Entre le Giro et le Tour de France, la rédaction cyclisme de WeSportFr a décidé de classer les 100 meilleurs cyclistes de la deuxième moitié du XXè siècle à nos jours. Deuxième de notre classement, à seulement 2 points du premier, un Breton tenace, un coureur polyvalent qui a tout gagné (ou presque) : Bernard Hinault. En 3 dates clefs, voilà ce qu'il faut retenir du Blaireau.
24 Avril 1977 : la première victoire dans Liège-Bastogne-Liège
Bernard Hinault est professionnel depuis 2 ans, il a intégré l'équipe Gitane-Campagnolo de Jean Stablinski, bientôt remplacé par Cyrille Guimard. Le Breton commence sa carrière par des coups d'éclat et des coups de gueule et, bon an mal an, se fait une place et un nom dans le peloton.
Quand arrive donc 1977, il est l'un des leaders de son équipe. Pas encore le cador ultime, mais tout le monde sait que le bougre est capable de bastos létales. On connait aussi son mauvais caractère et quand il abandonne dans les premiers kilomètres d'un Tour des Flandres dont il juge les conditions trop mauvaises pour être couru, on s'en étonne pas mais ça agace. Bernard Hinault va se reprendre quelques jours plus tard en gagnant Gand-Wevelgem et surtout Liège-Bastogne-Liège.
Il y avait pourtant quelques prétendants : Vlaeminck, Merckx, Maertens pour ce citer qu'eux. Hinault sent bien le coup, prend la roue de l'attaquant dans la côté des Forges et s'impose devant lui au sprint. Cette première victoire dans un Monument, confirmée quelques semaines plus tard dans le Critérium du Dauphiné l'installe comme un coureur qu'il faudra désormais prendre au sérieux.
25 juillet 1982 : son premier doublé Giro-Tour
Ce n'était pas la première fois qu'il faisait le coup. Déjà en 1978, Bernard Hinault avait réussi le doublé Vuelta-Tour de France. Impressionnant, certes. Mais forcément moins que le prestigieux qu'un doublé Giro-Grande Boucle, surtout dans les années 70/80. Il avait d'ailleurs bien failli le faire, déjà en 1980. Mais un genou qui coince l'en avait empêché.
En 1982, pas de genou qui coince. Son équipe est rajeunie et lui permet de remporter son deuxième Giro. Surtout, elle lui permet d'enchainer avec le Tour de France, et lui fait réaliser son premier doublé du genre. La marque des grands. Comme souvent, Bernard Hinault va écraser la concurrence dans les chronos et va cadenasser la course en montagne. Il confirme son statut de très grand coureur, qui pointait déjà après son année 1981 exceptionnelle (Tour de France, Paris-Roubaix, Amstel Gold Race et Critérium du Dauphiné). Il remporte sa quatrième Grande Boucle et la cinquième, synonyme de Panthéon approche.
21 juillet 1986 : la passation de pouvoir
Greg LeMond l'avait mauvaise. L'année passée, il avait eu le sentiment de s'être fait repasser. Bernard Tapie et l'équipe “La Vie Claire” avait jugé plus vendeur de miser sur une cinquième victoire dans le Tour de France de Bernard Hinault plutôt que la première d'un Américain, pourtant très fort. Mais en 1986, ce n'est plus la même limonade. Bernard Tapie l'a promis à Greg LeMond, Bernard Hinault lui-même l'a promis : ce Tour de France, il est pour lui.
Ce n'est pourtant pas l'impression que donne le Blaireau quand il attaque en compagnie de Pedro Delgado dans la première étape des Pyrénées. Pris d'on ne sait quel coup de grisou, le Breton réitère le lendemain, si loin de l'arrivée qu'il est pris d'une inhabituelle défaillance. Tranquille, Greg LeMond peut faire sa grimpette vers Superbagnères et se placer au mieux au classement général. Bernard Hinault aura beau jeu de finir main dans la main avec l'Américain au sommet de l'Alpe d'Huez.
Il voudra faire croire que cinq Tours de France lui ont suffit. S'il avait pu en accrocher un sixième, il n'aurait certainement pas craché dessus.