le rôle box-to-box, en compagnie de Veron, titulaire pour l’occasion, et généreux dans l’effort et le combat. La défense n’a que très peu été mise à mal mais Ronaldo sur sa seule occasion en première période a trouvé la faille. Sylvestre, en difficulté sur les appels du Brésilien est alors passé arrière gauche, obligeant O’Shea a basculer sur l’aile droite, Brown reprenant l’axe. Si cela n’a pas empêché l’Irlandais d’être dangereux, d’autant plus avec l’entrée de Beckham, l’inversion dans l’axe n’a eu aucun effet puisque Ronado a de nouveau fait mouche à deux reprises. Techniquement supérieur, le Real ne s’est finalement que très peu livré en nombre, profitant de la justesse technique de Zidane et de la percussion de Figo pour créer le danger. Suffisant pour en claquer trois et se retrouver en demie finale de la ligue des champions.

  • L’homme fort :

On aurait pu mettre Ruud Van Nistelrooy tant le Néerlandais a réalisé un match extraordinaire. 7 tirs, 5 cadrés, un poteau, un but, avant dernier passeur sur le 2ème but, il obtient le coup-franc sur le 3ème avant de frapper sur le 4ème. Plus que cela, il a harangué le public autant que ses partenaires, gagnant pratiquement tous ses duels. Son jeu dos au but fut fantastique, ses passes dans le bon tempo, ses remises et déviations toujours justes, ses déplacements constamment dans les espaces libres.

Mais en face, Ronaldo avait décidé que cela serait SON soir. 3 tirs, 3 tirs cadrés, 3 buts et une standing ovation d’Old Trafford en une grosse heure de jeu, rien que cela messieurs dames. Une raison de plus, pour ceux qui en doutaient, que le brésilien est vraiment O Fenomeno.

Prochain match demain : Monaco – Real Madrid 2004

 

 



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