En ce gros week-end de sports automobiles avec la reprise de la F1, nous vous proposons un 100% Fan. Aujourd'hui, partons à la rencontre des Pistonnés, qui, il faut le dire, étaient très inspirés pour répondre à nos questions !
Bonjour, peux-tu nous présenter le compte Twitter Les Pistonnés, son fonctionnement ainsi que le nombre de personnes qui travaillent sur le projet ?
Avant d'être un compte Twitter, Les Pistonnés c'est une émission qui est née l'année dernière en début de saison 2019. Le but était de proposer une nouvelle offre sur la Formule 1, faire intervenir des personnes qui sont différentes des profils que l'on voit à la TV. Dans l'équipe, on a par exemple un “sim racer” qui est en même temps un vidéaste connu en la personne de Depielo, Pierrot de son nom. On a également un journaliste qui travaille aussi chez RMC qui est un peu l'incarnation au journalisme. Un autre journaliste est dans l'équipe : il s'agit de Brice Germain. Et on a la chance de l'avoir parmi nous, c'est un ancien pilote de karting.
L'idée était de faire une émission “jeune” qui dépoussiérait ce milieu. Généralement, les chroniqueurs de ce sport sont âgés. On voulait montrer de nouvelles têtes en apportant notre propre prisme éditorial. On voulait créer quelque chose qui n'existait pas en France, un “talk” sur la Formule 1. Pour en revenir au compte Twitter, c'est Romain, notre community manager qui s'en occupe. Il nous a vraiment aidé dès le début en donnant beaucoup de son temps pour apporter un regard humoristique. Ce compte nous permet également de débattre avec les gens qui regardent l'émission et la Formule 1 en général.
Derrière tout ça, on a eu de la chance de collaborer avec des personnes qui nous faisaient confiance, en nous laissant carte blanche. Pour donner nos avis dans les détails, il faut une sorte de légitimité selon moi. Il faut donc un travail journalistique, un travail de recherche et tout ce qui va avec. On peut en plus s'adapter à différents publics : les amateurs comme les vétérans en auront pour leur plaisir.
Voici le logo des Pistonnés. (Twitter Les Pistonnés)
Après sept mois d'interruption, la F1 va enfin reprendre. On suppose que toute l'équipe des Pistonnés a hâte d'entendre les moteurs vrombir de nouveau ?
C'est ce qu'on se disait entre nous pendant le confinement. Depuis six ans, on critique les nouveaux moteurs hybrides qui sont plus silencieux avec la nouvelle réglementation. La F1 a un peu perdu de son charme à cause de ça. J'ai fait le calcul, ça fait 285 jours que je n'ai pas vu un Grand-Prix de Formule 1 et je ne pensais pas que ce bruit allait autant me manquer. Je pense que c'est la phrase que moi et l'équipe avons le plus répété lors du confinement, que cela soit en appel ou même sur les réseaux sociaux. On est vraiment pressés, d'autant plus que cette saison ne sera pas comme les autres.
Le format est inédit. On ne connait pas le nombre de courses, comment ça va se passer avec le protocole sanitaire qui en découle. Beaucoup de questions sont sans réponse claire l'heure actuelle. L'actualité récente ramène de l'huile sur le feu. Je pense notamment au départ de Vettel, l'avenir de Bottas chez Mercedes, la place de Red Bull… Bref, on pourra avoir un premier élément de réponse lors des premières courses.
Même si rien est encore sûr, que penses-tu de la saison à venir, que cela soit son fonctionnement ou le fait que cela soit à huis clos ?
Le passionné que je suis ne peut pas être satisfait de ce genre de format. Les doublons de course (d'abord à Spielberg puis à Silverstone) ne peuvent pas nous rendre heureux. Il y a certaines courses européennes qui ont été oubliées et tous les circuits choisis ne sont pas des plus passionnants. Mais en même temps, connaissant l'environnement économique de la F1, si on attend et que le saison ne démarre pas, ça sera une catastrophe économique. Les organisateurs, les constructeurs et les écuries ont beaucoup à perdre.
