Football

Pourquoi t’aimes le foot – la LDC soooo british

Enfin, la trêve internationale est de retour ! Après un mois d’attente, nos sélections nationales vont revenir sur le devant de la scène. Ça t’embête plus qu’autre chose ? Ne t’en fais pas, on va bien s’occuper de toi pendant ces quinze jours! On profite de ce petit moment de répit (ou d’ennui) pour te montrer ce qui nous a fait aimer le football, avec une liste non exhaustive de matchs de légende du XXIème siècle. L’objectivité est loin d’être le maître mot mais force est de constater que les amoureux du football se souviennent forcément de ces soirées endiablées, pour leurs scénarios, leurs ambiances, leurs contextes, leurs émotions dégagées.

Chelsea – Liverpool, Ligue des Champions 2008-2009, quart de finale retour

  • Le contexte :

Deux équipes aux saisons bien différentes, mais aux ambitions similaires. Alors que tout a très mal commencé pour Chelsea, avec la flop Scolari, les Reds ont eux connu une saison difficile dans les coupes nationales, se faisant rapidement éliminer à chaque fois. En championnat, les deux clubs sont en chasse derrière Manchester United, champion en titre. Et ils se retrouvent donc pour ce quart de finale de LDC. Chelsea, finaliste la saison précédente, ne rêve que de soulever la coupe aux grandes oreilles. Liverpool, vainqueur en 2005 et finaliste malheureux deux ans plus tard, a les même ambitions. Ambitions rapidement douchées au match aller tant les Blues ont surclassé les Reds. 3-1 à Anfiled, il va falloir un miracle. D’autant que Steven Gerrard est absent..

  • Les compos :

  • Le match :

Le début de match est assez timoré de la part des deux équipes qui se jaugent. Cela fait les affaires des Blues, qui peuvent voir venir, avec leurs 3 buts d’avance. Car oui, même à 0-2 pour Liverpool, Chelsea serait toujours qualifié.

Mais les hommes de Benitez n’ont aucunement l’intention de se laisser endormir. Agressifs sur chaque duel, ce sont eux qui vont se procurer la première occasion de la partie. A la 12ème minute, Benayoun plein axe trouve Torres, qui élimine facilement Cole pour rentrer dans l’axe et frapper pied gauche, malheureusement à coté. Dans la minute suivante, Chelsea s’illustre avec un coup-franc de l’artilleur en chef, Frank Lampard, de peu à coté.

Et puis, cinq minutes plus tard, le premier tournant du match intervient. Sur un coup-franc qui paraissait anodin, à 30 bons mètres du but de Cech, décalé sur la droite, Fabio Aurelio bluffe tout le monde et frappe fort premier poteau, alors que le gardien Tchèque avait anticipé un ballon dans la boîte. Trop tard, le contre pied est parfait. Les Reds mènent 1-0 et commencent à gagner la bataille du milieu de terrain, sous l’impulsion du trio Mascherano – Xabi Alonso- Lucas. Au contraire, Ballack est inoffensif et ne touchera, par ailleurs, que 9 petits ballons dans ce premier acte.

Liverpool exploite à merveille les coups de pieds arrêtés et obtient, aux alentours de la demie heure de jeu, un penalty. Ivanovic ceinture vulgairement Xabi Alonso sur une nouvelle phase arrêtée, et alors que Skrtel avait loupé un but tout fait, à la retombée du coup-franc. Pas très malin de la part du double buteur du match aller. L’espagnol ne se fait pas prier pour se faire justice lui-même et trompe Petr Cech à contre pieds. A cet instant, les Reds sont à un but de la qualification. Invraisemblable après le match aller.

