À la découverte de la dernière recrue angevine, Haithem Loucif.

La semaine passée, il paraphait son contrat le liant jusqu’en juin 2023 au SCOAlors que le joueur est plutôt méconnu en Europe, il est pourtant l’un des grands espoirs algériens. Déjà sélectionné à deux reprises par Belmadi, il n’était pourtant pas présent lors de l’épopée en Egypte, cet été. Il retrouve à Angers son compatriote Farid El Melali, avec qui, il pourrait briller, sur le côté droit de la pelouse. 

 

 

Son parcours, de Batna à Alger

 

À Batna dans le Nord-Est de l’Algérie, Haithem Loucif naît le 8 juillet 1996. C’est d’ailleurs, dans sa ville natale qu’il commence le football, dans le club du Mouloudia Sportif Populaire de Batna. Âgé de quatorze ans, il est repéré par le Paradou au moment d’un tournoi de jeunes. Il participera du 22 au 25 juillet 2010 à un stage de détection à l’académie d’Alger. Sous les yeux du bien connu Jean-Marc Guillou, qui a fait briller le club lors de son passage. Loucif fait parti des 6 sélectionnés sur les 28 joueurs restant. Il rejoindra dès la rentrée, l’académie Jean-Marc Guillou du Paradou AC, c’est ici que tout a commencé pour Haithem.

 

 

Seulement, l’aventure aurait pu s’arrêter plus vite que prévu. Alors âgé de 20 ans et dans les rangs de l’équipe U21, Haithem Loucif figurait dans la liste des joueurs dont les dirigeants voulaient se séparer. Cependant, le français Patrick Le Bert, nouvel entraîneur du latéral, va tomber sous le charme du joueur. L’ancien lorientais, demande dans la foulée au club de le conserver. Le Bert voit en lui, le potentiel pour la première division française. 

Depuis, Loucif a pris une toute nouvelle dimension au sein du club Paciste. Il va rapidement intégrer l’équipe première et gagner une place de titulaire au poste d’arrière droit. Un an plus tard, il est convoqué par Djamel Belmadi et joue d’abord un match amical face au Qatar. Puis, une rencontre de qualification pour la CAN face à la Gambie. Une Coupe d’Afrique des Nations qu’il ne disputera pas et de peu, au contraire de son coéquipier au PAC, Hichem Boudaoui. En deux saisons, il participe à 41 rencontres officielles en club, Haithem Loucif, parvient à inscrire cinq buts et adresse six passes décisives pour le Paradou.

Le transfert en Anjou 

 

Dans un premier il sera mis à disposition de l’équipe réserve, assez surprenant puisqu’il a 23 ans désormais. Avant de prétendre à une place dans l’effectif de Stéphane Moulin, celui-ci compte déjà Abdoulaye Bamba et Vincent Manceau à son poste. Selon Ishaq Chebli, journaliste pour DZfoot, Haithem Loucif va progresser à Angers. Unanime sur le sujet, il est persuadé de sa réussite en Anjou grâce à ses qualités et son parcours. En effet, le néo-scoïste dispose aussi de diplômes lui permettant d’être professeur de sport. Décrit par ceux qui l’ont suivi comme une personne professionnelle, cela l’aidera à découvrir et s’intégrer à une vie lointaine de ce qu’il connaît. 

Dans l’équipe actuelle, Loucif pourrait-il s’imposer? Manceau, titulaire depuis le début de saison, a présenté des lacunes surtout lors de son match à Lyon. Le jeune algérien, lui devra s’imposer pour montrer qu’il a sa place et à Angers on sait que le travail paye. Farid El Melali l’a prouvé, un certain Youcef Belaili fut impatient, d’autant plus qu’il ne jouera point. Mais l’ancien Paciste est bien entouré et si coach Moulin trouve comment exploiter les qualités du joueur, les couloirs du jeu seront explosifs.

 

 

Le profil du latéral 

 

Parmi les médias ayant relayé l’officialisation du transfert, beaucoup l’ont comparé à Youcef Atal. Seulement, ces deux joueurs se ressemblent-ils réellement? Après réflexion, on peut dire que oui. Formés à la même enseigne au Paradou AC, ce sont deux latéraux droits aux profils offensifs. D’après les observations d’Ishaq Chebli, le néo-angevin possède une meilleure maturité tactique et défensive par rapport à son homologue niçois. Comparé à Atal, Loucif est un bon défenseur, qui est costaud, rapide et technique. Tout aussi  remarquable offensivement, le latéral créé du danger avec ses dédoublements. S’il doit s’améliorer, c’est sur son apport offensif, car l’algérien créé beaucoup d’occasions mais ses choix ne sont pas toujours décisifs.

Sur la côte d’Azur, Youcef Atal fait de sa percussion, l’élément principal de sa réussite. Flamboyant offensivement, Atal a inscrit 6 buts lors du dernier exercice alors qu’il a participé à 29 rencontres. Si les deux sont complémentaires et que leurs points de progression ne sont pas des défauts, leurs profils modernes de latéraux bons offensivement et défensivement sont de plus en plus recherchés. Angers et Nice se rencontreront fin novembre et début janvier, il sera sûrement tôt pour voir Loucif en action face à son homologue mais dès la saison prochaine ou en sélection, les deux se retrouveront.

 

 

L’académie Jean-Marc Guillou, un modèle en Algérie 

 

Seul réel centre de formation en Algérie, l’académie est l’initiative de Guillou et de l’ancien président Zetchi. Créé à l’aube de l’été 2007, le club à l’intention de donner sa chance aux jeunes de tous le pays, d’une Algérie qui regorge de talents. Alors que les concurrents du Paradou AC ne s’intéressent guère à la formation, le PAC constitue rapidement une équipe essentiellement composée de jeunes issus de l’académie. Des noms familiers comme Ramy Bensebaini, Atal, El Melali, Ferhat…

 

 

Une formation à la française, toutefois étonnante. Jean-Marc Guillou base ses équipes jeunes sur une sélection de talents purs. Ces jeunes jouent pieds nus pour améliorer leur technique, plus extravagances puisqu’ils jouent volontairement sans gardien de but. Pour autant, cela fait la différence puisque le Paradou règne sur le secteur de formation avec des bases qui portent leurs fruits.

 

 

 

En espérant et attendant qu’Haithem Loucif réussisse à Angers, on connaît aussi les intentions de Saïd Chabane. Le président a déclaré vouloir faire émerger le potentiel  des jeunes algériens. Alors qu’il aimerait créé son académie pour former ces talents, s’inspirer du Paradou AC serait une bonne perspective. Un partenariat avec le club pourrait satisfaire les intérêts de chacun. À voir ce que le président angevin désire réellement.

 

Crédits photos : Angers SCO, Paradou AC, DZfoot

Remerciement : Ishaq Chebli, DZfoot

 

A propos de l'auteur

Martin Colas, rédacteur chez We Sport Fr. Apprenti journaliste. Avant tout, grand fervent de sports et d’Angers SCO.« Il n’y a pas d’endroit dans le monde où l’homme est plus heureux que dans un stade de football ». @martincolas_ sur Twitter

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