Football

Pourquoi t’aimes le foot – “Second poteau Pavaaaaaaard”

Enfin, la trêve internationale est de retour ! Après un mois d’attente, nos sélections nationales vont revenir sur le devant de la scène. Ça t’embête plus qu’autre chose ? Ne t’en fais pas, on va bien s’occuper de toi pendant ces quinze jours ! On profite de ce petit moment de répit (ou d’ennui) pour te montrer ce qui nous a fait aimer le football, avec une liste non exhaustive de matchs de légende du XXIe siècle. L’objectivité est loin d’être le maître-mot mais force est de constater que les amoureux du football se souviennent forcément de ces soirées endiablées, pour leurs scénarios, leurs ambiances, leurs contextes, leurs émotions dégagées.

France – Argentine, huitième de finale de la Coupe du Monde 2018

  • Le contexte

Un match couperet, un match à élimination directe : l’erreur est interdite. Les Bleus s’avancent sans grande certitude, après un premier tour bien géré, mais loin d’être convainquant. Les victoires étriquées contre l’Australie et le Pérou ne sont pas de nature à fanfaronner. Le triste 0-0 contre le Danemark non plus. Mais si les Tricolores ont déçu, que dire de l’Albiceleste ! Surpris par l’Islande, balayés par la Croatie, les Argentins étaient au bord du gouffre jusqu’au but de Rojo à cinq minutes du terme de la rencontre face au Nigéria : sans doute l’une des pires équipes Argentine de l’histoire. Sauf qu’il y a Messi. Et un Messi, ça peut changer la vie. Deschamps se méfie, et il a raison. Ce match sera compliqué, mais il sera le déclencheur de ce qui arrivera par la suite.

  • Les compos

  • Le match

Pas vraiment de round d’observation. Les Français semblent concernés, et mesurer l’importance de la rencontre. Agressifs sur chaque intervention, ce sont eux qui donnent le ton d’entrée. Et dès la 6e minute, Mbappé contraint Mascherano, qui vivra un véritable calvaire tout au long de la partie, à la faute. Sur le coup-franc, aux abord de la surface, décalé sur le coté droit, Griezmann enveloppe sa frappe qui termine sur la barre d’Armani, qui semblait battu. Ce n’était que le premier acte du duel entre notre Grizou national et le portier argentin.

crédit photo : letélégramme

Quelques instants plus tard, sur un contre supersonique, Mbappé remonte tout le terrain à une vitesse éclair (il sera flashé à 37km/h!), élimine Banega, laisse sur place Mascherano avant d’intelligemment jouer le contact avec Rojo dans la surface de réparation. Pénalty pour les Bleus ! Sans trembler, l’attaquant de l’Atlético prend Armani à contre-pied. 1-0 ! Deschamps avait très bien ciblé le problème de l’Albiceleste sur les transitions défensives, forçant son équipe à laisser le ballon aux Argentins pour profiter des contres. Et les Tricolores s’en sont donnés à cœur joie, Mbappé en tête. Le natif de Bondy, par sa vitesse et sa percussion, donne le tournis à ses adversaires et est tout proche, quelques minutes plus tard, d’obtenir un second pénalty, pour une faute de Tagliafico, malheureusement à la limite de la surface de réparation. Le coup-franc frappé par Pogba ensuite ne donnera rien. Puis, les ardeurs vont quelques peu se calmer. Enfin, juste avant la pause, les Argentins vont trouver le moyen de revenir dans la partie. Sur un décalage de Banega, Di María, excentré coté droit de la surface, esseulé à plus de 25m de la cage de Lloris a tout le loisir d’envoyer une merveille de frappe dans la lucarne. Transparent jusque là, El Fideo prouve qu’il ne faut jamais douter d’un joueur de classe mondiale.

crédit photo: CBS Sports

Sonnés par cette égalisation, les Bleus vont avoir du mal à replonger dans la partie, et ce même après le repos. Les Argentins repartent tambours battants et Di María contraint Pavard à la faute, sur le coté droit. Sur le coup-franc, Messi hérite de la gonfle et tente une frappe, de premier abord sans doute trop molle. Sauf que comme par miracle, Mercado dévie, involontairement, le ballon et trompe Lloris à contre-pied. La chance sourit aux Sud-Américains, et le coup de massue est terrible.. Sauf que, justement, les 9 minutes qui vont suivre ce but seront sans-doute celles d’un acte fondateur. Dos au mur, éliminés de la Coupe du monde à cette instant, les Français ne vont pas douter outre mesure. On joue alors la 56e quand Fazio, entré à la pause à la place de Rojo, est tout proche d’une bourde monumentale après une mésentente avec son gardien dont est tout proche de profiter Antoine Griezmann, malheureusement trop court sur l’action. Mais une minute plus tard, la Coupe du monde des Tricolores va basculer. Sur un ballon appuyé de Matuidi dans le dos de la défense Argentine, Hernandez s’arrache et réussit à centrer. Personne ne touche le ballon qui arrive jusqu’à Benjamin Pavard au second poteau. La suite ? Un commentaire mythique de Grégoire Margotton, encré dans la légende, et un Bixente Lizarazu, qui a totalement lâché son costume de consultant pour celui de premier supporter. Et c’est tellement mieux ainsi.

