Adjoint, un rôle à vocation formatrice

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Souvent peu mis en lumière, mais aspirant à le devenir, l’entraîneur adjoint joue un rôle important dans la vie d’un club et d’une équipe. Afin de nous éclairer sur le rôle d’un adjoint, We Sport a pu contacter l’un d’entre eux, Nicolas Rabuel, adjoint de Valenciennes.

Le mot confiné 

We Sport : Bonjour Nicolas, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions, pouvez-vous nous donner de vos nouvelles, comment allez-vous pendant ce confinement ? (NDLR : cet entretien date du 5 mai).

Nicolas Rabuel : Bonjour, c’est avec plaisir. Le confinement se passe plutôt bien pour moi, j’ai la chance d’être en famille dans une maison, je ne me plains pas, je pense surtout aux personnes seules et celles qui vivent en appartement, la situation doit être bien plus compliquée que la mienne.

We Sport : Justement, comment vous vous occupez ? En contactant les joueurs, vos collègues du staff ?

Nicolas Rabuel : Oui effectivement, nous avons concocté un programme pour nos joueurs, cela permettait de les garder concernés, ils étaient d’ailleurs demandeurs. Pour ma part, j’ai mon fils qui joue avec la réserve de Valenciennes donc je peux aussi faire le programme avec lui. Sinon on s’appelle beaucoup en visio avec les joueurs, ils ont besoin de parler, certains n’étaient au club que depuis quelques semaines et sont seuls à Valenciennes donc il était important pour nous de garder contact pour qu’ils se sentent bien.

We Sport : Un mot sur cette fin de saison avortée, qu’en avez vous pensé ?

Nicolas Rabuel : J’étais plutôt partisan pour prendre le temps de finir la saison, pourquoi pas jusqu’à la fin de l’année civile. La vraie galère, c’est au niveau de la répartition des recettes. Nous allons connaître une situation économique difficile, et je pense qu’il faudrait réévaluer la répartition, afin que certains clubs puissent survivre. Je pense que les têtes d’affiches de Ligue 1 peuvent se permettre de diminuer leurs salaires et n’ont pas autant besoin que nous de recettes cette saison.

Adjoint, une formation plus qu’une vocation ?

We Sport : Comment définissez vous votre rôle d’adjoint ?

Nicolas Rabuel : Je ne saurais pas le définir, ce n’est pas un poste fixe, il dépend beaucoup de l’entraîneur avec qui vous travaillez. Mon rôle c’est de le soulager dans son travail. Je sers beaucoup de relais d’informations. C’est à moi de les filtrer, de les trier ou pas afin qu’il soit le plus soulagé et qu’il puisse travailler au mieux. C’est un rôle où l’on doit savoir se mettre aussi en retrait.

We Sport : Vous êtes vous toujours entendu avec vos entraîneurs ?

Nicolas Rabuel : Oui, j’ai toujours appris de chacun d’entre eux, je suis toujours en quête d’apprentissage, c’est avant tout pour cela que je suis ici, maintenant depuis 2013, tout comme j’ai été au recrutement à Boulogne auparavant, j’essaie d’apprendre en permanence.

We Sport : Envisagez-vous de passer le pas, et de devenir entraîneur principal ?

Nicolas Rabuel : Oui, c’est évidemment très clairement mon envie et mon objectif. Après, on se doit de s’imposer certaines étapes, mon passage à Boulogne en était un, mon passage ici en est un aussi. Quand on débute, on a pas vraiment le choix non plus.

We Sport : Que vous manque-t-il pour passer le pas ? Vous seriez prêt à descendre d’un échelon pour faire vos débuts en tant qu’entraîneur principal ?

Nicolas Rabuel : Il me manque tout simplement le diplôme. C’est ma troisième tentative, mais très peu d’inscrits sont reçus, seulement un petit 10%. Il y a des prérequis pour y accéder, moi notamment j’ai pu y accéder car j’ai dépassé les 5 ans requis en tant qu’adjoint au niveau pro. J’espère que cette année sera la bonne, mais c’est difficile.

We Sport : Est-ce que devenir le numéro 1 à Valenciennes est un objectif ?

Nicolas Rabuel : J’ai toujours eu un modèle de carrière en tête déjà en temps que joueur, je voulais faire un seul club durant toute ma carrière, au final j’ai fait tout l’inverse. Je m’inspire beaucoup des carrières comme celles d’Arsène Wenger, de Sir Alex Ferguson. Mais je ne sais pas si c’est possible encore maintenant, la sanction est bien plus rapide, mais il y a encore de bons exemples, Christian Gourcuff a duré, David Guion à Reims également. Aujourd’hui les dirigeants me font confiance, je suis sous contrat jusqu’en juin 2021. Au moment où j’ai le diplôme on en parle, je suis quelqu’un qui communique beaucoup, je verrais avec eux ce qu’il en est.

Nous remercions Nicolas Rabuel pour le temps qu’il nous a accordé. Vous aurez l’occasion de retrouver son analyse de la saison de Valenciennes dans notre série de reviews sur la saison de Ligue 2. En attendant, continuez à prendre soin de vous et des vôtres

Propos recueillis par Romain Gitton, remerciements à Thomas Lacroix. Crédit photo : VAFC

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