Ce samedi verra le début de la saison 2021-2022 de biathlon, une édition qui sera marquée par les jeux olympiques de Pékin, véritable objectif de la saison de toutes les championnes du circuit. Avant cela, la coupe du monde revient et tous les regards seront braqués vers la magnifique ville suédoise d’Östersund. Que peut-on attendre de cette nouvelle saison ? Quel sera l’impact des jeux olympiques dans son déroulement et peut-on faire confiance à nos représentantes tricolores pour relever le tir ? Zoom sur une saison qui devrait nous enchanter et nous réserver, comme à son habitude, son lot de surprises.

Un calendrier classique avec un mois de décembre très intense

On sait que les premières étapes de la saison sont rarement les préférées de la délégation norvégienne. Pourtant, cette année plus que d’autres, l’enchaînement entre cette première étape de coupe du monde et la quatrième étape au Grand Bornand est presque infernal. Avec 11 courses en 21 jours sur trois sites dans trois pays différents, il n’y aura pas de période d’adaptation dans cette saison olympique. Les conditions joueront également un rôle fondamental, entre deux premières étapes à Östersund sur une neige nordique, glacée avant de revenir en Europe sur des neiges qui devraient être plus souples à Hochfilzen et au Grand Bornand.

Alors qu’elle n’avait enregistré que deux podiums sur les six premières courses l’année dernière, Tiril Eckhoff n’aura pas le temps ni l’envie de laisser des victoires aux opportunistes Hanna Öberg et Dorothea Wierer, victorieuses à tour de rôle lors des trois premières courses la saison dernière.

Une nouvelle démonstration norvégienne est-elle possible ?

Sur les courses individuelles un peu plus que sur les relais, les Norvégiennes ont survolé la saison dernière. Victorieuses sur les sept dernières courses individuelles, le trio Tiril Eckhoff, Marte Olsbu Roiseland et Ingrid Landmark Tandrevold a largement écrasé la fin de saison et n’ont rarement semblé aussi fortes individuellement.

Si de nouvelles grandes performances des Norvégiennes semblent inévitables, une nouvelle vague de biathlètes a pointé le bout de son nez en fin de saison dernière. Parmi elles, les Biélorusses Sola et Alimbekava, les expérimentées allemandes Preuss et Herrmann ou encore la challenger Dorothea Wierer.

La Suède peut-elle rééditer son exploit en relais ?

Sur le podium de tous les relais féminins hormis sur l’étape d’Antholz-Anterselva, la Suède a dominé la saison dernière pour s’offrir le classement général de la spécialité. Si la Norvège est passée à côté à de nombreuses reprises la saison dernière, ne s’imposant que lors des championnats du monde et sur l’étape d’Hochfilzen, étant devancée au classement général par les équipes allemandes et françaises, les qualités intrinsèques sont indéniablement les plus impressionnantes de l’ensemble des nations engagées.

Quelles seront les biathlètes à suivre cette saison ?

Véritables favorites de cette saison, les Norvégiennes seront une nouvelle fois favorites pour le décrocher le globe du classement général cette saison. Parmi elles, le duo Marte Olsbu Roiseland / Tiril Eckhoff devrait se battre pour le classement général, une lutte à laquelle pourrait prendre part une autre Norvégienne, Ingrid Tandrevold, bien plus en vue sur les Mass Start la saison dernière.

Celles qui peuvent tenter d’embêter les Norvégiennes se comptent sur les doigts d’une main. Hanna Öberg est clairement celle qui est la plus en mesure de s’imposer si elle retrouve de la régularité sur l’ensemble de la saison. Un trio se détache ensuite si l’on essaie de lister les principales concurrentes aux biathlètes déjà citées. Franziska Preuss sera certainement l’Allemande la plus dangereuse si Denise Herrmann ne revient pas aux affaires, Dorothea Wierer devrait comme à son habitude se montrer dangereuse en espérant que sa compatriote Lisa Vitozzi soit en mesure de l’accompagner. Enfin, l’Autrichienne Lia Theresa Hauser, vainqueure à deux reprises la saison dernière, semble la dernière concurrente à suivre cette saison.

Qu’attendre de nos Bleues ?

Décevante dans son ensemble la saison dernière, l’équipe de France doit réagir cette année et réaliser une saison bien plus homogène sur le plan individuel. Avec un seul podium sur les douze premières courses de la saison, l’équipe de France pourra faire beaucoup mieux dès ce week-end à Östersund, tout en rééditant des performances en relais convenables la saison dernière.

Sur le plan individuel, seules les deux victoires en Mass Start de Julia Simon à Oberhof et Antholz-Anterselva sont venues sauver une saison morose. Anaïs Chevalier-Bouchet a pourtant réalisé une bonne saison dans son ensemble avec une neuvième place au classement général, quatre podiums en coupe du monde et deux médailles lors des championnats du monde à Pokljuka (l’argent sur le sprint et le bronze sur la poursuite).

La saison fut compliquée pour Anaïs Bescond et Justine Braisaz, respectivement 18e et 15e au classement général et pour lesquelles des progrès au tir sont attendus cette saison. L’équipe de France mis l’accent sur le tir lors de la préparation avec un stage dans le nord de la Norvège, à Sjusjoen les deux premières semaines de novembre pour s’acclimater au mieux aux conditions hivernales, de bon augure avant d’aborder l’étape d’Östersund ?

Cap sur la saison 2021-2022 de biathlon avec une compétition féminine qui s’annonce ouverte malgré une équipe norvégienne qui fera comme à son habitude office d’épouvantail de la discipline. Rendez-vous donc dès demain 11h45 pour une course individuelle qui verra s’affronter le gratin mondial du biathlon féminin à Östersund pour définitivement lancer cette saison olympique.