Barcelone-Arsenal 2006, la consécration.

Construit pour accueillir la Coupe du monde 1998, le stade de France fête ses 20 ans cette année. Pour l’occasion, WeSportFR vous propose de revivre 20 matchs qui ont marqué l’histoire de cette enceinte mythique.

L’édition 2005-2006 de la Ligue des Champions de football figure parmi les plus enthousiasmantes et reconnue comme une des plus relevées en termes de qualité, en témoigne les parcours d’équipes comme l’AC Milan, le Villarreal de Riquelme ou encore le FC Barcelone et Arsenal, les deux finalistes. Mais surtout, au-delà des affiches, l’organisation de la finale permet au Stade de France, décrié depuis sa construction comme un stade omnisports et non une véritable antre de football, de s’inscrire parmi les écrins qui comptent dans le paysage du football européen, avec une deuxième finale accueillie en 6 ans, après l’édition 2000.

Jeu et enjeu.

Et c’est une finale de rêve qui s’invite du côté de Saint-Denis. En effet, l’affiche opposant le FC Barcelone de Frank Riijkaard à l’Arsenal FC d’Arsène Wenger met en exergue ce qui se fait de mieux en termes de jeu et de spectacle sur cette édition 2005-2006, avec le Villarreal de Manuel Pellegrini, éliminé par les Londoniens au terme d’une double confrontation spectaculaire en demi-finale. Les noms font tourner la tête : Ronaldinho, Deco, Henry, Ljungberg, Rafa Marquez. Tout annonce une finale de gala, au plus grand plaisir des 79500 spectateurs du Stade de France, plein comme un œuf.

Ci-dessus : compositions des équipes d’Arsenal et du FC Barcelone lors de la finale de LDC 2006 (source : wikipédia)

De plus, c’est aussi, sans qu’on le sache encore, une page du football européen qui se tourne. En effet, si Arsenal participe à la première finale de Ligue des Champions de son histoire, les Cannoniers sont en fin de cycle depuis le départ de Patrick Viera, celui annoncé de Thierry Henry. A cela s’ajoute le projet de construction de l’Emirates Stadium qui contraint de réduire la voilure en termes de dépenses sportives. Arsène Wenger ne le sait pas encore, mais il s’apprête à connaître ses derniers moments de grande exposition européenne avant longtemps.

A l’inverse, le FC Barcelone voit cette finale comme un marqueur de progression dans l’ascension du club vers le top européen, réengagée depuis 2003 et les arrivées de Joan Laporta à la présidence et de Frank Riijkaard, héritier de Cruyff, aux commandes du club Blaugrana. Trois ans d’outrancière domination nationale, bien aidée par les arrivées de Ronaldinho et autres et par l’éclosion sous bonne garde de Leo Messi. Gagner la deuxième finale de Ligue des Champions de son histoire enverrait un puissant message au reste de l’Europe, projetant le Mes Que parmi la caste des éternels favoris à la victoire finale, mais surtout à celle des grands clubs.

Une finale ébouriffante.

Une finale pleine de jeu et d’enjeux donc, que le scénario du match entérinera. Réduit à dix suite à l’expulsion du gardien Jens Lehmann à la 18e minute, les Gunners rendent une partition magistrale face à des Catalans anesthésiés par l’enjeu. Menant au score suite à l’ouverture du score de Sol Campbell à la 37e minute, les hommes de Wenger s’offrent plusieurs balles de break, notamment grâce à l’abattage monstrueux de ses hommes de couloirs et notamment Emmanuel Eboué, auteur d’un match immense. Malheureusement, ni Henry par deux fois ni Ljungberg ne tromperont Victor Valdes, et ce sont bien les coéquipiers de Carles Puyol, bien aidés par la baisse de régime londonienne, qui trouvent enfin la faille. Les Catalans accélèrent à un quart d’heure du terme, suite à une action collective de classe conclue par Eto’o, avant de définitivement clôturer les débats grâce à Juliano Belletti à la 85e minute. Laporta et Riijkaard ont gagné leur pari, et Wenger a perdu le sien.

Un bouleversement des destins qui aura une incidence sur les années suivantes. Arsenal, locomotive du football anglais du début des années 2000 avec le Manchester United de Ferguson, verra son statut perdre de l’éclat au fil des saisons suivantes, connaissant une absence de titre longue de quasiment dix ans et une détérioration globale de son effectif, transition vers l’époque des « Baby Gunners » de Nasri, Van Persie oblige. Dans le même temps, le sacre du FC Barcelone au Stade de France va donner au club Blaugrana un élan vers une progression constante qui mènera, accélérée par les avènements de Josep Guardiola, Leo Messi et de l’ensemble d’une équipe considérée comme une des meilleures de l’histoire du football, vers une domination sans partage à la fin de la première décennie des années 2010.

Le Stade de France s’affirme.

Au-delà du terrain, l’organisation de l’événement est une réussite totale. Spectacle, qualité, stade plein, cette finale de l’édition 2006 a permis au Stade de France de montrer qu’il pouvait compter parmi les meilleurs écrins d’accueil pour les plus grandes manifestations sportives. Pourtant, le débat sur sa qualité en tant que stade de football reste ouvert. Souvent qualifié comme froid, mal insonorisé et marquant une trop grande distance entre les spectateurs et le terrain, le Stade de France est aujourd’hui peu attirant pour les véritables supporters. En témoigne la grande contestation émanant des principaux groupes d’ultras du Paris Saint Germain lors de la proposition de déménagement durant la rénovation du Parc des Princes. Cependant, il représente aujourd’hui une place phare de l’organisation d’événements football en France, comme la finale de l’Euro 2016 peut le faire constater.

Maxence Durand.

Sources : fr.uefa.com 

A propos de l'auteur

Penseur éclairé sur la tectonique des plaques footballistiques. ADN Bielsista, esprit Sarriste et coeur jaune et bleu. Djoko for ever et n'oubliez pas que Klay Thompson est le vrai GOAT.

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