Surtout que Fernando Torres commence à prendre le pas sur l’axe Carvalho-Alex. Chelsea a du mal a être dangereux. Les Blues poussent et ne sont dominateurs que dans le domaine aérien, avec notamment Drogba. Hiddink décide malgré tout de remplacer Kalou, pourtant actif sur son coté droit, par Anelka. Et c’est finalement à partir de cette période que Liverpool commence à subir et commet beaucoup fautes. Néanmoins, le score ne bougera plus avant la mi-temps. A la pause, Stamford Bridge tremble, mais ce sont bien les coéquipiers de Malouda qui sont toujours qualifiés.

Si la première période nous a laissé sur notre faim, la deuxième sera tout simplement fabuleuse. Le club de la Mersey entame le second acte tambour battant, le chaos est proche, d’un coté comme de l’autre. Le match va basculer, c’est certains. Dès la 51ème minute, sur un bon travail d’Anelka coté droit, le français centre au cordeau. Drogba se jette et effleure le ballon pour tromper Reina impuissant. Chelsea se donne de l’air! Un but qui ne change pas grand-chose puisque Liverpool doit toujours en marquer un troisième, au minimum.

Pas forcément réputé pour son ambiance, Stamford Bridge donne de la voix. Reboostés, les Londoniens poussent et Drogba obtient un coup-franc à 25m, à peine décalé sur le coté droit. L’ivoirien s’en charge et est à deux doigts de surprendre Reina. Ce n’est que partie remise puisque l’ancien Marseillais encore lui subit une faute, pratiquement au même endroit qu’une minute auparavant. Ce coup-là, changement de tireur. C’est Alex qui s’essaye. Et bien lui en a pris: l’ancien du PSV envoie une véritable mine sous la barre ! Superbe, imparable. On joue la 57ème minute et Liverpool doit de nouveau marquer 2 buts.

Comme souvent entre équipes anglaises, le match est engagé, joué sans arrière pensée. L’intensité augmente et les situations se multiplient.

La messe semble entendue, quelques instants après une énorme frappe de Torres en pivot juste à coté. Ballack récupère une passe pleine axe de Xabi Alonso et glisse à Drogba. Après une feinte de centre pour éliminer Skrtel sur la gauche de la surface, l’ivoirien glisse un petit ballon en retrait à Lampard, qui se jette pour tromper Reina. 3-2, Chelsea est revenu de l’enfer.

crédit photo : goal

Sauf que le miracle d’Istanbul n’est pas qu’une légende. Cette équipe de Liverpool est dotée d’un âme. 3 minutes plus tard, et alors qu’on joue la 80ème minute, Lucas, à 25m trompe Cech, bien aidé par la déviation involontaire d’Essien, suite à un service en retrait de Benayoun, par ailleurs excellent tout le match. Et quand 2 minutes après, Kuyt, au départ de l’action et à la réception d’un centre de Riera, trompe Cech de la tête à bout portant, l’illusion se transforme en possibilité. 10 minutes à jouer et si les Reds marquent, ils seront qualifiés ! Monumental.

Liverpool pousse mais à une minute de la fin du temps réglementaire, sur une ballon gratté par Drogba coté droit, Anelka centre à ras de terre et trouve Lampard. D’une frappe décroisée qui touche les deux poteaux avant de rentrer, l’international Anglais envoie son club de toujours en demie finale contre le Barça.

Bien qu’éliminés, les visiteurs ont du cœur et continuent de pousser, au point même que David Ngog est tout proche de marquer en demie volée, après une sortie manquée de Cech. Mais la frappe du français est sauvée sur la ligne par Essien. Les fans des deux camps chantent, donnent de la voix pour remercier les deux équipes, auteures d’un match d’anthologie.

Il n’aura pas manqué grand-chose à cette équipe de Liverpool pour réaliser un authentique exploit. Qu’est ce que cela aurait donné avec Gerrard ? Éternelle question sans réponse. Car malgré tout, on a pu sentir un petit manque de talent, de classe qui aurait pu faire tourner le vent en faveur du club de la Mersey. En face, Drogba aura étalé toute sa panoplie sur les transitions rapides des Blues, à base de longs ballons. Dos au but, l’Ivoirien tout simplement injouable pour Skrtel et Carragher, a pesé et finalement fait la différence. Lampard et surtout Malouda, tellement propre dans cette position hybride de faux ailier, auront pris le pas au fil de la rencontre sur le trio Mascherano-Xabi Alonso-Lucas, trop défensif.

