Après onze mois fournis en évènements sportifs, notamment à cause du report de nombreuses compétitions qui devaient avoir lieu l’an passé, le mois de décembre conclut un cru 2021 encore riche en émotions. De la septième bague de Tom Brady au titre de champion du monde de Fabio Quartararo en Moto GP, en passant par les Jeux olympiques et paralympiques, We Sport revient sur 30 moments marquants qui ont rythmé l’année civile. Aujourd’hui, retour sur la première victoire en Formule 1 d'Esteban Ocon avec Alpine, un an à peine après celle de Pierre Gasly.

Départ pluvieux, départ (mal)heureux

Le Grand Prix de Hongrie 2021 n'est pas comme les autres, et il y a de quoi. L'année dernière, la pluie avait été annoncée tout le GP, sans jamais tomber. Cette fois-ci, elle est belle et bien arrivée. Et ce, dès le départ. La 11e manche de Formule 1 annonce un GP dantesque, et Bottas est le premier protagoniste de cette course folle. Qualifié en deuxième position derrière Lewis Hamilton, octuple vainqueur sur le Hungaroring, il loupe (comme bien trop souvent) son départ. Dépassé immédiatement par Verstappen, il est même cerné par Norris (parti 6e) et Pérez (4e sur la grille). Il loupe son freinage et envoie les deux Red Bull au tapis.

Un peu plus loins dans la meute, Stroll veut faire l'intérieur à Leclerc mais l'empale, et projette la Ferrari sur le pauvre Norris qui n'avait rien demandé à personne. Beaucoup de leaders sont donc déjà au tapis. Derrière, Ocon en profite et se glisse derrière Hamilton, en deuxième position. Il est suivi par Vettel, Sainz, Tsunoda, Latifi, Alonso et Russell. Rapidement, la course est interrompue et le drapeau rouge brandi afin de nettoyer les nombreux débris jonchant la piste.

L'image de l'année

Alors que la procédure de départ est donnée et que chaque pilote regagne la grille, il apparait clairement que la piste a séché. Encore toutes chaussées de pneus intermédiaires, les monoplaces font leur tour de mise en grille et rentrent immédiatement aux stands pour chausser des slicks. Mercedes ne l'a pas compris et laisse Hamilton, seul, procéder au départ. L'image de l'année. Il s'arrête un tour plus tard, ou plutôt un tour trop tard, pour chausser des gommes adaptées. Ocon se retrouve alors en tête devant Vettel tandis que le Britannique est bon dernier et parti pour une folle remontée.

Jamais le pilote français ne sera inquiété par Vettel, alors que ce dernier bénéficie à plusieurs reprises du DRS. Finalement, le plus gros danger fut Hamilton, aussi loin fut-il. Ocon peut remercier son coéquipier Fernando Alonso, qui de longs tours durant, retint la Mercedes, toute furibonde fut-elle. Élu “pilote du jour”, et à raison, il maintint Hamilton le plus longtemps possible derrière lui, jusqu'à cinq tours de l'arrivée précisément, avant qu'un bloquage de roue ne lui soit fatal. S'il passe Sainz, il ne peut remonter plus et finit 3e, derrière Ocon, victorieux, et Vettel, finalement déclassé dans la soirée pour avoir embarqué trop peu d'essence.

C'est la première fois depuis Prost en 1983 au GP d'Autriche qu'un pilote français s'impose au sein d'une écurie française avec un moteur français. C'est aussi la première victoire d'Alpine (ex-Renault) depuis 2008 et celle d'Alonso au Japon. Ce dernier finit d'ailleurs 4e d'une course qu'il aura longuement animée, et les Williams font leur retour dans les points, une première depuis 2019.

Ocon au panthéon

Esteban Ocon, premier français à s'imposer en Formule 1 depuis Gasly à Monza l'année dernière, rejoint au panthéon du sport tricolore Alain Prost (51 victoires), René Arnoux (7), Jacques Laffite (6), Didier Pironi (3), Maurice Trintignant (2), Patrick Depailler (2), Jean-Pierre Jabouille (2), Patrick Tambay (2), François Cevert (1), Jean-Pierre Beltoise (1), Jean Alesi (1), Olivier Panis (1) et donc Pierre Gasly (1).

Les Français commencent à nous habituer aux victoires en Formule 1, et nul doute que la prochaine réglementation en vigueur à partir de l'année prochaine devrait rebattre les cartes. Il est donc possible qu'à l'avenir, un Français s'installe durablement sur la plus haute marche du podium. Et ce, pour le plus grand bonheur des supporters tricolores. En attendant, les récents exploits de Gasly et Ocon entretiennent toujours l'espoir qu'un jour, Prost connaisse enfin un successeur.