Dans la lignée des années précédentes, Trek-Segafredo signe une année plus que correcte, avec quelques coups d’éclat qu’elle doit à ses hommes forts.
Richie Porte, la grande première
Avec Bauke Mollema et Richie Porte au départ du Tour de France, la formation Trek-Segafredo avait toutes les raisons d’espérer un bon classement général une fois les Champs-Elysées franchis. Si son leader néerlandais a dû quitter la course, et mettre un terme à sa saison, en raison d’une chute, l’Australien a répondu présent en décrochant son premier podium en Grand Tour, lui qui a pourtant l’habitude des désillusions sur des courses de trois semaines.
Derrière les deux intouchables Slovènes, Richie Porte s’impose comme le meilleur troisième homme. En constante progression durant les trois semaines de course, le chrono si décisif de la Planche des Belles Filles lui permet de monter sur la boîte. Bien aidé par Kenny Elissonde durant le Tour de France, voilà une belle récompense pour la formation américaine, qui avait toute les raisons d’être frustrée, après les nombreux podiums d’étape et la double deuxième place de son champion du monde, Mads Pedersen, sur la première et dernière étape de la Grande Boucle.
Pedersen et Stuyven ouvrent leur compteur
Certes, remporter Gent-Wevelgem n’égalera pas son maillot arc-en-ciel décroché au Yorkshire, mais Mads Pedersen, à l’aise depuis deux ans sur ces parcours de Classicman, n’avait pas encore ouvert son compteur sur son terrain de prédilection. C’est chose faite sur l’épreuve belge d’un jour, après un final fou et une grosse résistance pour aligner Florian Sénéchal et Mattéo Trentin au sprint.
Davantage sprinteur cette année, en étant capable de remporter des sprints massifs, et encore plus puissant sur le plat au fil des années, le champion du monde 2019 en a payé les conséquences dans les bosses. À l’image du BinckBank Tour, lorsqu’il perd son maillot de leader dans les difficultés. Et sur le Ronde, où l’enchaînement des ascensions a raison de lui. Mais le Danois devait mettre un point d’honneur sur la course qui devait lui convenir cette année : Paris-Roubaix. Avant que la crise sanitaire ne passe par là.
Son coéquipier, Jasper Stuyven, lui aussi habitué des courses d’un jour, n’avait pas encore remporté de grande Classique. Le Belge a aussi remis les pendules à l’heure, sur l’Omloop Het Nieuwsblad, en tout début d’année. Malgré quelques places sur le Tour, l’après confinement a été plus compliqué pour lui. Mais l’essentiel est assuré pour 2020.
Vincenzo Nibali, défait sur “son” Giro
C’était le rendez-vous qu’il attendait, mais aussi l’échéance avec un L majuscule, pour le peuple italien. Après un Mondial à domicile à Imola, où les tifosi rêvaient de voir leur chouchou porter le maillot arc-en-ciel, le vainqueur des trois Grands Tours devait s’offrir un troisième Giro. En théorie en tout cas.
Car malgré les conditions favorables, avec les abandons de Geraint Thomas et Simon Yates, le Requin de Messine bute sur plus fort. Les meilleurs, sur ce Giro dépourvu de grands favoris, ne sont pas les plus attendus. Martyrisé par Joao Almeida, le duo Sunweb Hindley-Kelderman et le futur vainqueur, Tao Geoghegan Hart, le leader italien est finalement en difficulté. Et doit se contenter d’une 7e place, bien loin des meilleurs.
Plus encore, lui qui est habitué à toujours être placé et jouer les victoires d’étape, n’apparait qu’en second rideau. Pour preuve, sa meilleure place sur une étape est une 7e place, sur la toute première pour les grimpeurs, à l’Etna. Depuis 2009, et 17 Grands Tours terminés, il ne lui était arrivé pire qu’une seule fois, sur la Vuelta 2018, lorsqu’il avait terminé à la 59e place du général et pas mieux qu'une 10e place d'étape. De quoi s’interroger pour les saisons à venir, lui qui sera dans sa dernière année de contrat.
Un mercato discret
Du côté des transferts, la grosse nouvelle est bien entendu le départ de Richie Porte vers son ancien amour, le Team INEOS. Alors que Pieter Weening prend sa retraite et que l’expérimenté Will Clarke est remercié.
Du côté des arrivées, Trek-Segafredo tente des coups. Avec Antonio Tiberi (19 ans) d’abord, excellent coureur chez les Juniors, champion du Monde du chrono au Yorkshire, entre autres, et auteur d’une honorable première année chez les Espoirs. Mais aussi les deux Danois, Mattias Skjelmose Jensen (20 ans) et Jakob Egholm (22 ans). Eux aussi brillants chez les juniors, mais qui n’ont pas confirmé en espoirs. Chez les U19, le premier cité a remporté le Tour du Pays de Vaud et terminé 3e de Paris-Roubaix, alors que le second a été champion du monde à Doha. Amanuel Ghebreigzabhier rejoint également la formation américaine.
Crédit photo : Trek-Segafredo