On peut regretter les 43 fautes commises dont les deux tiers par les Reds. So British disaient-ils. Mais le scénario de ce match est incroyable. Alors que l’on pensait les Blues plus ou moins tranquilles avant la rencontre, Liverpool s’est mis à rêver en menant 2-0 à la pause. Avant que les hommes de Guus Hiddink ne relèvent la tête pour passer devant et se mettre à l’abris. C’était sans compter sur l’abnégation des champions d’Europe 2005, auteurs de deux buts coup sur coup pour se retrouver à une réalisation de la qualification à une petite dizaine de minutes du terme de la rencontre. Finalement, c’est Chelsea qui a eu la balle de match et qui ne l’a pas loupée.

4-4 en quart de finale retour de Ligue des Champions. Admirez, profitez. Ça n’arrive pas tous les jours.

crédit photo: goal

  • Le jeu : 

Et si, et si… Et si Steven Gerrard avait été présent. Véritable métronome de son équipe, l’international Anglais aura fait défaut. Encore plus quand on voit la prestation réalisée par son équipe. Dangereux grâce à des ailiers percutants et un Fernando Torres pesant, il aura malgré tout manqué d’un joueur pour faire le liant, un box-to-box capable de se glisser entre les lignes et en mesure de créer du danger aux abords de la surface adverse. Car malheureusement, le trio Mascherano-Lucas-Xabi Alonso fut trop juste. Bien que ces joueurs soient capables de faire du jeu, aucun n’a semblé en mesure, par les courses, de créer du décalage, d’apporter le surnombre sur attaque rapide. C’est bien dans ce domaine que les Reds avaient un coup à jouer ! Avec un Lampard porté vers l’offensive et un Ballack qui avait oublié le réveil, Essien se retrouvait rapidement seul pour couvrir une grosse zone médiane. Et c’est précisément là que Stevie G aurait été précieux! Coté Blues, fidèles à leurs principes et leur style de jeu, les Londoniens ont profité de la puissance de Drogba pour faire ressortir le bloc facilement. L’entrée d’Anelka a dynamisé l’aile droite (comme quoi l’ancien Parisien est capable de jouer sur un coté!), et la pression exercée à la perte du ballon a mis à mal la défense des Reds. Des récupérations hautes et rapides obligeant les hommes de Benitez à commettre des fautes et concéder beaucoup de coups de pied arrêtés. Cela aura été fatal.

  • L’homme fort :

Difficile de ressortir un joueur en particulier. Si les Reds ont été valeureux en l’absence de leur capitaine Steve Gerrard, chacun a apporté sa contribution. Du coté de Chelsea, le bilan est le même, mais force est de constater que Didier Drogba a encore pesé de tout son poids sur l’issue de la rencontre. D’abord par son travail de sape, comme à son habitude, qui fait tant de mal aux défenseurs adverses. Ensuite, parce qu’il est tout bonnement impliqué sur les quatre réalisations de son équipe. Après avoir ouvert le score, c’est lui qui obtient le coup-franc de l’égalisation, avant de servir Lampard sur le 3ème but. Enfin c’est encore lui qui s’arrache et permet à Anelka de trouver ce même Lampard dans les derniers instants. Un match de mammouth. Un match à la Drogba.

 

Prochain match demain, Olympique de Marseille – RB Leipzig 2018

Crédit photo : Viméo 



Sport en directMercato Football Ligue 1
Écrire un commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dernières publications

Remonter au début
Vous n'avez pas la permission de vous inscrire
ut Sed Lorem velit, et, ipsum odio Praesent in ipsum libero Aliquam