Europe

À Toulouse, les avants se taillent une part

Souvent loué pour la qualité de son jeu offensif et le talent de sa ligne arrière, le Stade toulousain a su déployer d’autres ressources pour rallier le dernier carré de la Champions Cup. Face au Munster et à Clermont, ce sont les avants qui ont pris la lumière.

« C’est notre conquête qui nous envoie en demi-finale. Elle a été à la hauteur de l’évènement. On a la chance de disposer devant d’un effectif taillé pour gagner. » Quelques minutes après la victoire de son équipe à Clermont, les premiers mots d’Ugo Mola sont pour ses avants. Il faut dire que le manager toulousain n’est pas né de la dernière pluie ; il ne lui a pas fallu longtemps pour comprendre à qui il devait cette qualification en demi-finales de la Champions Cup. Plutôt habitués aux fulgurances de leurs arrières en temps normal, les Rouge et Noir ont cette fois pu compter sur un pack impressionnant, en pleine bourre depuis plusieurs semaines.

Du costaud à toutes les lignes

Symbole de cette dynamique, le capitaine Julien Marchand évolue actuellement à un niveau stratosphérique. Excellent dans les rucks, intraitable en défense, irréprochable sur ses touches et capable de gagner des mètres avec le ballon, le talonneur international s’impose comme une référence mondiale à son poste. À ses côtés, le pilier gauche Cyril Baille continue d’épater par sa faculté à faire jouer derrière lui grâce à ses excellentes mains, tandis que le droitier Charlie Faumuina laisse souvent parler sa puissance dévastatrice.

Derrière ces trois gaillards, Rory et Richie Arnold forment un redoutable attelage en deuxième ligne. Capables d’enchaîner les tâches défensives et offensives, les jumeaux australiens dépassent allègrement le double mètre (2m08 chacun) et survolent logiquement le secteur de la touche. Enfin, en troisième ligne, Jerome Kaino, Selevasio Tolofua et François Cros sont tous des combattants hors pair, qui multiplient les efforts tout au long des rencontres.

Ugo Mola parvient-il vraiment à reconnaître les frères Arnold, Rory et Richie ? (© A. Martin/L’Équipe)

Et si cela ne suffisait pas, les remplaçants sont également capables de faire le travail. Contre le Munster comme face à Clermont, le staff toulousain, anticipant une rude bagarre, avait d’ailleurs constitué un banc de six avants pour seulement deux arrières. Déjà usés par une heure de combat, les adversaires avaient ainsi vu débarquer le colosse Iosefa Tekori, toujours au rendez-vous lorsqu’il s’agit de remuer la viande, ou encore le talonneur Peato Mauvaka et le pilier Clément Castets, tous deux auteurs d’une excellente entrée en Irlande.

“On savait que nos gros allaient faire le travail”

Lors de cet exploit réussi sur la pelouse du Munster, le travail des avants toulousains avait permis de mettre les arrières dans les meilleures conditions. Face à un adversaire coriace, le Stade avait longtemps couru après le score et la victoire avait été lente à se dessiner. Mais le travail de sape du pack haut-garonnais avait fini par payer, ouvrant des espaces dans la défense et offrant des munitions aux arrières. Matthis Lebel et Antoine Dupont s’étaient ainsi illustrés en fin de rencontre. « On savait que nos gros allaient faire le travail et avancer pour nous mettre, les trois-quarts, dans les meilleures conditions possibles » soulignait un Romain Ntamack reconnaissant après le match. « C’est ce qu’il s’est passé. On marque sur les ailes parce que devant, ils nous mettent dans l’avancée. » Une semaine plus tard, à Clermont, Toulouse avait dû faire face à des conditions difficiles, avec une pluie battante et un ballon glissant. Les Rouge et Noir avaient alors laissé leur jeu flamboyant au vestiaire et s’étaient imposés en s’appuyant sur les fondamentaux du rugby, au terme d’un match qui n’avait pas vu le moindre essai.

Porté par ses gros, Toulouse s’avance comme un prétendant extrêmement sérieux à la victoire finale, en Top 14 comme en Champions Cup. Prochains adversaires du Stade sur la scène française et européenne, le Racing et l’UBB sont désormais prévenus : le danger peut venir de partout.

Crédit photo en une : Icon Sport

1 commentaire

1 commentaire

  1. Avatar

    Morandin Francis

    21 avril 2021 @ 07:42

    Pourriez vous faire un article sur les entraîneurs ?

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