Qu'est-ce qui peut bien clocher au CSKA Moscou ? Deuxième équipe la plus titrée de l'histoire de l'Euroleague (7victoires en 13 finales) derrière le grand Réal Madrid, le club Russe compte aussi malheureusement bon nombre de désillusion. Ces dernières années, l'équipe du président Vatoutine est même sans doute la plus régulière à l’échelon continentale. Mais bute toujours ou presque au moment décisif. Le CSKA ne compte d'ailleurs qu'une seule victoire depuis 2008 dans la compétition Européenne rêne. Equipe fébrile le CSKA?
Un final four souvent mal géré
Depuis la saison 2011-2012, le champion de Russie a toujours atteint le final four de la compétition. Mais il n'en a finalement remporté qu'un seul ! C'était il y a deux saisons : après avoir parfaitement géré son premier tour (comme très souvent), le CSKA a également terminé en tête de son top 16, avec 10 succès pour 4 revers, ce qui le plaça devant le Réal et le Barca notamment. Après un quart de final négocié de main de maître (3-0 contre Belgrade), les coéquipiers de Do Colo, MVP de la compétition, ont battu Laboral puis Fenerbahce en finale du final four pour décrocher le 7ème titre de l'histoire du club.
Malheureusement, cela n'a pas toujours tourné aussi bien pour les Russes.
Après une saison 2010-2011 achevé à la dernière place de son groupe en coupe d'Europe, le CSKA est revanchard. Sa saison 2011-2012 est prometteuse, puisqu'après avoir remporté les 10 premiers matchs lors du premier tour, la seconde phase a été aussi bien négociée, avec 5 victoires pour une seule défaite, et une première place devant l'olympiakos et Galatasaray. Après avoir éliminé sereinement Bilbao en quart de final (3-1), Moscou s'est imposé contre le Panatinaïkos en demie finale du final four, mais à malheureusement perdu en finale contre l'autre club Grec, l'Olympiakos. Mais la redemption est belle du coté de l'armée rouge.
La saison suivante a démarré de la plus belle des manières, avec 9 victoires en 10 rencontres lors de la première phase, puis 11 succès en 14 matchs lors du top 16, où le CSKA a terminé devant le Réal ou encore le Pana, qu'il avait éliminé la saison passée. Mais une fois encore, le final four sera fatidique : l'Olympiakos est encore passé par là, mettant fin aux espoirs Moscovites. Vite que la saison prochaine commence, pour une revanche. Après une campagne 2013-2014 bien maîtrisée, Moscou se retrouve en demie finale et surprise, aucun club Grec ne se présente sur son chemin. Mais malheureusement c'était l'année du Maccabi, vainqueur de son final four, et qui a donc fait tomber le club Russe à une marche de la finale.
Tout le peuple du Megasport Palace attend donc une réaction de ses ouailles la saison suivante. 10 victoires en 10 matchs au premier tout (avec une double revanche sur le Maccabi), 12 succès pour 2 défaites lors du top 16 (12 v-2d) et une première place devant le Fener ou encore son bourreau Grec, l'Olympiakos. Mais malheureusement, ces diables du Pirée sont présents en demies finales, et feront tomber une nouvelle fois les Russes, sous l'impulsion du vétéran Vasilis Spanoulis. Nouvel échec cuisant. Et puis, enfin, le titre arrive, en 2015-2016 donc.
Pour la première édition new look de l'Euroleague, où seules 16 équipes participaient tout au long de la saison, sous forme de championnat avec match aller-retour, le CSKA fait une nouvelle fois figure de favoris. Après avoir terminé 2ème de « saison régulière » avec 22 victoires pour 8 défaites, et seulement une victoire de moins que le Réal Madrid (avec des succès à Barcelone, au Maccabi, chez l'Olympiakos notamment), le club Moscovite ne fait qu'une bouchée de Baskonia, 3 succès à 0. Et puis, énième retrouvaille avec la Thrylos, qui, une nouvelle fois, ne tourne pas à son avantage. Rageant.
