Élu Vélo d’or en 2021, Tadej Pogacar est sans aucun doute le meilleur cycliste de cette année 2021. Vainqueur du tour de France, mais aussi de deux monuments, il est le porte-drapeau de la nouvelle génération de cyclistes. Décomplexé, performant sur tous les profils d’étapes et sur toutes les types de courses, Tadej Pogacar est à 23 ans la nouvelle star du cyclisme international. Retour sur sa saison hors-normes.
Une maitrise impressionnante des grands tours
Après une décennie de tours de France remportés par des coureurs expérimentés (Evans, Wiggins, Froome, Nibali, Thomas), les 3 derniers grands tours ont laissé place à une nouvelle génération de coureurs.
D’abord Egan Bernal 3ème plus jeune vainqueur du tour de France en 2019 représentant le futur de l’équipe Inéos. Battu donc par Tadej Pogacar un an plus tard qui a remporté son premier tour de France à 21 ans.
Outsider et vainqueur plutôt inattendu en 2020 en prenant le maillot jaune lors du contre-la-montre de la dernière étape avant les Champs Élysées, il a cette fois-ci assumé son rôle de favori et maitrisé en patron ce tour 2021.
Cette année devait donc être celle de la confirmation. Le slovène était attendu au tournant, comme son équipe, plutôt discrète en 2020.
Il a d’abord su éviter les pièges de la première semaine, notamment les chutes qui ont contraint à l’abandon l’autre grand favori, son compatriote Primoz Roglic. Il a rapidement pris les commandes du général lors de la 6ème étape en reprenant le maillot jaune à Mathieu Van der Poel. Vainqueur du 1er contre la montre il s’est dès la première semaine assuré d’un matelas confortable sur ses adversaires pour pouvoir être serein. Il n’a été lâché qu’à une seule reprise, sur les pentes du mont Ventoux lors de la 11ème étape mais sans conséquence au général.
Sans Roglic qui a abandonné, et sans Bernal absent du tour de France, il n’a pas eu de rival à son niveau. Jonas Vingegaard et Richard Carapaz, respectivement 2ème et 3ème finissent avec plus de 5 minutes de retard sur le slovène.
Surtout Pogacar s’est comporté en patron et a remporté 3 étapes, reflet de sa domination sans réel partage. Le 1er contre la montre donc qui montre sa polyvalence puis deux étapes de montagne dans les Pyrénées en 3ème semaine. D’abord au sommet du col du Portet lors de la 18ème étape puis au sommet de Luz Ardiden lors de la 19ème étape. Il a chaque fois devancé ses 2 principaux adversaires sur la ligne, Carapaz et Vingegaard. Il n’a jamais été battu en montagne par des concurrents directs, laissant dans les alpes notamment la victoire aux échappées. C’est aussi la preuve que Pogacar sait gérér une course de 3 semaines en laissant les échappées se disputer la victoire et ne pas faire faire d’efforts superficiels à son équipe.
Déjà double vainqueur du tour de France a seulement 23 ans, le slovène a déclaré vouloir essayer de réaliser le doublé Giro tour de France en 2022. Le dernier à l’avoir réalisé étant Marco Pantani en 1998. Un doublé quasi impossible dans le cyclisme actuel, à la hauteur de son talent et de ses ambitions. De plus si Egan Bernal et Primoz Roglic sont à leur meilleur niveau.

Tadej Pogacar, le plus fort au sommet du col du portet de la 17ème étape du tour
Le panache et la polyvalence pour remporter les plus grands monuments
Le slovène a ouvert son compteur de monuments cette saison en remportant le Tour de Lombardie et liège Bastogne liège. Une preuve que Pogacar est un coureur complet, à la fois résistant et explosif, capable de se découvrir tôt dans une course pour surprendre et gagner. Avec Wout Van Aert, Mathieu Van der Poel et même Julian Alaphilippe, il rompt avec l’hyperspécialisation des coureurs ces dernières années. A l’image de christopher Froome, vainqueur de 7 grands tours mais d’aucun monument. Mais aussi des coureurs flandriens se concentrant uniquement sur Paris Roubaix et le Tour des Flandres. Seul Vincenzo Nibali sur la précédente décennie avait à la fois gagné des grands tours (4 au total) et des monuments (2 tours de Lombardie et Milan San Remo).
Ce qui surprend le plus est qu’il soit capable de gagner ces monuments la même année que le tour de France. Vincenzo Nibali par exemple n’a jamais gagné un monument la même année qu’un grand tour. Pogacar a donc des capacités de récupération exceptionnelles et une envie de tout gagner tout de suite.
Déjà sur le podium en 2020 à liège Bastogne liège dans le groupe du vainqueur (Roglic) avec Alaphilippe, Marc Hirschi et Matej Mohoric. Il s’est cette fois imposé au sprint dans une configuration similaire avec un groupe de 5 coureurs (Alaphilippe, Gaudu, Valverde, Woods). Il a d’abord su contenir les attaques d’Alaphilippe et de Woods dans la cote de la Roche-Aux-Faucons puis su battre au sprint des coureurs censés être plus rapides que lui (Valverde, Alaphilippe).

Enfin, il a magnifiquement conclu sa saison avec la classique qui lui correspond le plus, taillée pour les purs grimpeurs, le Tour de Lombardie. Une course où il a fait preuve de panache en attaquant dans l’avant-dernière difficulté, le Passo Di Ganda. D’abord en suivant l’attaque de Nibali puis en poursuivant seul, plus fort que les autres favoris. Il a ensuite été rejoint par Fausto Masnada, qui au terme d’une belle descente est revenu seul. L’italien s’est accroché dans la dernière petite bosse mais a dû s’incliner au sprint face à Pogacar, plus fort et plus frais.
Le slovène a donc montré à travers ses deux courses l’étendue de son talent. A la fois son intelligence tactique, sa rapidité au sprint, son panache, son explosivité et ses capacités de grimpeur.
Son année aurait pu être parfaite et extraordinaire avec une victoire sur les jeux olympiques remportés par Richard Carapaz. Il a néanmoins réussi à rapporter une magnifique médaille de bronze en terminant deuxième du sprint de son groupe derrière Wout Van Aert. Trop juste physiquement pour suivre Richard Carapaz.

Pogacar a donc inscrit à son palmarès les 2 monuments qui correspondent le plus à son profil. La question est donc de savoir s’il peut remporter d’autres classiques. Les flandriennes semblent encore trop compliqués pour lui. Il sera intéressant de juger son agilité sur l’étape des pavés lors de du tour de France 2022.
Enfin avec ses qualités de sprint et d’explosivité, il n’est pas impossible de le voir briller sur Milan San Remo, soit en réglant un sprint en petit comité soit en faisant la différence seul dans le Poggio.