12 Juillet 1998 : Pour l’éternité

Construit pour accueillir la Coupe du monde 1998, le stade de France fête ses 20 ans cette année. Pour l’occasion, WeSportFR vous propose de revivre 20 matchs qui ont marqué l’histoire de cette enceinte mythique.

Le 12 juillet 1998 restera sûrement comme le plus beau jour, le plus bel événement qu’ai accueilli notre stade national. Tout le monde se souvient où il se trouvait, et ce qu’il faisait en ce 12 juillet 1998, et plus particulièrement entre 21h et 23h, et même après… des heures après. Pourquoi ? Tout simplement car la plus belle page de l’histoire du football français s’est écrite ce jour-ci, à Saint-Denis.

Un parcours compliqué pour les deux finalistes

Pays hôte de la coupe du monde 1998, la France nourrissait de grandes ambitions à l’entame de la compétition. Non qualifiés lors de la précédente édition aux Etats-Unis, les bleus voulaient leur revanche, à domicile, devant leurs supporters. Surtout, de grands talents ont explosé au grand jour depuis l’édition Américaine : Zidane, Henry, Trezeguet pour ne citer qu’eux. La phase de poule démarra idéalement, puisque les Français remportèrent leurs 3 matchs, assez aisément, contre l’Afrique du Sud, l’Arabie Saoudite et le Danemark, lors d’un match pour du beurre, les deux équipes étant déjà qualifiées. La suite fut d’un autre acabit. Victorieux sur un but en or de Laurent Blanc en huitième contre le Paraguay lors d’un match largement dominé puis aux tirs au but contre l’Italie en quart après un match nul et vierge, la finale était promise aux Français, opposés aux Croates, équipe surprise à ce niveau, en demies. Mais l’entame fut cauchemardesque, avec l’ouverture du score de Davor Suker. Et puis le héros inattendu entra en piste. Lilian Thuram, enfila son costume de sauveur pour inscrire un doublé salvateur et permettre à la France d’atteindre pour la première fois de son histoire la finale de la coupe du monde. Mais en face se profilai un sacré adversaire.

Et pour qu’une finale soit fabuleuse, qui de mieux que le Brésil pour la rendre savoureuse ? Pays de la samba mais surtout pays du football, les tenants du titre s’avançaient sûr de leur force, fort d’un parcours compliqué mais géré de main de maître. Après des débuts difficiles contre l’Ecosse en ouverture du tournoi, la Seleçao s’est facilement imposée face à la Norvège, ce qui leur permit de faire tourner leur effectif pour le dernier match de poule et arriver frais en phase finale. Après avoir facilement disposé du Chili, les hommes du grand Mario Zagallo ont connu plus de difficultés . Une victoire 3-2 contre le Danemark des frères Laudrup tout d’abord, puis un succès aux tirs au but en demie, contre les valeureux Néerlandais de la révélation Denis Bergkamp. C’est donc avec une prolongation dans les jambes que les quadruple champion du monde (à l’époque) s’avancent pour défier le pays hôte.

Un avant match à rebondissement

Exclu en demie finale pour un accrochage avec Bilic, Laurent Blanc est le malheureux du jour. Titulaire indiscutable au sein d’une défense tricolore imperméable (2 buts seulement encaissés au court de la compétition), le héros du huitième de final contre le Paraguay, buteur au cours de la prolongation, ne participera donc pas à la finale.

Coté Brésilien, une rumeur sème la panique quelques heures avant le match. Victime d’un malaise dans la matinée, Ronaldo est très incertain pour cette rencontre. Coup de bluff ou vérité, toujours est-il qu’Edmundo devait être titulaire. Finalement, le ballon d’or 1997 sera présent, et tant mieux pour le spectacle !

Une finale pour l’histoire

Très concentrés, les Français semblent obnubilés par un seul objectif : devenir champion du monde. Les brésiliens semblent plus décontractés, sûrs de leur force, à l’image de Cafu ou de l’ancien Parisien, Leonardo.

