Après une première partie de saison marquée par les débuts du nouvel entraîneur Lukas Elsner, l’Amiens SC aura fort à faire dans les prochains mois pour éviter la Ligue 2. Pourtant, malgré des résultats insuffisants, une certaine sérénité émanait du club, avant que le président Bernard Joannin ne tire la sonnette d’alarme en ce début d’année, et les motifs d”espoir sont nombreux, à commencer par le coach.
Alerte au barrage !
« Je tiens solennellement à vous le dire, nous sommes en danger, le club est en danger », a déclaré lundi le président de l’ASC Bernard Joannin au 11 Amiénois, reprochant à ses joueurs de « s’embourgeoiser » et d’avoir perdu le fighting spirit qui avait permis au club de se maintenir. En substance, Joannin explique que Amiens n’a jamais été autant en danger que depuis le moment où le club a semblé s’être acclimaté à l’élite. « La première année, nous avions peur de cette Ligue 1. Là, nous avons l’impression de la connaître. D’une façon inconsciente, (les joueurs) ont pensé que ce serait plus facile. C’est une erreur, parce que c’est encore plus dur, nos adversaires nous connaissent mieux aujourd’hui. »
Difficile de dire si le président amiénois a raison ou pas, il n’en reste pas moins que d’un point de vue comptable, son club est effectivement sous la menace d’une descente en Ligue 2. Sans victoire en championnat depuis le 2 novembre, le club picard a vécu une fin d’année compliquée, seulement égayée par la qualification en quart de finale de Coupe de la Ligue (ce mardi face à Lille) aux dépens de Rennes (3-2), le 18 décembre dernier.
Il ne faut cependant pas oublier que si Amiens est effectivement 18e, le club est à égalité avec le FC Metz, 17e, possède un point de retard sur Dijon, 16e, et cinq sur Brest 15e, tout cela avec un match en moins à jouer le 15 janvier (l’ASC recevra Reims). En cas de succès, la situation serait tout de suite plus enviable, et de chasseurs, les Picards passeraient à chassés.
N’oublions pas qu’il y a un an, Amiens ne comptait qu’un point de plus au compteur à la trêve (avant de finir 15e). Même si les Samariens avait décroché leur maintien à l’ultime journée face à Guingamp (2-1), déjà condamné.
Luka Elsner, novateur épargné
Chose étonnante dans la situation amiénoise, jamais les compétences de l’entraîneur Luka Elsner n’ont été une fois remises en question par quiconque. Très peu de journaux se sont même risqués à évoquer un départ. C’est dire la confiance que le club garde en son technicien. « Pourquoi menacer quelqu'un qui travaille bien? Le foot est très aléatoire… Les blessures etc… Je suis satisfait par le travail de Luka Elsner. C'est une personne agréable, on peut discuter avec lui et pas seulement de football, je prends beaucoup de plaisir » détaillait à RMC sport fin décembre le président Bernard Joannin.
Il faut dire que celui qui est arrivé de l’Union Saint-Gilles (Belgique) cet été, à la place de Christophe Pélissier, a apporté dans ses bagages une foule de nouvelles idées : des entraînements plus durs, une diététique plus contrôlée… Bref, tout pour faire passer un palier à Amiens.
Dans le jeu aussi, la patte Elsner est assez visible, avec des intentions marquées : une animation offensive constante, des transitions rapides vers l’avant, soit tout ce que les supporters aiment voir. Il apparaît donc comme certain, qu’Elsner aura l’occasion de finir la saison aux commandes de l’Amiens SC.
Qu’attendre pour la fin de saison ?

C’est certain : Amiens luttera pour son maintien jusqu’à très tard. Néanmoins, certains aspects peuvent laisser penser que la deuxième partie de saison ne sera pas aussi difficile que la première. Déjà, Amiens récupère son maître à jouer Salman Ghoddos, suspendu plusieurs mois par la FIFA, et entré en jeu face à Rennes en coupe de France le week-end dernier. Ensuite, la méthode Elsner semble porter ses fruits doucement, et les Picards n’ont peut-être pas atteint leur point de performance optimale. Ce ne serait en tout cas pas étonnant au vue des changements drastiques imposés par l’entraîneur franco-slovène. Et enfin, l’équipe a montré une réelle capacité à se dépasser dans les moments importants depuis septembre en accrochant par exemple Lyon (2-2) et Marseille (victoire 3-1), une qualité essentielle quand viendront les confrontations directes et les matches à mort en fin de saison.
Mais pour que la métamorphose soit complète, Amiens devra impérativement régler ses problèmes défensifs, inhérents à la prise de risque continue dans le jeu. Avec 36 buts encaissés en 18 matches, la défense amiénoise est la deuxième pire derrière Toulouse. Or les années précédentes, le club avait plutôt construit son maintien sur une solidité à toute épreuve… C’est dans ce secteur-là que le club picard devrait se montrer actif sur le mercato d’hiver, même si il garde une marge de manœuvre très réduite financièrement et devra donc se séparer de certains éléments (Konaté, Guirassy…) avant de pouvoir recruter.