Troisième du dernier Giro, Primoz Roglic est un des favoris logique de la prochaine édition de la Vuelta. Le slovène de 29 ans est devenu un des sérieux candidats à la victoire finale d'un Grand Tour après sa quatrième place sur la Grande Boucle l'an passé. Néanmoins, contrairement au Tour d'Italie où il était l'unique leader de son équipe il devra cette fois-ci partager le leadership avec Steven Kruijswijk. 

Roglic, à la conquête du graal

Le slovène a pris son envol lors du Giro d'Italia 2016 où pour son premier Grand Tour il est allé remporte le contre-la-montre. Depuis Roglic a énormément progressé pour devenir le meilleur coureur sur une semaine et l'un des meilleurs coureurs sur trois semaines de courses. 4e du Tour de France 2018, il s'était mis en tête de remporter le Giro d'Italia. Vainqueur de l'UAE Tour, puis du Tirreno et du Tour de Romandie Primoz abordait le Tour d'Italie avec le plein de garanties. 2, le conte de fée avait tout pour finir en apothéose pour l'ancien sauteur en ski. Mais certainement en forme trop tôt, le natif de Trobovlje a perdu de sa superbe et devra se contenter d'une troisième place à Vérone.

Depuis, Roglic a pris le temps de récupérer et a fait le paris de ne pas courir avant le début de cette Vuelta. Cette fois-ci il n'arrivera pas trop tôt et misera sur un pic de forme plus tardif. Il est certainement le meilleur coureur de courses par étapes à l'heure actuelle. Excellent rouleur, il a également toute les capacités nécessaires pour être avec les meilleurs grimpeurs du peloton. Malgré son gabarit il dispose d'un très bon punch qui lui sera certainement utile sur cette Vuelta comme lors de l'arrivée à Los Machucos. Finalement, il pourra regretter que les organisateurs n'ont pas dessiné un très long contre-la-montre. Mais qu'importe, Primoz Roglic est bien le favoris de cette Vuelta 2019.

A 29 ans, on ne parlera pas encore de dernière chance pour Roglic. Mais si le slovène échoue de nouveau dans sa quête il sera difficile pour son équipe de lui accorder de nouveau autant de crédit. D'autant plus que Tom Dumoulin rejoindra les rangs l'an prochain et que Steven Kruijswijk continue a être au niveau. Le sacre d'Egan Bernal sur les routes du Tour le mois dernier montre également que la nouvelle génération est prête et ils ont bien l'intention de mettre les “vieux” au placard.

Primoz Roglic victorieux sur l'UAE Tour en février dernier

Son pire allié : Steven Kruijswijk

Sur la papier, la formation Jumbo-Visma est certainement celle la mieux armée pour triompher à Madrid dans trois semaines. Robert Gesink, Sepp Kuss, George Bennett, Neilson Powless et Tony Martin seront là pour épauler les deux leaders de leurs équipes. Seulement voilà, le sacre de Primoz Roglic repose sur son entente avec son coéquipier Steven Kruijswijk. Il y a un fort à parier que la formation néerlandaise sera devant après le contre-la-montre par équipe inaugural. Plus forte qu'en mai dernier, elle sera certainement tentée de donner les pleins pouvoirs à son coureurs Slovène. Kruijswijk, récent troisième du Tour de France ne sera certainement pas de cet avis.

Si les deux coureurs sont au niveau attendu, Jumbo devra donc faire cohabiter les deux hommes. Dans le passé récent les cohabitations de leaders sur les Grands Tours sont devenus monnaie courante. Depuis deux ans, le Team Ineos aligne deux leaders. Thomas et Froome sur le Tour 2018. Bernal et Thomas sur le Tour 2019. Résultat ? La formation britannique a placer à chaque fois un coureur sur la plus haute marche du podium à Paris.

Seulement voilà, on ne s'appelle pas tous le Team Ineos et aligner deux leaders ne garanti pas forcément le succès. L'exemple de Movistar sur le dernier Tour de France en est la preuve. Les égos des uns et des autres empêchent d'adopter une stratégie d'équipe cohérente. Le résultat final est sans appel. L'équipe espagnol a certes placé ses 3 leaders dans le Top10 mais aucun n'est monté sur la boite. Le casse tête peut donc commencer pour Richard Plugge, le patron de l'équipe. Primoz Roglic devra quand à lui se montrer au niveau rapidement sous peine de voir Kruijswijk lui griller la politesse.