L'impression générale laisse penser que le CSKA est une équipe de championnat, mais que dès que la pression augmente, dès que les matchs couperets arrivent, dès qu'il faut être clutch, les mains tremblent, les têtes flanchent. Mais il faut dire aussi que les clubs Grecs passent souvent par là. Et un en particulier.
L'olympiakos, le chat noir
Sur les 6 dernières éditions d'Euroleague, le CSKA Moscou compte une victoire mais surtout une finale perdue et 5 éliminations en demies. La faute à pas de chance ? Pas vraiment. La faute aux joueurs ? En grande partie. Mais aussi et surtout la faute à l'Olympiakos. Les triples champions d'Europe ont remporté la finale contre les Russes en 2012, mais ont surtout sorti cette même équipe en 2013, en 2015 et en 2016, à chaque fois en demie finale. Lors de leur affrontement en finale, dans un match très très faible offensivement, le Pirée avait fait la différence dans le dernier quart temps, en muselant totalement les Russes (22-8). Malgré un Teodosic toujours au niveau (15pts), c'est bien le duo Papanikolaou-Spanoulis (33pts, 5asts) qui rafla la mise.
Les confrontations en demies finales ont, elles, été plus diversifiées, mais toujours avec la même morale : le club Grec fini par avoir la peau de celui Russe. En 2013, le CSKA n'a même pas existé, volleillé 69-52, étant dépassé de bout en bout. Pas vraiment de regret, après un tel match.
2015 en revanche, laisse un goût amer aux Moscovites : devant toute la rencontre, les coéquipiers de Nando De Colo, très bon lors de cette demie finale (18pts) se sont inclinés sur le fil, sous les coups de boutoirs d'un énorme Vasilis Spanoulis : menés de 5 points en milieu du dernier quart, les Athéniens ont alors eu un coup de chaud, leur meneur en tête. Auteur de 11pts à 3/2 derrière l'arc en moins de 3 minute, le vétéran Grec a permit à son équipe de passer devant définitivement, mettant un gros coup de massue à son adversaire du jour. C'est donc une nouvelle fois les hommes du président Angelopoulos qui accèdent à la finale.
L'année dernière, après une saison régulière très bien maîtrisée, le CSKA n'imagine pas autre chose qu'une victoire. Emmenés par son duo De Colo- Teodosic, les Russes prennent une nouvelle fois le meilleur départ, menant de 6 points à la fin du premier quart, puis 7 à la mi-temps. Toujours devant à l'entame du dernier quart (64-60) les Russes géraient plutôt bient leur affaire. Si le Pirée était toujours en vie, il le devait en grande partie à son trio Printezis, Papanikolaou et Mantzaris (14-14 et 12pts), Spanoulis passant complètement à coté de ses 3 premiers quart-temps. Le problème pour Moscou, c'est qu'un match dure 4 quart-temps. Auteur d'une dernière période complètement folle, Kill Bill (14pts au final) a renversé le CSKA pour offrir une nouvelle finale à son équipe historique. La malédiction continue donc. Rageant. Rageant. Rageant.
Rebelote cette saison ?
Avec seulement 3 joueurs partis par rapport à l'équipe éliminée en demie finale la saison passée, le CSKA garde une certaine forme de stabilité. Même si le départ de Milos Teodosic pour la NBA fait mal, Segio Rodriguez, revenu quant à lui des Etats-Unis, prend le relais à merveille. Dominateur en Euroleague (23 victoires en 28 matchs, 3 victoires d'avance sur le 2ème, Fenerbahce), les Russes font une nouvelle fois figure de favoris, même si le Réal et l'Olympiakos, à l'affût seront encore présents au moment du sprint final.
Mais Moscou, victorieux de ses 6 dernières rencontres en coupe d'Europe reste un cran au dessus. Comme tous les ans ou presque. Mais contrairement aux autres années, les Russes dominent moins les rencontres contre les grosses équipes : défaite à Madrid, à Barcelone, contre l'Olympiakos mais aussi contre les Fener à domicile. Même si les victoires contre le Réal, le Barça, l'Olympiakos au Pana et à Fenerbahce montrent la qualité de cette équipe. Et surtout que sur un match, tout est possible.
Rendez-vous donc au final four, sur terrain neutre. Pour enfin assumer le statut de favori ?
Valentin Martin