L'année de la revanche pour les Rockets. L'année pour renouer avec le glorieux passé d'Olajuwon &co. L'année pour enfin faire tomber l'armada Warriors. L'année pour prouver que sans cette maudite blessure, les playoffs 2018 auraient eu un autre tournant. Malheureusement, CP3 ou pas, ce sont bien les Californiens qui ont mis fin aux espoirs des hommes de Mike D'Antoni. Pour la 4ème fois en 5 ans. Retour sur une saison mi-figue mi-raisin du coté du Toyota Center.
La Draft :
1er à l'Est et meilleure équipe de la ligue, finaliste de la conférence Ouest la saison précédente, les Rockets n'attendaient pas grand-chose de cette cuvée 2018. Le seul choix du premier tour avait été envoyé à Atlanta, tandis qu'au second tour, c'est De'Anthony Melton qui a eu le “privilège” d'être drafté par Houston. Alors qu'il n'avait pas joué la saison précédente avec son équipe universitaire des Trojans pour des suspicions de corruption, il réalise malgré tout une belle Summer League (16.4pts, 7.2rbds, 4asts en 5 rencontres) mais sera finalement tradé à Phoenix, dans un échange impliquant également Ryan Anderson. Quand on connaît la réussite de ce trade (Knight et Chriss n'ayant rien apporté), on se dit que Daryl Morey aurait peut-être mieux fait de garder son rookie. Bien que son temps de jeu aurait été famélique.
La saison :
Une nouvelle fois, Houston a du faire face à de nombreuses blessures. Mais aussi à un départ calamiteux. Une victoire sur les six premiers matchs, 4 défaites d'affilées mi-novembre contre des “petits” (Wizards, Cavs, Mavs, Pistons) après être revenu dans la danse, et surtout, une irrégularité constante lors de la première partie de saison. Il est possible de mettre ça sur le compte des blessures, Chris Paul manquant un grand nombre de matchs, tout comme Clint Capela, absent plusieurs fois dans la saison pour de petits pépins, pas ennuyeux, mais suffisant pour casser une dynamique. Et puis, des joueurs au rendement aléatoire comme Eric Gordon, excellent sniper lorsqu'il a la main chaude, mais qui peut rapidement disparaître sur plusieurs matchs. Et que dire du recrutement ? Brandon Knight et Marquese Chriss n'ont même pas terminé la saison à H-Town, tout comme Carmelo Anthony, énorme bide de l'automne. Heureusement pour les Texans, James Harden, the Beard, le MVP en titre, a réalisé une saison monumentale, peut-être encore plus grande que la version 2017-2018 sur un plan personnel, nous y reviendrons plus tard. Il fallait au moins ça pour les Rockets, englués dans une saison compliquée au sein d'une conférence Ouest encore impitoyable cette saison. Car oui, même avec 48 victoires, les Clippers n'ont pas réussi à finir plus haut que la 8ème place ! Preuve en est que rien n'est donné du coté pacifique. Demandez donc aux Lakers. Mais revenons à nos moutons. Après un départ plus que moyen, les Rockets ont remonté la pente, après Noël sous l'impulsion du MVP en titre. 4 victoires consécutives pour terminer l'année (avec comme victimes expiratoires les Spurs, le Thunder et les Celtics s'il vous plaît), et puis, après être retombés dans leur travers en début d'année, les Texans ont alors réussi à enchaîner de façon spectaculaire : 9 victoires consécutives entre fin février et fin mars, et plus globalement 20 victoires sur les 24 derniers matchs, leur permettant d'arracher in-extremis l'avantage du terrain pour les playoffs. L'arrivée d'Austin Rivers, véritable facteur X en fin de saison, et l'apport inattendu de Kenneth Faried, sorti de nul part, sont à souligner. Car sans eux, rien ne dit que les doubles champions NBA n'auraient terminé aussi haut classé.
