Rétro : Quand Trump avait sa propre course cycliste

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L’histoire est peu connue du grand public et pourtant Donald Trump, actuel président des États-Unis d’Amérique disposait à la fin des années 80 de sa propre course cycliste professionnelle. Baptisé Le Tour de Trump, l’ancien promoteur immobilier avait pour rêve de faire de l’ombre à la reine des épreuves cyclistes le Tour de France.

Le personnage Trump

Aujourd’hui, Donald Trump est sans doute l’homme politique le plus controversé du monde. Personnage atypique dans le monde de la politique, il irrite. Avant de devenir président des États-Unis d’Amérique, le new-yorkais de naissance fut un businessman intraitable, prêt à tout pour s’enrichir encore un peu plus et faire parler de lui. Il fait son entrée sur la scène médiatique américaine à la fin des années 1970. Un peu comme un Jean-Michel Aulas ou un Bernard Tapie en France, il est le modèle de l’homme qui réussit et le fait savoir. Donald Trump a un grand amour le sport. Il décide donc tout naturellement d’investir dans ce monde très lucratif au début des années 80.

Il va acquérir les Générals du New Jersey, une franchise de football américain avec l’espoir de concurrence la NFL la ligue majeure du sport dans le pays. Cet investissement va s’avérer être un échec mais Trump ne se résigne pas pour autant. Il va successivement investir dans la boxe et le golf, qui seront deux grandes réussites. Il deviendra notamment le conseiller financier de la star américaine de la boxe Mike Tyson. Dans les années 80, le cyclisme commence à pointer le bout de son nez en Amérique. Quelques coureurs brillent en Europe à l’instar de Greg LeMond qui remporte le Tour de France 1986. Donald Trump y voit alors une excellente opportunité d’investir dans ce “nouveau” sport. De plus, le cyclisme est très populaire en Europe et notamment en France. Déjà très attaché à l’image de son pays à l’époque, Trump se met en tête de faire de l’Amérique, le nouveau lieu fort du cyclisme mondial.

Pourtant l’idée d’organiser une course cycliste d’envergure internationale sur le sol américain n’est pas de lui. Josh Tresh, journaliste pour CBS Sports revient du Tour 1987 les étoiles plein les yeux suite à la victoire de Lemond. Il commence à rêver d’une telle course dans son pays. Il en parle alors à son ami d’enfance, Billy Packer entrepreneur et commentateur de basketball. Le Tour du New-Jersey est naît mais pour lancer définitivement l’épreuve il lui faut un financement.

Packer va donc se rapprocher de Donald Trump et lui propose de devenir le sponsor principal de la course. Connu pour détenir plusieurs casinos, Trump est de suite emballé par le projet. Il décide de devenir le sponsor principal de la course à condition que la course de se déroule proche de ses casinos. Packer accepte même de baptiser l’épreuve au nom de l’homme d’affaire. Pour Trump c’est le graal, cela lui permet d’accroitre sa notoriété médiatique déjà importante à l’époque. Il faut dire son autobiographie Trump : The Art of the Deal reste pendant 13 semaines en tête des livres les plus vendus du pays. Sa Trump Tower qui brille dans le ciel de New-York est vu comme un modèle de réussite par tous les jeunes du pays. Au début des années 80, Trump est une superstar.

Le Tour de Trump : une histoire d’argent

Le nom de Trump assure l’attrait des médias mais encore faut-il que la course soit au niveau escompté. Pour sa première édition en 1989, le cashprize est d’un total de 250 000 $, avec une dotation de 50 000 $ rien que pour le seul vainqueur. Les organisateurs ne négligent aucun aspect pour faire du Tour de Trump, une épreuve mondiale. Ils décident de placer la course entre le Giro et le Tour de France. De quoi attirer quelques-unes des stars du peloton. L’engouement monte très vite et de nombreuses équipes professionnelles , même européenne se déplacent sur le sol américain. Certaines vont même jusqu’à annuler leur participation à la Vuelta pour pouvoir venir sur le sol américain.

Eric Vanderaerden, récent vainqueur du Paris-Roubaix et Andrew Hampsten, vainqueur du Giro 1988 participent à la première édition. Tout juste remis de son grave accident de chasse, la star américaine Greg Lemond en profite pour faire son retour à la compétition après deux ans d’absence. Il remportera d’ailleurs quelques mois plus tard son deuxième Tour de France. 

Cependant, tout n’est pas rose. La course peine à attirer la foule américaine. Si le Tour de France suscite un véritable engouement populaire de la part de la population française, le cyclisme est encore quelque chose d’abstrait et d’assez méconnu dans la culture américaine. De plus, Donald Trump avait déjà à l’époque de nombreux détracteurs. Son livre Trump by Trump sorti en 1987 est critiqué par une grande partie de la population américaine. L’homme d’affaire promeut l’enrichissement à tout prix qui a pour conséquence d’entrainer des manifestations dans plusieurs villes de l’État de New-York lors de la première étape de la compétition pour se faire entendre au nom de l’anti-trumpisme. Trump dans son style si caractéristique déclare publiquement : “Le Tour de Trump devrait devenir comme le Tour de France dans le futur”.

Sur le plan sportif tout n’est pas parfait non plus lors de cette première édition. Déjà vainqueur de quatre étapes, Eric Vanderaerden semble être bien partie pour remporter la première édition. Cependant, il prend un mauvais virage en suivant la moto d’ouverture lors du contre-la-montre ce qui lui fait perdre son maillot de leader au dépend du futur vainqueur de l’épreuve. La course est aussi le théâtre de la révélation du talent de Viartcheslav Ekimov encore amateur à l’époque et qui remporte la première étape. Le surprenant norvégien Dag-Otto Lauritzen remporte la première édition de l’épreuve au terme d’un contre-la-montre final dans les rues d’Atlantic City où l’arrivée est jugée juste devant le Trump’s Casino.

Une simple parenthèse dans l’histoire

Pour sa deuxième édition en 1990, les organisateurs se vantent d’avoir attiré encore plus de stars. Le futur maillot vert du Tour 90 Olaf Ludwig et le grimpeur Raul Alcala se déplacent sur le sol américain pour cette seconde édition. Si l’allemand remporte quatre étapes, c’est le mexicain qui remporte l’épreuve. Les deux coureurs sont deux valeurs sûres du peloton. Cependant, ils sont loin d’être les coureurs les plus populaires et connus médiatiquement. La course peine à attirer les grandes stars européennes.

Omniprésent dans son rôle d’organisateur Trump est partout. Présent sur tous les podiums, ils participent également à toutes les conférence de presse. Cependant le futur président se fait prendre un son propre jeu. En 1990, il traverse une période compliqué avec l’annonce de son divorce avec son épouse Ivana. Il connait également d’importants problèmes financiers. Sa cote de popularité diminue et il n’est pas épargné par les médias américains. À l’issue de cette seconde édition, Donald Trump décide de retirer du monde du cyclisme.

Le Tour de Trump sera alors remplacé par le Tour DuPont qu’un certain Lance Armstrong remportera à deux reprises. Le repreneur de l’épreuve John Dupont est accusé de meurtre et l’épreuve disparaît définitivement en 1995. Malgré la volonté et les moyens engagés l’épreuve ne connaitra jamais un succès mondial. L’argent n’achète pas la passion.

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Depres Nicolas

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