Avant que la NBA ne reprenne ses droits, la WNBA a lancé sa saison au cours du week-end qui vient de s’écouler. Alors que toutes les équipes ont disputé une rencontre, retour sur ce début de compétition dans un contexte spécial.

Tout le monde dans la Wubble :

Comme son équivalent masculin, la WNBA a choisi de regrouper toutes ces équipes (douze au total) dans un seul et même lieu, privilégiant la création d’une bulle afin d’éviter la contagion avec les déplacements. Et comme son homologue masculin, la WNBA s’est installée en Floride, non pas à Disney World mais à l’IMG Academy. Située à Bradenton, elle accueille généralement des étudiants pour des programmes sportifs mais servira cet été de terrain de jeu pour les équipes de la ligue.

Assez engagées politiquement, de nombreuses joueuses voient cette reprise comme une vitrine pour exprimer des idées dans la veine du courant Black Lives Matter. Ce dernier a notamment son nom inscrit sur le parquet du terrain où se disputent les rencontres, et les joueuses peuvent utiliser des sur-maillots avec ce même slogan. Néanmoins, malgré cette vitrine, certaines joueuses ont décidé de faire l’impasse sur cette saison.

Des absences pour diverses raisons :

Que ce soit à cause de la situation sanitaire actuelle ou du contexte politique aux Etats-Unis, de nombreuses joueuses ont décidé de ne pas jouer cet exercice 2020 en WNBA. Ces joueuses ne seront toutefois pas pénalisées sur le plan financier par cette décision, la ligue ayant accepté de payer 100% du salaire de toutes les joueuses, qu’elles soient présentes ou absentes à l’IMG Academy.

Pour citer quelques noms, Liz Cambage (Aces), Tina Charles (Mystics), Jonquel Jones (Sun), Maya Moore (Lynx) ou encore Kristi Toliver (Sparks) ne disputeront pas cette saison 2020. À noter que la MVP en titre Elena Delle Donne a reçu une contre-indication de son médecin pour ne pas jouer, mais que cela a pour le moment été refusé par la WNBA. La joueuse des Mystics n’a tout de même pas pris part au match d’ouverture de son équipe face à Indiana et ne devrait pas non plus disputer les prochaines rencontres. La française Marine Johannès ne disputera pas non plus cette saison avec le Liberty, préférant attendre la saison prochaine pour revenir aux Etats-Unis.

Le plaisir de revoir du basketball :

Ce week-end avait donc lieu les premiers matchs de la saison, avec une rencontre prévue pour chacune des franchises de la ligue. Voici un résumé rapide de chacune d’entre elles.

Seattle Storm vs New York Liberty : 87-71

Boxscore

Pas de surprise dans ce match de reprise plus que sympathique à regarder. Dans une rencontre où la n°1 de la dernière Draft, Sabrina Ionescu, aura fait ses débuts sous le maillot du Liberty, Seattle a rapidement pris les devants. Si les coéquipières de Sue Bird semblent au-dessus, New York va réagir grâce à ses titulaires en infligeant un 13-0 au Storm en première mi-temps ! Malheureusement l’équipe va être coupée dans son élan suite à la blessure de Kia Nurse, ce qui va permettre à leurs adversaires de reprendre les devants et de virer en tête à la mi-temps (42-35).

Assez discrète en début de match, Ionescu trouve peu à peu ses marques même si la défense de Seattle ne lui laisse que très peu d’espace, et s’offre même un cassage de cheville sur la DPOY 2019 Natasha Howard. Seattle domine mais le Liberty s’accroche derrière une Layshia Clarendon survoltée, sans toutefois réussir à repasser devant. La blessure au dos de Kiah Stokes n’empêchera pas le Storm de garder le cap et de se diriger vers une victoire nette pour cette première rencontre de l’année.

Los Angeles Sparks vs Phoenix Mercury : 99-76

Boxscore

Dans une rencontre que l’on annonçait très serrée, Los Angeles a finalement réussi à dérouler, profitant d’une certaine faiblesse du banc du Mercury. Si l’on attendait beaucoup du nouveau Big Three de Phoenix (Diggins-Smith/Taurasi/Griner), c’est celui des Sparks qui va d’abord se mettre en évidence. Candace Parker est parfaitement dans son match et permet à son équipe de bien démarrer, même si Phoenix réagit vite grâce à l’efficacité de son axe 1-5. Après une égalité parfaite dans le premier quart-temps (22-22), les deux équipes sont toujours au coude à coude dans le quart-temps suivant. Nneka Ogwumike et Skylar Diggins-Smith se montrent chacune très adroites, mais ce sont finalement les Sparks qui virent en tête à la pause (+4).

Au retour des vestiaires, Los Angeles va sceller le sort de la rencontre. À l’aise offensivement et adroit au shoot, l’équipe va passer un 30-8 fatal à Phoenix. Le Mercury aura beau réagir en fin de rencontre, l’écart est trop conséquent pour que les coéquipières de Diana Taurasi, meilleure scoreuse de son équipe à 38 ans, puissent revenir à hauteur. Les Sparks s’offrent finalement une victoire assez large pour ouvrir sa saison face à un Mercury qui va devoir corriger certains détails pour lutter cette saison. À noter les performances de Nneka Ogwumike et Seimone Augustus, parfaites au shoot.