Les playoffs :
Houston ne s'en est jamais caché: l'objectif ultime, plus que de battre les Warriors, était le titre NBA. Alors quoi de mieux que de commencer par une série convaincante face à une équipe qui enchante la NBA depuis deux saisons maintenant, le Jazz d'Utah. On promettait un vrai calvaire à la bande à D'Antoni, il n'en a rien été. Deux fessées au Toyota Center (122-90 et 118-98), un troisième succès décroché sereinement à Salt Lake City, et les Texans ont même pu s'offrir le luxe de gérer leur effort, laissant le 4ème match à Utah, finissant tranquillement le travail à la maison, sans trembler. Arriva alors, LE duel que l'on attendait. Houston voulait dérocher le titre? Il fallait inévitablement éliminer l'ogre Warriors. Mais contrairement à la saison précédente, cette affiche n'eut pas lieu en finale de conférence, mais bien en demie, la faute à une saison moyenne des Rockets. Mais cela ne changeait rien fondamentalement au problème. Houston devait battre le double champion en titre pour espérer décrocher le graal. Et pour prouver qu'avec un CP3 à 100% sur toute la série, la balance est beaucoup plus équilibrée. Malheureusement, sans l'avantage du terrain, la mission s'annonçait compliquée. La pente fut même encore plus ardue après les deux premiers matchs à l'Oracle Arena. Bien que dans le coup à chaque fois, les Rockets ont perdu le fil sur la fin, foudroyés par un Kévin Durant au sommet de son art (35pts 5rbds lors du game 1, 29pts 5rbds lors du second). L'étau s'est donc rapidement resserré et l'épée de Damoclès est arrivé beaucoup plus vite que prévu au dessus de la tête des hommes de Mike D'Antoni. Il était alors indispensable de prendre les deux matchs dans le Texas, sous peine de déjà tirer un trait sur la saison. Mais heureusement pour eux, et pour le spectacle, les Rockets ont fait le job. Portés par un duo Harden-Gordon exceptionnel lors du game 3 (71pts à eux deux), et malgré un KD encore gigantesque (46pts, 6asts), les Rockets sont revenus dans le coup, égalisant même à 2-2 deux jours plus tard, bien aidés une nouvelle fois par un grand Harden (38pts, 10rbds). La pression était alors sur les Warriors, pour un retour en Californie. Mais malgré la blessure de KD, et alors que l'on pensait que le sort s'inversait, les Warriors ont montré pourquoi ils roulaient sur la ligue depuis 5 ans maintenant. Tenace lors du match 5 malgré le coup de massue reçu avec la blessure de leur franchise player, Golden State a alors démontré le caractère de champion qui se cache en son roster. Bousculés lors du game 6 à Houston, avec un Klay Thompson sur courant alternatif et un Curry inexistant pendant une mi-temps, les coéquipiers de Draymond Green vont alors réaliser un dernier quart qui va mettre un terme à la saison des Rockets. Curry va alors sortir le grand jeu, montrant combien il est parfois sous-estimé et retrouvant son niveau de double MVP, claquant 23pts rien que sur la dernière période. Trop dur pour Houston, qui ne s'en relèvera pas.
Nouvel échec, celui-ci encore plus cuisant que les précédents. Tout était réuni pour que les Rockets aillent, au moins, en finale NBA. Malheureusement, cette équipe semble manquer de quelque chose. Reste à voir si le board va réussir à trouver, pour y remédier.