S'il n'y a pas de courses, il n'y a pas de revenus. Et s'il n'y a pas de revenus, ça pose problème pour un sport qui coûte très cher. Quand tu t'engages en F1, tu t'engages à perdre. Tu ne peux pas gagner de l'argent, tu ne fais qu'en perdre. Les revenus arrivent grâce aux sponsors, aux images de marque. Aujourd'hui, on peut voir que sans course, sans diffusion, sans business, des écuries historiques comme Williams ou McLaren se retrouvent dans une situation économique catastrophique.
Je pense qu'il fallait vraiment que la F1 revienne. La question ne se pose pas d'un ordre moral car la situation sanitaire s'améliore pour l'instant en Europe, on touche du bois pour que ça n'empire pas. C'est important que l'on puisse voir ce sport, que les passionnés en aient pour leur argent. En plus, on pourra se divertir un peu après des mois qui n'ont vraiment pas été joyeux.
À la différence d'autres sports, le fait que ça soit à huis clos ne sera pas si dérangeant que ça pour le spectateur dans le sens où quand tu es dans un stade de football par exemple, ce sont les spectateurs qui mettent l'ambiance. Et ça, ça joue sur l'intensité qui est mise par les joueurs parce que même s'ils n'entendent pas vraiment ce qu'il se passe car ils sont concentrés mais avoir le stade plein avec eux, ça aide. Quand tu es dans une Formule 1, tu as ton casque, tu es seul dans ton baquet et tu n'as qu'une radio pour communiquer avec ton équipe. On n'entend pas le public quand on est dans la voiture. La F1 est plus un produit qui se vit à la TV. Avec une réalisation maline et intelligente, on peut faire en sorte de masquer l’absence de public.
De plus, la F1 est un sport qui n'a pas pu commencer à cause du Covid, à la différence du football qui a été interrompu. Là, la saison n'a même pas commencé. Le championnat sera rapide avec un format inédit. On est excité à l'idée que ça reprenne. La question que l'on se pose, c'est que se passe-t-il si un membre d'une équipe est testé positif au Covid ? On sait que la F1 a annoncé qu'il n'y aura pas d'annulation de course, contrairement à ce qu'il s'est passé en Australie en mars. Les directeurs d'écurie commencent à dire que si des membres de l'équipe sont positifs, peut-être que certains se retireront. Et imaginez les conséquences sportives si un Lewis Hamilton doit arrêter après trois courses. On espère ne pas en arriver là…
L'équipe des Pistonnés en émission pendant le confinement. (capture d'écran Youtube)
Esteban Ocon a retrouvé un baquet chez Renault, peut-il permettre à l'écurie de récupérer la 4e place au championnat constructeur ?
C'est difficile de répondre à cette question de manière précise. Il s'est quand-même passé des choses à l'intersaison et on a quelques éléments de réponse. Les Pistonnés étaient présents aux essais de Barcelone cet hiver, on a eu la chance d'y être invités. On a pu voir comment les choses se passaient et quelles étaient les premières impressions des pilotes et des écuries. Chez McLaren, on a été assez déçus car la voiture n'avait pas le rythme. C'est également possible que ça soit de l'intox, on ne sait pas.
Chez Renault, on a beaucoup suivi l'actualité récente. On a pu accueillir Esteban Ocon chez Les Pistonnés. Il y a eu des changements sur la voiture, notamment cet aileron avant. Personnellement, je le trouve magnifique mais on espère surtout qu'il permettra à Renault d'aller plus vite. Côté moteur, le moteur était très bon, même s'il y a eu quelques petits soucis. Il y a des améliorations agressives qui montrent l'ambition de l'équipe. On peut donc être optimiste pour Renault mais c'est un gros pari.
Pour revenir sur Ocon, on l'a rencontré à Paris au lancement de la voiture. Nous avons discuté avec lui pendant 15 minutes avec Depielo et il a l'air très heureux car il n'a pas eu un passé évident. Il a galéré dans les formules de promotion, notamment sur le plan financier. Chez Force India, il a été évincé avec l'arrivée de Lawrence Stroll. C'est un nouveau départ pour lui. Il connait cette écurie Renault, ça va l'aider. Depuis le confinement, il n'a jamais été aussi prêt physiquement et mentalement. On sait aussi que Ricciardo va quitter Renault à la fin de la saison. Ça va changer la donne au sein de l'équipe, Abiteboul n'a pas trop apprécié le départ de l'Australien. On peut avoir confiance donc en Ocon mais la vraie question qui se pose : est-ce que la voiture sera bonne ? On a hâte d'avoir la réponse.
