Après des années à faire parler de lui dans tous les médias européens, Mario Balotelli est retombé dans un relatif anonymat. Joueur fantasque et génial, mais surtout intermittent, comment une telle personnalité peut-elle tomber dans l’oubli ?
On se souvient encore ému de son formidable doublé contre l’Allemagne lors de l’Euro 2012. L’attaquant de City avait crevé l’écran avec sa tête, son missile en pleine lucarne et une célébration légendaire. On l’imaginait même devenir un énième “9” qui allait briller sur la durée avec la Squadra Azzura. Mais rien ne s’est passé comme prévu…
Une carrière en dents de scie marquée par un caractère compliqué

Balotelli explose aux yeux du football italien à seulement 17 ans à l’Inter Milan. Une époque où le club interiste multiplie les titres de champions et concourt surtout pour la victoire finale en Ligue des champions. Un Graal pour tout footballeur, qu’obtiendra Mario à seulement 20 ans.
Mais s’il montre un talent indéniable balle au pied, c’est sur un autre aspect que le bât blesse. Super Mario est connu pour être l’un des sportifs les plus excentriques du monde. Mais il ne s’agit pas ici de se dire qu’il prend quelques cartons jaunes ou qu’il exulte un peu trop fort quand il marque un but. Il est considéré par nombre de ses coachs comme ingérable. Accident de voiture, visite en prison pour tuer l’ennui, bagarres ou encore relations toxiques avec ses coéquipiers et entraîneurs sont autant de problèmes qui vont ruiner un bon début de carrière.
Son passage à Manchester City (2010/2013) sera mitigé et malgré une embellie le temps d’une saison au sein de l’AC Milan (2013/2014), la suite ne sera qu’une lente descente. De 2014 à 2016 il enchaîne deux saisons catastrophiques à Liverpool et Milan où il ne marque que très peu. Il faudra attendre une arrivée presque surréaliste dans notre chère Ligue 1 pour voir Balotelli retrouver des couleurs. Mais comme souvent, après de bons débuts il va décevoir notamment à cause de problèmes de comportement et de relation avec le coach. Après un transfert en catastrophe à l’Olympique de Marseille mais quelques bons matchs, il quitte définitivement la France à l’orée de la saison 2019/2020.
Un retour salvateur en Italie ?
Après la France, retour au bercail en Italie à Brescia. Le club vient d’être promu en Serie A, possède de bons jeunes et la pression n’est pas si élevée avec des attentes collectives et individuelles assez faibles. Et c’est aussi pour lui un retour aux sources, dans une ville proche d'où il a grandi en Lombardie.
Si ses prestations sportives ne sont pas si bonnes, tout n’est pas à jeter. Mais c’est encore une fois dans ses relations avec les autres que tout va se compliquer. Tout n’est pas de sa faute mais il va encore manquer de professionnalisme…
On le croit alors fini pour le football, mais nouveau rebondissement avec un nouveau club trouvé alors que les différents championnats ont commencé il y a un petit moment. C’est l’AC Monza, un modeste club de Serie B où évolue d’ailleurs son ancien coéquipier milanais Kevin-Prince Boateng, qui prend ce pari. Autre petit clin d'œil de l’histoire, le club appartient à Silvio Berlusconi qui fut le grand boss de Balotelli lors de ses passages à l'AC Milan. Dès son premier match en décembre dernier, il ne lui fallut que quelques minutes pour trouver le chemin des filets sur son premier ballon.
Retrouver la Serie A
Mais malgré son jeune âge (30 ans), ses différentes coupures et son hygiène de vie ont souvent raison de lui avec des blessures à répétition depuis quelques années. Un problème musculaire va l’éloigner des terrains pendant plus d’un mois avant de le voir enchaîner les minutes depuis le mois de février. Si aucun souci de comportement n’est à déplorer, il ne brille pas non plus par son efficacité. Son club en aurait pourtant bien besoin. À quelques journées de la fin du championnat, l'accession est toujours possible en Serie A. Pouvoir briller de nouveau dans l’élite du Calcio aurait un goût particulièrement savoureux pour l’enfant terrible du football italien.
Crédits photo image de une : Janosh Diggelmann, CC0