Le MVP de la rédac :
Inutile de faire durer le suspens. Il aurait pu prétendre au titre de MVP tout court, mais il faut reconnaître que la saison de Giannis Antetokounmpo, individuellement et surtout collectivement, est quelque peu meilleure. Malgré tout, the Beard n'a rien à se reprocher. Il a porté son équipe à bout de bras du début à la fin. 36,1pts, meilleur marqueur de la ligue et meilleur marqueur d'une saison régulière depuis 1987 et les 37pts de moyenne de MJ, 6.6rbds et 7.7asts par rencontre. Très souvent critiqué pour son individualisme et sa facilité à obtenir des lancers-franc, il faut tout de même admettre qu'il est sans doute le joueur le plus indéfendable de la ligue. Et ça, même les meilleurs défenseurs de la ligue vous le diront. Cette saison, il a tout simplement explosé tous les records. Personne n'avait réussi à inscrire 30pts contre chacune des 29 équipes NBA lors d'une même saison depuis Jordan? C'est chose faite. 5 triple-doubles à plus de 50pts ? Il est désormais le seul à l'avoir fait, un soir de victoire face aux Kings (50pts, 10asts, 11rbds). Et puis, il a claqué des stats aussi incroyables les unes que les autres. 32 matchs d'affilé à 30pts ou plus, 2 rencontres à plus de 60pts dans la saison, 9 rencontres à 50pts ou plus, 28 avec au moins 40pts… Sur ses 78 matchs disputés, seulement 7 fois il n'aura pas atteint la barre des 25pts.
Il n'y a pas grand-chose a dire, si ce n'est s'incliner devant de telles performances. Même s'il est vrai que l'on reconnaît aussi les très grands joueurs dans les moments chauds en playoffs et que, force est de constater, qu'Harden n'arrive pas à franchir ce cap…
La saucisse de la rédac :
Dire que Chris Paul a été la “saucisse” de la saison est quelque peu exagéré. Il n'empêche, alors que l'on pensait Houston capable de s'imposer avec lui la saison dernière sans cette maudite blessure, il devait incarner le renouveau, l'esprit revanchard qui animerait la franchise. Il n'en a malheureusement rien été. Miné par les blessures, ne disputant que 58 matchs de saison régulière, il n'a pas pesé comme son énorme contrat signé l'été dernier aurait du l'obliger à le faire. 15.6pts de moyenne (plus faible total en carrière) à seulement 41% de réussite (là aussi, réussite la plus basse) et 8.2 asts, du CP3 très moyen. Mais restait alors les playoffs pour prouver au monde entier et particulièrement à Rajon Rondo, que cette fois, l'ancien des Clippers avait changé. Echec, encore une fois. Jamais il n'aura réellement pesé sur le sort des rencontres, que ce soit contre le Jazz, où cela n'a fort heureusement pas porté préjudice, ou, plus inquiétant, contre les Warrirors. Seul lors du dernier match contre Golden State, il a réussi à élever son niveau de jeu, terminant à 27 pts à 11/19 au shoot. Mais le mal était fait. Dans les autres rencontres de la série, jamais il n'a été capable d'atteindre la barre des 20pts. Lui qui est également un redoutable passeur aura été très discret dans ce domaine, terminant la série avec 5.7asts de moyenne. Bref, trop léger pour espérer quoi que ce soit. Il va falloir se remettre au boulot et vite. Car plus les années filent, et plus Rondo semble avoir raison…
L'avis de la rédac :
Une saison inaboutie, forcément. Lorsque l'on ambitionne d'être champion, ou tout du moins de faire aussi bien que la saison précédente, à savoir finale de conférence et que l'on échoue au deuxième tour de la post-season, forcément, c'est un échec. Alors que les Rockets misaient sur la stabilité avec un effectif pratiquement inchangé (même si la perte d'Ariza et à un degré moindre Mbah A Moute a pesé) pour enfin renouer avec leur glorieux passé, l'équation est la même : Golden State est plus fort. Certes, la saison régulière n'a pas permis de repousser l'échéance jusqu'en finale de conférence, mais la donne aurait été identique. Il aurait fallut battre les double champions en titre. Et à l'heure actuelle, force est de constater que les Texans en sont incapables. L'inter-saison changera-t-elle quelque chose? Pour l'instant, c'est le flou total, Houston ayant échoué dans le dossier Jimmy Butler. Et sans liquidité, difficile d'attirer un gros poisson, à moins de se séparer de Capela ou Tucker. Mais serait-ce vraiment une bonne idée? Rien n'est moins sur. Il est clair que pour l'instant, l'avenir s'annonce flou du coté de H-Town… Même si avec Harden, rien ne semble impossible.