Révolution féminine et affirmation esthétique : une contradiction ?

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Alors que la Révolution féminine à la WWE a atteint son pic lors du main event de Wrestlemania, les fans semblent moins enclins à accepter qu’une catcheuse soit centrée sur l’esthétique, tout en continuant à la juger sur des critères physiques. Pourquoi beauté et révolution féminine ne feraient-elles pas bon ménage ?

La période des Divas toujours dans les têtes

Avant 2015, les catcheuses de la WWE n’étaient pas considérées comme des Superstars à part entière. Elles répondaient au nom de Divas. A l’origine, le théâtre lyrique employait le terme « diva » pour désigner une cantatrice célèbre par son talent et par sa réputation. Peu à peu, ce terme a dérivé jusqu’à prendre un sens péjoratif et s’associer à des mots tels que « caprices » ou encore « princesse ».

Ce terme régissaient les divas de la WWE. Elles se devaient d’être belles, athlétiques (mais pas trop), et féminines. Celles qui ne correspondaient pas à ces critères étaient immédiatement cataloguées comme « anti-diva » : Paige, qui était gothique, AJ Lee, qui était rusée, ou encore Karma, qui était forte.

Ce n’est qu’en avril 2016 que le terme diva et toute sa terminologie disparaissent au profit du terme de Superstars, déjà incombé aux catcheurs du sexe opposé. Cela ne fait que trois ans que les Superstars féminines ont commencé leur véritable révolution en étant logées à la même enseigne que leurs homologues masculins.

Le critère esthétique relégué au second plan

A la suite de la disparition du terme « diva », le critère de la beauté s’estompe, laissant une place majoritaire aux qualités physiques et athlétiques des lutteuses.

De plus, les physiques des Superstars féminines se montrent plus variés. Le roster se composent de corps moins mannequin et plus musclés comme avec Charlotte Flair, Lacey Evans et Dana Brooke. En terme de taille, des changements sont également visibles. Dans les années 2000, le mètre soixante dix huit de Michelle McCool était son plus grand atout. Aujourd’hui, du côté de NXT, on peut voir une Kacy Catanzaro et son mètre cinquante deux.

Aujourd’hui, la performance dans le ring a pris le pas sur l’apparence physique. Livrant des matchs cinq étoiles et des performances du même calibre que leurs collègues masculins, les femmes de la WWE laissent moins de place à des storylines plus attribuées à la femme. Par comparaison avec les décennies passées, les shows sont moins rythmées d’histoires d’amour, de coucheries ou de séduction.

L’esthétique comme caractéristique du personnage

Mais avec cette focalisation sur l’athlétisme et le workrate, les fans sont de moins en moins enclins à accepter qu’une femme joue de sa beauté. Ainsi, aujourd’hui sont plutôt décriées des Superstars comme Mandy Rose ou Lana, mettant en avant leur plastique.

Pourtant, il a toujours existé des Superstars, masculines comme féminines, ayant parmi leurs caractéristiques principales la beauté. On se souvient notamment d’un certain Shawn Michaels, dont la musique même était une ode à son physique et au fait qu’il attirait les femmes. Actuellement, on peut citer Tyler Breeze, dont la musique se vante de son merveilleux physique et qui va jusqu’à entrer sur le ring avec une perche à selfie pour refléter sa beauté sur les écrans.

Le critère de beauté physique fait partie intégrante de leur personnage, voire en est l’essence même. Pour Mandy Rose et Lana, c’est la même chose. Il y a toujours eu des personnages imbus de leur physique et il y en aura toujours. Seulement, avec le passé de la division féminine, l’univers de la WWE est moins enclin à laisser passer ce trait chez une femme. La Révolution féminine visait à ce que les athlètes féminines puissent être qui elles veulent être et faire ce qu’elles veulent faire. Si mettre en avant leur esthétisme est ce qu’elles veulent faire, critiquer leur choix de personnage est aller à l’encontre de ce que la Révolution féminine représentait. C’est en ayant des personnages féminins et masculins qui jouent de leur physique que l’on atteint une égalité entre les deux divisions.

La beauté ne compte pas… mais un peu quand même

C’est ce genre de commentaires que l’on peut voir facilement sur Twitter sur le physique des catcheuses. Lors de l’épisode de Smackdown du 30 août, il est possible de lire des remarques sur la chirurgie de Charlotte ou encore la tenue vestimentaire de Bayley.

Cette contradiction naît auprès des fans avec la révolution féminine. Bien qu’ils ne veulent pas voir de personnages féminins basées sur l’esthétique, les critères de beauté doivent tout de même être appliqués à chacune des Superstars féminines. Ainsi, les Superstars féminines sont toujours attendues sur leur physique. Mais elles doivent également soigner leurs performances dans le ring, sans que leur apparence esthétique ne les éclipse.

Les femmes de la WWE sont donc parvenues à se défaire de la simple apparence physique pour démontrer leurs compétences athlétiques dans le ring. Cependant, il demeure une certaine réserve chez les fans qui semblent lassés des personnages cent-pour-cent esthétiques. Ces mêmes fans désirent tout de même voir des athlètes correspondant aux standards de beauté en face d’eux. Les Superstars féminines font donc face à un véritable casse-tête.

Oui, une femme peut faire partie de la Révolution féminine et mettre en avant le fait qu’elle s’inscrive dans les standards de beauté. Un personnage basé sur la beauté physique est un personnage comme les autres et peut être aussi bien féminin que masculin. L’histoire nous l’a prouvé.

Image de mise en avant: wwe.com

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