Indiana Fever vs Washington Mystics : 76-101

Boxscore

Malgré l’absence de nombreuses cadres, Tina Charles et Elena Delle Donne en tête, Washington a réussi à dérouler face à une équipe d’Indiana également très frappée par le CoVid-19. Si le mot d’ordre du Fever en début de rencontre est de contenir Emma Meesseman à l’intérieur, les Mystics profitent des espaces laissés pour sanctionner leur adversaire du soir. Si Washington prend rapidement les devants, Indiana ne se laisse pas abattre et s’appuie notamment sur la belge Julie Allemand, propulsée titulaire pour sa première rencontre en WNBA, pour rester à portée de fusil. Malheureusement pour le Fever l’écart s’agrandit dans le deuxième quart-temps à cause de la réussite insolente des Mystics au tir, et le score est déjà sans appel à la mi-temps : 62-35.

La tendance ne s’inverse pas après la pause et l’écart grossit encore pour atteindre 92-56 en faveur de Washington à dix minutes du terme. Les Mystics relâchent alors la pression ce qui va permettre à Indiana de réduire l’écart. Succès tranquille pour Washington qui dépassera même la barre des 100 pts et où la surprenante Myisha Hines-Allen a fait oublier certaines absences dans l’effectif.

Connecticut Sun vs Minnesota Lynx : 69-77

Boxscore

Première surprise de la saison dans ce premier match du dimanche, avec des Lynx pourtant en fin de cycle qui réussirent à surprendre les finalistes 2019. Renforcé par l’arrivée de DeWanna Bonner qui vient en partie compenser le forfait de Jonquel Jones, le Sun va cependant s’appuyer sur une autre joueuse en début de rencontre : Alyssa Thomas. Au four et au moulin dès son entrée en jeu, elle marque autant que Minnesota au cours du premier quart-temps. Connecticut garde l’avantage dans le deuxième quart-temps, profitant notamment de la maladresse au tir extérieur de leur adversaire et d’un Napheesa Collier pas encore en jambe pour être en tête à la pause (+9).

Après un comeback manqué avant la mi-temps, Minnesota continue à souffrir en deuxième mi-temps. Si Sylvia Fowles fait son chantier habituel dans la raquette (meilleure rebondeuse du match), l’équipe manque d’adresse et doit attendre la fin du troisième quart-temps pour inscrire son premier 3pts. Ce shoot va remotiver tout l’effectif des Lynx, et ce boost combiné à une baisse de régime de Connecticut va resserrer l’écart. DeWanna Bonner a beau être à l’aise dans la raquette, elle ne peut empêcher la remontée des Lynx qui passent de -7 à +8 en fin de rencontre pour aller chercher la victoire. On savait cette saison impossible à prévoir, et ce match en est la parfaite illustration.

Chicago Sky vs Las Vegas Aces : 88-86

Boxscore

Si Las Vegas s’est montré plus convaincant, le Sky d’Allie Quigley a réussi à braquer la rencontre sur un shoot en fin de rencontre. Braquer, car Las Vegas avait la victoire en main pendant une grande majorité de la rencontre. Constamment en tête, les joueuses de Bill Laimbeer ont profité d’une défense intérieure du Sky friable pour prendre le contre-pied de la tendance actuelle. En effet, en difficulté au shoot, les Aces ont axé leur jeu sur la raquette avec pas mal de réussite. Pas dedans, Allie Quigley voit toutefois ses coéquipières lutter et n’être que deux points derrière à la pause.

Au retour des vestiaires, Las Vegas continue de pilonner dans la raquette avec succès. Incertaine avant la rencontre, A’ja Wilson fait très mal au Sky et permet à son équipe de garder l’avantage. Néanmoins, les Aces n’arrivent pas à creuser l’écart et Chicago reste totalement en mesure de l’emporter. Menées par deux fois de dix points, les joueuses de l’Illinois peuvent compter sur l’ex-montpelliéraine Gabby Williams en sortie de banc pour s’accrocher et garder espoir. Las Vegas finira par perdre ses moyens en fin de match et se fera punir à quatorze secondes de la fin par un 3pts d’Allie Quigley, pourtant loin de réaliser son meilleur match. La rivalité entre les deux équipes n’en est qu’exacerbée et il faudra suivre la revanche (19 Août) avec attention.

Dallas Wings vs Atlanta Dream : 95-105

Boxscore

Pire équipe de la ligue l’an dernier, le Dream a réussi à s’imposer dans le sillage d’une surprenante Monique Billings au cours d’un match très offensif. Dans ce duel d’équipes en reconstruction, ce sont toutefois les Wings qui prennent les devants en début de match. Atlanta récupérera cependant la main par la suite, en s’appuyant donc sur Billings mais également sur la rookie Chennedy Carter. Draftée en 4e position cette année, elle a profité de son temps de jeu pour briller et aider son équipe à dominer les débats. Comme l’intégralité du cinq majeur de son équipe, elle finira à plus de 16pts et aura profité de nombreuses minutes pour s’exprimer.

En face, Dallas n’aura pas démérité non plus. Menés dès le deuxième quart-temps, les Wings ont réussi à exister grâce à de bonnes performances d’Arike Ogunbowale et Isabelle Harrison. Si Chenedy Carter était très attendue côté Dream, on a aussi pu voir les débuts d’une autre rookie, l’allemande Satou Sabally. Avec moins d’opportunités en attaque, elle a tout de même réussi à montrer de belles choses malgré un problème de fautes qui l’aura fait sortir du terrain. Au final Atlanta repart avec un succès et un peu d’espoir dans une saison plus que jamais ouverte.

Après un week-end de reprise plaisant, la WNBA va voir sa saison se poursuivre tout au long de l’été. Si certains favoris sont déjà rôdés, cet exercice 2020 s’annonce plus que jamais spécial et ouvert.