L’entame de match est française, avec quelques belles situations pour Guivarc’h ou encore Djorkaeff, mais Taffarel veille. Et puis le match se crispe tout comme les 22 acteurs, la peur commence à se faire ressentir. Les Français semblent les plus souverains, ce qui peut paraître étrange tant les Brésiliens sont expérimentés. En effet, Taffarel, Cafu, Aldair, Dunga, Ronaldo (bien que très jeune), Leonardo ou encore Bebeto étaient présents 4 ans plus tôt, au Rose Bowl de Passadena. A la demie heure de jeu, l’équipe de France obtient un premier corner sur une étourderie de Roberto Carlos. Frappé par Petit, le ballon tombe sur la tête de Zidane, qui ouvre le score dans une liesse indescriptible. Guivarc’h assez maladroit en ce 12 juillet bute encore et toujours sur Taffarel. Et c’est sur une de ses nombreuses tentatives, juste avant la mi-temps, que les Bleus obtiennent un nouveau corner, toujours frappé par Petit. La défense Brésilienne veille, mais concède un nouveau coup de pied de coin. Djorkaeff s’élance et trouve la tête de Zidane pour un doublé ! L’équipe de France semble avoir fait le plus dur.

Les brésiliens, sans doute conscient que le vent a déjà tourné, tentent le tout pour le tout et se ruent à l’assaut du but français. Et peu après l’heure de jeu, Desailly est exclu pour un second carton jaune. Assez inutile, cette faute met l’équipe de France dans l’embarras, car il reste du temps.

Les Français seront donc acculés sur leur but jusqu’à la fin du match, et malgré les entrées d’Edmundo et de Denilson pour apporter offensivement, les Brésiliens butent sans cesse sur Fabulous Fab, Fabien Barthez, intraitable. Dans les derniers instants du match, la Seleçao pousse, et obtient un corner. A la retombée, les français récupèrent le cuir et Dugarry, qui a loupé la balle de match en seconde période, part en contre. Il trouve Vieira, entré en court de jeu et parti à toute enjambée. En une touche, le joueur d’Arsenal sert Emmanuel Petit qui d’une balle croisée trompe Taffarel, qui s’incline pour la 3ème fois. La France est CHAMPIONNE DU MONDE, en ayant corrigé le Brésil, tenant du titre, 3-0. “Après avoir vu ça, on peut mourir tranquille”.

Une fête extraordinaire

Les Bleus peuvent exulter, ils l’ont fait. Ils font mieux que la génération Fontaine, 3ème en 1958 et que la bande à Platini, défaite 2 fois en demie finale, en 1982 et 1986. Ils marquent tout simplement l’Histoire du football Français. Les scènes de liesses partout dans l’hexagone donne la chair de poule. Toute une nation s’est réunie derrière cette équipe pour savourer ce premier sacre mondial. L’expression « et un et deux et trois zéro », née ce jour là, traverse encore les générations d’aujourd’hui. L’arc de triomphe s’orne du visage du héros du jour, Zinédine Zidane. Laurent Blanc peut de nouveau embrasser le crâne du divin chauve, son absence à parfaitement été comblée par la prestation plus que solide de Franck Leboeuf. Didier Deschamps, capitaine historique de cette équipe, reçoit la coupe du monde des mains du président de la République, Jacques Chirac. Les Bleus décrochent la première étoile de leur histoire. Et malheureusement toujours la seule à ce jour.

Finale de la Coupe du Monde de la FIFA 1998

France 3-0 Brésil (Zidane 21′, 45+1′, Petit 90+3′)

Composition Equipe de France :

Barthez – Thuram – Desailly – Leboeuf – Lizarazu – Deschamps- Djorkaeff (Vieira 74′) – Petit – Karembeu (Boghossian 56′) – Zidane – Guivarc’h (Dugarry 65′)

Composition Equipe du Brésil

Taffarel – Cafu – Aldair – Junio Baiano – Roberto Carlos – Leonardo (Denilson 45′) – Cesar Sampaio (Edmundo 75′) – Dunga – Rivaldo – Ronaldo – Bebeto

Valentin Martin

A propos de l'auteur

Supporter inconditionnel de l'Olympique de Marseille mais aussi du football en général. Fan des Houston Rockets mais surtout de The Beard.

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