Ça roule…

EXCLU – Tadej Pogacar : “Pouvoir remporter des victoires dès ma première année était incroyable”

Alors qu’il est toujours confiné avec le reste de son équipe aux Émirats Arabes Unis, Tadej Pogacar a accepté de répondre nos questions (avant l’épisode de la quarantaine). Du haut de ses 21 ans, le slovène a impressionné pour sa première saison professionnelle en remportant 3 étapes sur la Vuelta et en terminant sur le podium. Cette année, il aura l’occasion de découvrir le Tour de France où il nourrit d’ambition tout en gardant la tête sur les épaules. 

Comment avez-vous commencé à faire du vélo ?

J’avais 9 ans quand j’ai fait ma première course, c’était juste une boucle de 3 km et nous devions faire des tours. J’étais plus jeune que les autres enfants parce qu’il n’y avait pas de catégorie d’âge pour moi. Je me souviens encore que j’ai gagné ce jour-là et que j’ai beaucoup aimé ça, alors je suis revenu.

À quel moment pensiez-vous pouvoir en faire une carrière ?

J’ai commencé à travailler avec Andrej Hauptman qui était et reste une figure très importante du cyclisme slovène. Il a cru en moi pour m’aider à devenir un coureur professionnel. Aujourd’hui, nous travaillons ensemble au sein de l’équipe des Emirats Arabes Unis et il m’aide toujours à progresser en tant que coureur.

Était-ce un rêve ?

Oui, bien sûr, pour tout jeune cycliste, c’est un rêve de devenir professionnel et de faire ce que l’on aime.

Vous venez de Slovénie, un pays où le cyclisme n’est pas le sport national. Comment vous et les autres cyclistes slovènes êtes-vous perçus dans votre pays ?

Au cours des deux dernières années, le cyclisme a explosé en Slovénie. Principalement grâce aux succès de Primoz Roglic. Avant, le cyclisme n’était jamais diffusé à la télévision, mais maintenant il devient de plus en plus populaire.

Est-il important pour un petit pays comme la Slovénie de briller par le sport ?

Nous ne sommes que 2 millions de personnes en Slovénie, donc si nous réussissons dans le sport, c’est vraiment important pour le pays.

Vous avez choisi l’équipe des EAU pour commencer votre carrière professionnelle, qu’est-ce qui vous a fait signer avec eux ?

J’ai eu l’opportunité grâce à Andrej Hauptman. Depuis que je suis arrivé dans l’équipe le premier jour, je me suis senti chez moi. Jan Polanc est également présent et je peux dire que j’ai beaucoup d’amis dans l’équipe.

Comment résumer votre première saison professionnelle ?

Beaucoup plus que ce que j’attendais. Pouvoir remporter des victoires dès ma première année était incroyable. Cela me motive davantage à continuer à travailler plus dur.

Pour votre premier Grand Tour, vous avez gagné 3 étapes et terminé sur le podium, c’est assez incroyable. Vous attendiez-vous à réaliser d’aussi bonnes performances dès le début de votre carrière ?

Non, je sais que je peux bien grimper mais je ne m’attendais pas à gagner autant. Je garde les pieds sur terre.

Comment s’est passé l’hiver ? Pas trop difficile de faire du vélo en Slovénia ?

L’hiver dernier, j’ai déménagé dans le sud de la France, il fait donc un peu plus chaud qu’en Slovénie.

Etes-vous surpris d’être en si bonne forme au début du mois de février ?

Je suis encore loin d’être au mieux de ma forme comme je l’étais à la Vuelta l’année dernière.

Gagner très tôt dans la saison est important pour vos prochains objectifs, n’est-ce pas ?

Non seulement gagner, mais aussi être là avec les rivaux est important, oui.

Quelle est votre relation avec Fabio Aru ? Lequel d’entre vous sera le leader du prochain Tour de France ?

Fabio est l’un des meilleurs coureurs du Grand Tour de sa génération. Le Tour est très loin. C’est mon premier Tour, donc ce sera une expérience d’apprentissage pour moi et je suis sûr que Fabio peut m’apprendre beaucoup de choses.

Que pensez-vous de votre calendrier 2020 ?

Il est très bien. Il est évident que le Tour sera une perspective très excitante. J’ai toujours rêvé de le faire.

À 21 ans, vous avez déjà battu les meilleurs coureurs du peloton plus d’une fois sur la pédale. On sent déjà une certaine maturité en vous, à quel point voulez-vous vous améliorer ?

J’ai une grande faim et j’essaie toujours de m’améliorer.

Un mot sur ce groupe de l’équipe des Emirats Arabes Unis ?

C’est un bon équilibre. Notre objectif est d’être l’une des meilleures équipes au monde et je pense que nous sommes sur la bonne voie pour y parvenir.

Propos recueillis par Depres Nicolas

 



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