Auto/Moto

Bagnaia champion du monde MotoGP : « La pire course de l’année, peut-être de ma vie »

Neuvième ce dimanche à Valence au terme d’une saison pleine de rebondissements, Francesco Bagnaia est devenu champion du monde de MotoGP. Quinze ans après le titre de Casey Stoner, l’écurie Ducati a de nouveau un de ses pilotes au sommet de la moto mondiale. 

 

Ce 6 novembre 2022 restera à jamais une date marquante de l’histoire de Ducati et encore plus de celle de Francesco Bagnaia. A 25 ans, Pecco est un nouveau venu dans le cercle des champions du monde de MotoGP. A la descente de sa moto, l’Italien avait perdu sa langue au moment de répondre à l’interview post-course : « Je ne sais pas quoi dire à l’heure actuelle. C’est la plus grande émotion de toute ma vie, lâchait-il. » Neuvième sur le circuit Ricardo Tormo de Valence, le pilote Ducati a marqué les points suffisants pour garder la tête du championnat. Le transalpin pouvait gérer sa course de manière plus sereine en voyant Fabio Quartararo bloqué à la 4e position.

 

Solide et concentré pour triompher 

Sur la 8e position de la dernière grille de départ de l’année, Francesco Bagnaia savait que le départ serait peut-être le moment le plus chaud de cette course. Pourtant, le pilote Ducati a parfaitement géré son envol. Dans le deuxième virage, il était déjà revenu en 6e place, juste derrière son rival Fabio Quartararo. « J’étais content de mon premier tour. Je me sentais bien dans les premiers instants du Grand Prix. » A l’aise au guidon de sa machine, Pecco profitait même de la bataille entre le Français et son coéquipier Jack Miller pour tenter de passer son dauphin au championnat. Le N°63 allait même au contact du pilote Yamaha, arrachant une partie aérodynamique sur le côté droit de son carénage. « Après cela, j’ai commencé à avoir beaucoup de problèmes sur l’avant. J’étais moins à l’aise à partir du 3e ou 4e tour, la moto est devenue difficile à piloter durant le reste du GP. » La descente dans le classement commençait pour le pilote Ducati. Doublé par Brad Binder, Joan Mir et même Luca Marini, Francesco Bagnaia ne s’affolait pas et avouait lui-même « être resté calme. » Les chutes de Marc Marquez puis de Jack Miller lui permettaient aussi de gagner deux places. 

Pendant qu’ils comptaient les tours qui le séparaient de la couronne mondiale, sur le muret des stands l’équipe Ducati panotaient à chaque fin de boucle la position à laquelle se trouvait Fabio Quartararo. 

Voyant que le tricolore n’était même pas sur le podium, Pecco pouvait se permettre de gérer. Au terme d’une ultime défense sur Franco Morbidelli, le Turinois passait le drapeau à damiers et devenait le premier Italien champion du monde, depuis Valentino Rossi en 2009. « J’espérais finir dans le top 5, avouait-il. Peu importe le résultat final, le plus important est d’avoir gagné le championnat. Aujourd’hui, ça a été la pire course de l’année, peut-être de ma vie. Les dernières semaines n’ont pas été faciles, j’ai pris le plus de points possible à chaque fois. Quand j’ai compris que j’étais champion, j’ai commencé à pleurer. C’est un sentiment incroyable. »

 

Félicité par ses pairs 

Sa Ducati arrêtée à l’extérieur du virage 1 après avoir passé la ligne d’arrivée, Francesco Bagnaia savourait l’acquisition de ce titre. De nombreux pilotes du plateau se sont arrêtés pour lui adresser un mot dont Fabio Quartararo, l’un des premiers à l’avoir fait. Entouré par son compatriote, Franco Morbidelli, le pilote Ducati voyait aussi ses amis de la VR46 Academy être à ses côtés, notamment Luca Marini ou Fabio Di Giannantonio. 

Son mentor Valentino Rossi, présent ce week-end à Valence, s’est évidemment félicité de voir un autre transalpin devenir champion du monde. « Il était temps pour un Italien de remporter à nouveau le championnat du monde MotoGP. Pour Pecco, comme pour nous, c’est un moment spécial. » Egalement sur une machine du constructeur de Borgo Panigale, Johann Zarco pilote Pramac, n’a pas oublié de rappeler que si la finale était aussi intense, c’est grâce au duel qui opposait Francesco Bagnaia à Fabio Quartararo. « Il (Francesco) a remporté sept courses cette année, ce qui est déjà un rêve. Il a fait la remontée qu’il fallait faire en deuxième partie de saison. Il a confirmé la vitesse qu’on avait déjà vu l’an dernier. Quand il est bien, il semble imbattable. Cela n’enlève en rien la performance de Fabio qui a moins gagné mais qui a toujours été régulier. Il était seul car ses coéquipiers l’ont peu aidé. » Son successeur a lui aussi un mot pour El Diablo. « La saison face à lui a été dure car il était très rapide, analysait Francesco Bagnaia. Fabio avait un désavantage à cause de sa machine mais il était là. J’ai un profond respect pour sa mentalité, j’aime me battre contre ce genre de pilotes. » Il y a peu de doute là-dessus, leur bataille reviendra en 2023.

 

Ducati au paradis

L’attente est enfin terminée, Ducati a de nouveau un pilote champion du monde. Cela faisait 15 ans, et le titre de Casey Stoner en 2007, que les Rouges couraient après ce titre. La firme de Bologne avait déjà sécurisé les titres teams et constructeurs depuis plusieurs Grands Prix mais a dû attendre cet ultime rendez-vous pour faire le triplé. Francesco Bagnaia est aussi rentré dans l’histoire en devenant le deuxième Italien a gagné avec une moto italienne depuis Giacomo Agostini il y a 50 ans, en 1972. « Être champion du monde est le rêve de tous les pilotes du plateau mais l’être avec Ducati en tant qu’Italien c’est encore mieux. Nous avons fait quelque chose de vraiment formidable, il faut en être conscient et fier. » 

Dans le clan transalpin, un homme avait hâte que la roue tourne. Passé tout proche d’être titré avec Andrea Dovizioso dans les années 2010, Luigi (Gigi) Dall’Igna, patron de Ducati Lenovo Team, peut enfin respirer : il a un pilote sacré en catégorie reine. « C’est une fête fantastique. Nous attendions ce moment depuis si longtemps, alors je remercie tous ceux qui ont rendu possible cette journée inoubliable. Je suis venu chez Ducati pour gagner en MotoGP et c’est un rêve qui se réalise. » La fête avait déjà commencé en Italie, juste après le Grand Prix, elle devrait continuer ce soir à Valence au sein du team avant que les héros de tout un pays ne rentrent chez pour célébrer avec des milliers de Tifosi.


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