Cette année est marquée par l'arrivée de Théo Pourchaire en F3, peut-il créer la surprise et pourquoi pas remporter le titre ?
C'est tout ce qu'on lui souhaite. Ce n'est pas son objectif premier. À mon avis, son objectif principal cette saison est de passer des caps, de montrer une progression. Le but, c'est qu'à la fin de saison, il puisse montrer à son équipe ART GP qu'il peut jouer la gagne et se battre avec les meilleurs. Il a pris énormément de confiance à conduire les voitures de F4 Allemande. Il a réalisé plusieurs prouesses dans des conditions difficiles.
Chez Les Pistonnés, on a du mal à être neutre sur Théo Pourchaire. On le suit depuis plusieurs mois maintenant, on a appris à le connaitre. C'est un garçon qui a toutes les qualités requises. Il est très mature. Quand j'ai eu la chance d'échanger avec lui, on dirait quelqu'un qui a 25 ans ! Il sait ce qu'il fait. C'est un bosseur qui a fait beaucoup de sacrifices sur sa vie de jeune homme. Il a tout pour être LE pilote français avec des opportunités.
Théo Pourchaire débute en F3 cette saison. (ThéoPourchaire.com)
Si tu devais choisir un duel entre deux pilotes ou deux équipes de F1 cette saison, quel serait-il ?
J'en vois beaucoup. Le premier qui me vient, c'est celui entre Hamilton et Verstappen. On a envie de se dire que, pour qu'Hamilton continue à battre des records, il devra battre la nouvelle génération. Deux pilotes ressortent pour l'instant de cette génération : Verstappen et Leclerc. Après les essais hivernaux, on a vu que Red Bull pourra être la principale force d'opposition à Mercedes. Ces dernières saisons, on a eu quelques avant-goûts de ce duel entre le Britannique et le Néerlandais.
Il n'y a pas que celui-là. Si Mercedes venait à dominer cette saison une nouvelle fois, on pourra s'intriguer de la rivalité entre Bottas et Hamilton. Au premier abord, ça peut sembler tranché avec Hamilton devant Bottas. Mais quelque part, Bottas est en fin de contrat chez Mercedes. On sait aussi que Lewis a souvent des démarrages poussifs, c'est un peu un diesel. C'est un gars qui a eu beaucoup de problèmes personnels. Nous avons reçu plusieurs échos de la préparation de Bottas et il a l'air prêt, plus épanoui que jamais.
Le duel Vettel-Leclerc, comment ne pas l'aborder ? Vettel va quitter Ferrari à la fin de saison, on le sait. Leclerc va devenir l'ambassadeur de l'équipe, il a une véritable chance de décrocher la couronne mondiale dans les prochaines années. Vettel, qui parait libéré, respectera-t-il les consignes d'équipes s'il y en a ? On se posera la question. Ça va sentir la poudre dans le garage Ferrari tout au long de la saison.
Quels sont les objectifs des Pistonnés dans les mois à venir ?
L’objectif, bien sûr, est de faire perdurer l'émission. On a fait un super démarrage, jamais moi et toute l'équipe pensions que nous allions avoir autant de retours positifs. Ce qui me fait plaisir, c'est qu'on arrive à toucher toutes les générations. Dès fois, on a des personnes de 65 ans qui nous envoient des mails pour nous dire que l'on met un coup de frais à la F1. Ça fait plaisir de recevoir ces commentaires.
On veut continuer d'apporter des contenus qualitatifs qui apportent ce nouveau regard francophone sur la Formule 1. Notre rêve à tous, c'est d'accompagner une génération de passionnés et participer à l'éducation de cette discipline qui nous passionne énormément.
Nous souhaitons bien évidemment le meilleur pour la suite à toute l'équipe des Pistonnés. Vous pouvez les retrouver sur Instagram, Twitter et Youtube.
Crédits Une : Racing News