Coupes Européennes

Villarreal remporte la Ligue Europa aux tirs aux buts face à Manchester United

Villarreal vient de remporter la première Ligue Europa de son histoire après une finale sous haute tension face à Manchester United. Cavani a répondu au but de Moreno (29e) en seconde mi-temps, mais aucune des deux équipes n’a pu faire la différence, allant jusqu’aux tirs aux buts (1-1 après prolongations). La séance était si intense que chaque joueur de champ marquait, octroyant le dénouement final aux gardiens. De Gea ne le transformait pas et offrait la victoire aux Espagnols (1-1, 11 tirs aux buts à 10).

Un Villarreal chirurgical en première mi-temps

S’il fallait retenir une équipe des 20 premières minutes, ç’aurait été Manchester United. Les Red Devils ont imprimé un rythme d’enfer d’entrée. Villarreal, asphyxié, ne pouvait ressortir un ballon proprement. Pourtant, le plan de jeu d’Emery était clair. Les ballons devaient partir de la défense pour atteindre un Bacca ou un Moreno. De leur côté, les Mancuniens n’avaient aucune difficulté à pénétrer la surface adverse. Seules les maladresses de Greenwood (12e) et Cavani (24e) permettaient au submarino amarillo de rester en vie. Rulli faisait aussi son match, rassurant Torres et Albiol dans ses sorties. Cependant, la tendance s’inversait à mesure que les minutes s’égrenaient.

Plus incisifs, les joueurs d’Emery progressaient sur le terrain à l’image d’une équipe de rugby. Les coups de pied arrêtés (quatre corners, six coups francs en première mi-temps) permettaient à Parejo de s’exprimer. Finalement, c’est sur l’un d’eux que le score se débloquait. Lors des 4 confrontations précédentes entre les deux équipes, aucun but n’avait été marqué. C’est donc Moreno qui plantait le premier. Excentré sur la gauche, le métronome de Villarreal envoyait une magnifique frappe que son numéro 7 n’avait qu’à dévier. Auparavant, il s’était parfaitement défait du marquage adverse, enrhumant Bailly et surtout Lindelöf. Derrière, Villarreal tenait le score et même plutôt bien, puisque l’on ne sentait pas Manchester revenir à l’approche de la mi-temps. Finalement, Emery et ses hommes rentraient aux vestiaires avec l’avantage en poche.

Moreno, à la Drgoba

Lors de la finale de Ligue des Champions entre Chelsea et le Bayern Münich en 2012, Didier Drogba avait été omniprésent. Les Blues, diminués, étaient venus pour défendre à 10. Leur seul attaquant avait passé son match à courir, partout, pour aider son équipe. C’est à son image que Moreno, par deux fois, a du couvrir le couloir droit déserté par Foyth, blessé à la tête. Vaillant, pas avare en effort, il a été récompensé – comme l’Ivoirien – par un but (29e). Il offrait alors de l’espoir à toute son équipe, qui restait par ailleurs hermétique en Ligue Europa lors de la première mi-temps d’un match. Il marquait son 7e but de la compétition, son 30e sur l’exercice 2020/21.

Cavani sonnait la révolte

Endormis lors de la première mi-temps (voir plus haut), les Mancuniens revenaient avec de bien meilleures intentions en seconde mi-temps. Tout de suite plus présents dans le camp adverse, Pogba, Fernandes & cie mettaient le pied sur le ballon. Si la possession était stérile en première période, elle était beaucoup plus utile lors de la seconde. Fernandes (57e, 68e) ou encore Greenwood (73e) et McTominay (66e, 79e) mettaient le feu à la charnière espagnole. Finalement, c’est bien El Matador qui plantait une banderille. En renard des surfaces, il profitait d’une frappe de Rashford déviée par la défense adverse pour catapulter le cuir au fond des filets (55e). Rageur, il permettait aux siens de revenir et de mettre la pression sur Villarreal. Il ne passait même pas loin du doublé (71e). Il compensait aussi les mauvaises prestations notamment de Pogba et Rashford.

Derrière, le sous-marin jaune semblait accuser le coup. Emery pourtant faisait rentrer du sang neuf, comme Alcácer, Coquelin ou Moi Gómez. Insuffisant pour reprendre l’avantage lors de cette seconde période. Doucement, la décision finale semblait prendre le chemin des prolongations. Solskjær restait lui bien plus impassible sur son banc de touche (à l’image de sa tête sur le but de Cavani), ne procédant à aucun changement lors du temps réglementaire.

Des prolongations indécises

Après 2010 et 2014, cette édition 2021 de la Ligue Europa telle que nous la connaissons se voyait aussi aller en prolongations. De part et d’autre, les joueurs semblaient de plus en plus accuser le coup. Le tacticien norvégien daignait enfin faire des remplacements, Fred faisant notamment son apparition. En dehors de cela, les imprécisions et les fautes jonchaient ces prolongations. Le temps commençait à devenir long pour chaque équipe. Et plus que l’envie de marquer un but, la peur d’en prendre un prenait le dessus. Une dernière frayeur dans la surface de Manchester se faisait ressentir, sur une main du Brésilien, récemment entré en jeu (114e). Finalement, la décision se jouait aux tirs aux buts.

Des tirs aux buts interminables 

Incroyable séance de tirs aux buts. Tout bonnement phénoménale. Les superlatifs manquent, et à la fin c’est bien Villarreal qui s’est imposé, au bout de la nuit. Alors que tous les joueurs de champ marquaient le leur, cette finale s’est parachevée par le tir de chaque gardien. Rulli envoyait une mine imparable. De Gea, impuissant sur de nombreux tirs adverses, envoyait une frappe trop molle que l’ancien portier montpelliérain déviait. Les cris de joie pouvaient enfin laisser place à des silences de cathédrale teintés d’encouragements et d’huées. Emery remporte sa 4e Ligue Europa après ses trois succès avec Séville, sa seconde à l’issue de la séance de tirs aux buts.

Villarreal remporte donc la première Ligue Europa de son histoire, devenant le premier club d’une petite ville à créer l’exploit depuis le FC Malines (Belgique) en 1988. Il ne fait aucun doute que dans Gdańsk et dans la banlieue de Valence, les hourras résonneront jusqu’au bout de la nuit. Convaincants durant tout leur parcours, ce ne peut être que mérité pour les hommes d’Emery. Conséquence directe de l’échec de Manchester United, Monaco disputera les barrages de la Ligue des champions. Le club espagnol est lui directement qualifié pour la C1, laissant sa place en Ligue Europa Conférence au Celta Vigo. 

Crédit photo une : @EuropaLeague

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