Ce but extraordinaire va alors donner des ailes aux Français, qui vont faire le trou en à peine 5 minutes. On joue la 64e minute quand, sur un centre d’Hernandez, une nouvelle fois, Matuidi tente une reprise en demie volée. Le ballon est contrée mais revient dans les pieds de Kylian Mbappé. Sur sa spéciale, une feinte de frappe pour s’emmener le ballon, le futur attaquant du Paris-Saint-Germain enrhume toute la défense à une vitesse supersonique pour frapper pied gauche et tromper Armani de près. 3-2, les Bleus reprennent l’avantage et, quatre minutes plus tard, font même le break. Sur une action rondement menée, partie d’Hugo Lloris, Griezmann trouve Matuidi qui lance Giroud. En une touche, d’un joli pointu, l’attaquant de Chelsea lance Mbappé coté droit qui, d’une frappe croisée, trompe de nouveau Armani. Un break que l’on pensait alors presque définitif.

Mais en coupe du monde, il ne faut jamais jurer de rien. Les Français ont eu des occasions de tuer le match, notamment par Giroud, mais n’y sont jamais parvenus. De l’autre coté, l’Argentine ne s’est pas réellement montrée dangereuse, même si Messi, après un joli slalom dans la défense, eut une belle occasion. Mais dans le temps additionnel, Agüero, entré en cours de match, fit passer un frisson qu’on ressentit jusque dans l’hexagone. Sur un centre millimétré de son amigo Messi, l’attaquant de Manchester City décroise sa tête pour tromper Lloris et redonner un semblant d’espoir à tout un peuple. Sur un dernier ballon dangereux, au bout du bout de la rencontre, l’arbitre siffla la fin du match. La délivrance pour Deschamps et toute sa troupe, auteur d’un match monstrueux, légendaire, qui restera dans les anales. Et qui sera surtout le début d’une épopée, jusqu’à la deuxième étoile.

  • Le jeu

Didier Deschamps avait un plan collectif. Sampaoli avait Messi. Très critiqué, et ce même en interne, le sélectionneur sud-américain n’a évidemment pas été en mesure de proposer un plan de jeu efficace, faisant reposer tout le poids d’une éventuelle qualification sur les épaules du quintuple Ballon d’or. Sauf qu’en Coupe du monde, cela ne suffit pas. Son milieu de terrain a été incapable d’apporter de la densité en phase offensive, et il a tout simplement pris l’eau dans les grandes largeurs à la perte de balle. Le trio Mascherano – Perez – Banega a senti le souffle de Kylian Mbappé passer pendant une heure et demie. Les latéraux ont entamé le match plein de bonnes intentions, mais les espaces béants dans leur dos ont fait mal. Rappelons par ailleurs que le premier rôle d’un défenseur est avant tout de défendre. Devant, Messi a joué comme à son habitude en marchant. Et si Di María a été assez remuant, cela n’a pas suffi. Pour gagner un match de Coupe du monde, il faut de l’envie ! Et les Français en avaient à revendre. Ils auraient pu douter, après l’égalisation, et surtout lorsque Mercado a inscrit le deuxième but. Mais les Bleus n’ont pas dérogé à leurs principes et ont continué à jouer. Mbappé a été monstrueux sur la transition offensive, alors que son pendant à gauche, Matuidi, s’est contenté de bien resserrer le jeu dans la zone de Messi. Le binôme Kanté – Matuidi a d’ailleurs parfaitement muselé le Barcelonais. Griezmann a récité sa partition en régulant parfaitement le jeu de son équipe, tout en étant décisif sur coup de de pieds arrêtés. La défense a été dépassée à 3 reprises mais, globalement, les Argentins n’ont pas réussi à se montrer dangereux à outrance. L’envie a fait la différence. Les champions du monde 1998 avaient les crocs. Et surtout un grand Kylian Mbappé

  • L’homme fort

crédit photo : télérama

Record de vitesse (37km/h) en Coupe du monde égalé. Deuxième plus jeune joueur à réussir un doublé en phase finale d’un mondial depuis le Roi Pelé. Mais surtout, un match plein, la fougue d’une jeunesse insouciante. Mbappé aura donné le tournis à la défense argentine. il se sera régalé des espaces laissés par Tagliafico et ses compères. Dangereux sur chacune de ses prises de balle, il a montré au monde entier ce qui l’attendait pour les quinze prochaines années. Un joueur hors-norme, un OVNI. Un joueur qui marquera la légende du football et, cocorico, il est Français.

Crédit photo France Football



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