Entre le Giro et le Tour de France, la rédaction cyclisme de WeSportFr a décidé de classer les 100 meilleurs cyclistes de la deuxième moitié du XXè siècle à nos jours. Aujourd'hui, un Normand conquérant, un rouleur hors pair : Jacques Anquetil.
Et si c'était lui qui avait tout changé ? Et si la préparation de Coppi, les stratégies de Fignon, le matériel de LeMond ou les gains marginaux de Sky n'étaient finalement rien face à la révolution Jacques Anquetil ?
Maître Jacques
Car enfin, quel est le premier coureur de tout premier plan, et en capacité de gagner des classiques, à ne s'être intéressé qu'aux grands tours ? Quel est donc ce premier prototype du rouleur capable de grimper et de mettre 2 minutes aux grimpeurs dans les contre-la-montre ? Maître Jacques, bien sûr.
Jamais d'abord un coureur n'avaient exercé une telle domination dans les grands tours avant lui. Entre 1960 et 1964, sur 15 possibles il en remporte 7, parfois 2 la même année. Il réédite ainsi l'exploit de Coppi d'un doublé Giro-Tour de France et devient le premier à réaliser celui Vuelta-Grande Boucle et ainsi à remporter les trois.
Sprint collectif dans les Pyrénées
Il est aussi le premier à les remporter en comptable, sans le panache habituel d'un Charly Gaul ou d'un Fausto Coppi. Si cet été vous ronchonnez devant votre télévision parce qu'Ineos c'est rien que des méchants qui cadenassent la course et c'est vraiment pas drôle merde alors, pensez plutôt à ça. Lorsque Jacques Anquetil remporte son deuxième Tour de France, il prend le maillot jaune le premier jour et ne le lâchera plus jusqu'à l'arrivée. Il ne laisse à ses adversaires que la poussière de ses miettes, et ce qui devait être l'étape reine de montagne se termine en sprint collectif d'un peloton regroupé. L'équipe de France de Jacques Anquetil n'a laissé de bon de sortie à personne.
Gérant de la route
Si Jacques Anquetil bénéficie aujourd'hui d'une statue de commandeur dans l'histoire du sport français, et qu'il est le symbole d'une France triomphante des années 60, il faut voir comment il était vu par ses contemporains. “Gérant de la route” pour Antoine Blondin, “Nain de la route” pour Jacques Goddet, les qualificatifs les moins flatteurs se succédaient pour amoindrir les performances du Normand.
Il n'en reste pas moins aujourd'hui que Jacques Anquetil a révolutionné l'approche du cyclisme. En étant le premier coureur à remporter 5 Tours de France, il a posé les jalons qui serviront après lui à Eddy Merckx, Bernard Hinault ou Miguel Indurain pour figurer parmi les meilleurs cyclistes de tous les temps. Un pionnier.