Cette année 2019 a une nouvelle fois été riche en émotions dans le monde du football et notamment celui du calcio italien. Pour la Fiorentina, 2019 a tout d’un cauchemar. Les toscans dressent un bilan décevant voir même alarmant. Un club qui tend le bâton pour se faire battre.
Un bilan sportif alarmant
Sur l’ensemble de l’année civile (2019), la Fiorentina pointe à une 16ème sur les 23 équipes qui ont joué dans l’élite durant cette période. Les florentins arracheront même un maintien dans les derniers instants avec ce match nul contre le Genoa (0-0) la saison dernière. Puis l’été dernier fut synonyme de chamboulement en Toscane avec ce changement de direction.
Mais les mois passent et après 17 journées, le bilan sportif n’est guère positif. Une triste 15ème place et une série toujours en cours de sept matchs de championnat sans la moindre victoire. La plus jeune équipe du championnat (moyenne d’âge de 25,3 ans) est l’une des grosses déceptions de cette première partie de saison. Actuellement, la Fiorentina est à douze longueurs de Cagliari 6ème et avec seulement trois points d’avance sur le premier relégable Brescia.
Un chaos difficilement compréhensible
Une crise délicate à comprendre tant la Fiorentina dispose d’un effectif de qualité. Pezzella, Lirola, Pulgar, Castrovilli, Badelj, Boateng, Ribery ou encore Chiesa: tant de joueurs de qualité. D’autant plus que ces individualités se complètent à chaque ligne, créant une homogénéité entre les secteurs défensif et offensif. Rajoutez à cela une profondeur de banc et vous avez un des effectifs le plus complets et qualitatifs de ce championnat (exit Juve, Inter, Napoli et Roma).
Pourtant, le bateau ne cesse de couler et ce malgré un début de saison encourageant comme en témoigne cette solide prestation contre la Juve (3-4). Premier problème de cette équipe, c’est l’incapacité à maîtriser son sujet. Pourtant, La Fiorentina est très séduisante à la construction. Néanmoins, il suffit simplement d’avoir en face un adversaire réalisant un gros pressing et qui joue avec de l’intensité pour que cette formation toscane s’effondre.
L’autre gros problème de cette équipe est l’inefficacité dans les derniers mètres. Cela s’explique par l’absence d’un attaquant de pointe. Ribery avec ses deux réalisations et ses exploits individuels tenait la baraque mais depuis sa blessure, c’est plus délicat. Chiesa n’est clairement pas au niveau attendu et Vlahovic manque encore d’expérience pour assurer pleinement ce rôle.
Des résultats contradictoires avec la bonne saison sur le plan individuel de certains joueurs florentins comme Dalbert, Badelj, Pulgar ou encore Castrovilli. Les trois derniers cités forment un trio attrayant au milieu de terrain, seule véritable satisfaction de ce début de saison.
Quelles ambitions pour 2020?
En rachetant le club l’été dernier, Commisso ne s’attendait pas à vivre cinq premiers mois aussi difficiles. L’homme d'affaires italo-américain affichait lors de son arrivée une ambition: ramener la Fiorentina en Champions League. La route sera longue comme il l’explique en juillet dernier au micro de Radio Uno: «En rachetant la Fiorentina, j’ai pris un risque. Maintenant je dois obtenir des résultats mais il n’est pas possible de les obtenir demain […] Petit à petit, je dois ramener la Fiorentina là où elle mérite d’être».
Une nouvelle direction, avec Pradè en directeur sportif, qui réalise un premier mercato convaincant. Les départs de Veretout et de Biraghi ont été compensés par le recrutement de joueurs de qualité comme Badelj de retour au club mais aussi Pulgar, Dalbert, Lirola, Boateng et le cocorico Franck Ribery. Cerise sur le gâteau, les dirigeants florentins réussissent à garder Chiesa qui fut pourtant très convoité.
La première décision forte de Commisso est intervenue le 21 décembre en se séparant de Vincenzo Montella. Un choix logique en réalité tant la situation devenait critique. Et c’est désormais Giuseppe Iachini à la tête de la Fiorentina, club où il est passé en joueur de 1989 à 1994. Le tacticien italien de 55 ans est experimenté et reste sur un passage chez le voisin d’Empoli séduisant malgré la relégation. Iachini est un adepte du 3-5-2, un système que la Viola connaît bien puisqu’il fut utilisé très régulièrement par Montella.
L’objectif premier reste le maintien. Néanmoins, il est certain que les dirigeants florentins aspirent à des objectifs plus ambitieux. Le championnat est loin d’être terminé et l’Europe est encore atteignable.
Le mercato hivernal sera essentiel pour la Fiorentina qui doit impérativement trouver un attaquant de pointe. Des noms circulent comme Petagna mais surtout le polonais Piatek, en pleine crise à Milan. Les florentins l’ont démontré, ils sont capables de faire mieux. À Iachini de trouver la recette magique pour remobiliser ce groupe en perte de confiance.