Champions League

Ancelotti au Napoli, un sentiment d’inachevé

Le 10 décembre dernier, le Napoli annonçait officiellement au travers d’un communiqué le licenciement de son entraîneur Carlo Ancelotti. Une décision pas si surprenante tant la situation en Campanie était très délicate que ce soit sur le plan sportif mais surtout extra-sportif. Après un an et demi sur le banc napolitain, Don Carlo laisse derrière lui un sentiment d’inachevé.

 

Un divorce inévitable

Depuis plusieurs semaines et plusieurs mois, l’atmosphère au Napoli était très tendue. Et c’est le fameux ritoro (mise au vert) juste après la défaite contre la Roma en championnat (2-1) qui a fait tout exploser. Une décision prise par la direction et le président Antonio De Laurentiis sans accord avec les joueurs et le staff. Quelques jours plus tard, le Napoli fait match nul en Champions League sur la pelouse de Salzboug (1-1). Le ritoro est alors prolongé mais les joueurs décident de mettre fin à cette mise au vert en rentrant tout simplement à leur domicile. Ancelotti se retrouve dans la tourmente, lui qui n’était de base pas forcément d’accord avec ce choix de la direction. Une situation chaotique qui a mis l’ancien tacticien du Milan dans un marasme.

Mais le malaise entre Ancelotti et De Laurenttis est plus ancien. Il remonte même à l’été dernier. À ce moment, le tacticien sexagénaire souhaite obtenir de nouvelles recrues dans son équipe notamment un latéral gauche. L’attaquant argentin Mauro Icardi fut aussi la priorité d’Ancelotti. Le président napolitain ne va pas prendre en considération les demandes de son entraîneur. L’histoire du ritoro est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Mais ce dernier était déjà bien rempli. Malgré la qualification pour les 1/8ème de Champions League, le divorce était inévitable.

 

Un cap franchit?

En arrivant en Campanie, Carlo Ancelotti avait la lourde tâche de prendre la suite de Maurizio Sarri. Ce dernier a réalisé en trois saisons (2015-2018) un travail considérable au sein de l’écurie napolitaine. Le Napoli n’a cessé de progresser en devenant une équipe attractive, s’imposant comme le seul véritable concurrent à la Juve en Serie A. L’arrivée sur le banc de l’ancien tacticien parisien suscitait un certain enthousiasme et une suite logique dans la progression du Napoli.

Des progressions sont à noter notamment tactiquement. Les partenopei sont en effet devenus plus rigoureux dans ce domaine. Sous Sarri, cette équipe proposait un football très offensif mais manquait souvent d’organisation tactique. Ancelotti a su apporter cette rigueur. Une rigueur permettant de rivaliser, dans les confrontations directes, avec de grosses équipes comme la Juve ou encore le PSG et Liverpool en Champions League. Les deux confrontations de la saison dernière contre le PSG (2-2 et 1-1) viennent parfaitement démontrer cette progression. Mieux organisée, cette formation napolitaine a gardé l’ADN Sarri dans le style de jeu mais avec beaucoup plus de rigueur.

Néanmoins, cette progression est insuffisante et beaucoup de zones d’ombre viennent ternir le passage d’Ancelotti au Napoli. En premier lieu, le bilan sportif n’est pas vraiment convaincant, du moins n’est pas à la hauteur des attentes. Incapables de rivaliser sur la longueur avec la Juve en championnat (ils terminent deuxième mais à 11 points de la Vieille Dame), les azzurri ont aussi déçu sur le plan européen. L’élimination en 1/16ème d’Europa League contre Leipzig est un échec. Un échec d’autant plus que le Napoli n’a pas remporté un trophée depuis la Supercoppa de 2014.
Cette saison, Carlo Ancelotti laisse un Napoli à la 7ème place, à sept longueurs du 6ème l’Atalanta et surtout à douze longueurs du podium.

En parallèle, la progression des individualités est presque inexistante. Mis à part Fabian Ruiz, aucun joueur ne s’est véritablement révélé sous Ancelotti. Pire encore, certains ont même régressé notamment Lorenzo Insigne. Avec Maurizio Sarri, le Napoli a disputé 148 matchs pour une MPPM de 2,16. Une moyenne nettement supérieure à Ancelotti qui avec 72 matchs n’atteint que 1,85.

Si l’équipe a progressé tactiquement et est capable de rivaliser dans les confrontations directes avec des grosses écuries, les résultats obtenus sur la longueur sont décevants. Les dernières semaines mouvementées ont précipité le divorce entre Ancelotti et le Napoli. Avec plus de temps, le bilan aurait pu être différent. Mais dans le football actuel, le temps n’existe pas vraiment.



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